Il est l'actuel « Grand Leader » de la République démocratique et populaire de Corée. À la mort de son père, en 1994, il a dû surmonter l'opposition de certains membres du Parti du travail de Corée pour lui succéder.

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« Étoile polaire de l'humanité », il a dirigé d'une main de fer la République démocratique et populaire de Corée de 1948 à 1994. Formé à Moscou, il a fait de son pays un État communiste, sur le modèle stalinien.

 

Il a été élu avec une large majorité en 2002 pour prendre la suite de Kim Dae-Jung à la tête de la Corée du Sud. Avocat spécialisé dans les droits de l'homme, il a déjà été emprisonné pour avoir pris la défense de victimes de la dictature sud-coréenne dans les années 1970. Il est également partisan d'un rapprochement avec le Nord.

 

 

Président de la Corée du Sud de 1997 à 2002, il a été l'artisan du rapprochement avec la Corée du Nord, réalisé en 2000. Il a reçu le prix Nobel de la paix en 2000 pour sa politique de réconciliation avec le Nord, mais aussi pour son combat en faveur des droits de l'homme en Asie et dans son pays.

 
 

 

Un régime totalitaire et armé jusqu'aux dents

Depuis 1994, Kim Jong-il dirige la Corée du Nord. Il a succédé à son père, Kim Il-sung, à la tête d'un État communiste, ce qui a fait du régime la première dynastie communiste du monde. Méfiance, fermeture au monde et tradition du secret concourent à faire de la Corée du Nord un pays mal connu à l'étranger.

L'État a été mis en place en 1948 sur un modèle stalinien : collectivisation des terres, nationalisation des industries, organisation de la société par unités de production, réalisation de plans économiques… Le Parti du travail de Corée, issu du Parti communiste, est l'unique parti du pays. Il se charge de la diffusion de la propagande.

Les institutions sont issues de la Constitution de 1972, instaurée par le président Kim Il-sung. Le président est à la fois le chef de l'État et le chef du gouvernement. Les 687 membres de l'Assemblée populaire suprême sont élus au suffrage universel pour cinq ans. Ils ne siègent que deux fois par an. Un présidium de conseillers les relaie.

Dans les années 70, le leader Kim Il-sung, « Étoile polaire de l'humanité », a édifié autour de lui un véritable culte de la personnalité, comparable à celui voué à Staline quand il dirigeait l'Union soviétique. Il a été renforcé par son successeur. Pour justifier ce culte mégalomane, Kim Il-sung a fondé une idéologie nationaliste, le Djoutché. Elle pose le « Grand Leader » en père de la nation, lié au peuple coréen dans une unité sans faille. Le Djoutché consiste aussi à affirmer la maîtrise de son propre destin par le pays, et son indépendance par rapport au monde extérieur. D'où l'importance des forces armées, garantes de la stabilité du régime.

Défilé de soutien à Kim Jong-il

Le pays entretient une armée démesurée. Le président en est le commandant en chef. Le service national est obligatoire et dure de trois à quatre ans. En 1994, on estime que l'armée nord-coréenne comptait environ 1,3 million d'hommes : un million dans l'armée de terre, 46 000 dans la marine, 82 000 dans l'armée de l'air. Elle dispose en plus de milices ouvrières et paysannes. Les autorités américaines considèrent que ces troupes de réserve comptent plus de quatre millions de personnes. L'État nord-coréen consacre plus du quart de son produit intérieur brut (PIB) aux dépenses de défense nationale.



Statue de Kim Il-sung

   
Les droits de l'homme bafoués

Le Comité des droits de l'homme des Nations unies et l'organisation non gouvernementale Amnesty International signalent d'importantes violations des droits de la personne en Corée du Nord. Celle-ci interdit toujours l'accès à son territoire aux observateurs indépendants de ces organismes. En 2001, elle a fourni un rapport réclamé par les autorités du Pacte international relatif aux droits civils en politique. Amnesty International en dénonce le contenu. Elle s'inquiète du recours à la torture, de la traite des êtres humains et du travail forcé, du manque de liberté de mouvement, des procès iniques et des prisonniers politiques :
« Bien que les autorités nord-coréennes aient affirmé que la dernière exécution à laquelle elles avaient procédé avait eu lieu en 1992, Amnesty International continue à recevoir des informations faisant état d'exécutions, tant publiques que secrètes, de suspects de droit commun et de prisonniers politiques ».

« L'État nord-coréen interdit à ses citoyens de quitter le pays sans autorisation. Des personnes appréhendées alors qu'elles franchissaient la frontière pour se rendre en Chine ont affirmé avoir été battues par des membres des forces de sécurité nord-coréennes. Ceux qui sont renvoyés par les autorités chinoises sont apparemment soumis à de longues séances d'interrogatoire et de torture par la police nord-coréenne. Certains sont envoyés en prison ou dans des camps de travail immédiatement après avoir été pris, sans la moindre procédure judiciaire. »

Amnesty International est également préoccupée par les informations indiquant que, dans certains lieux de détention, les prisonniers sont sous-alimentés, voire laissés sans nourriture, qu'ils contractent des maladies et sont privés de soins, et que nombre d'entre eux meurent de faim ou succombent à la maladie.

À cause de la famine et de la répression du régime, de nombreux Nord-Coréens décident de fuir la République démocratique et populaire de Corée. L'accueil qui leur est réservé en Chine et le traitement qui leur est infligé lorsqu'ils sont renvoyés dans leur pays inquiètent les organisations non gouvernementales.