HISTOIRE DE LA COLOMBIE

Avant l'arrivée des conquistadors espagnols, la Colombie était peuplée d'Amérindiens, majoritairement regroupés en petites sociétés primitives vivant de chasse et de cueillette. Mais si certains sortaient à peine de l'âge de pierre, d'autres constituaient des civilisations particulièrement développées sur les plans social, architectural et culturel.

Des découvertes archéologiques et des témoignages historiques révèlent en effet que nombre de ces sociétés étaient passées maître dans l'art de travailler les métaux, comme en fait foi la découverte, en Colombie, de multiples pièces d'orfèvrerie et de coulages d'or massifs, qui ont largement contribué au mythe de l'Eldorado.

Orfèvrerie Taironas

Divisées et souvent isolées les unes des autres, ces civilisations pouvaient parfois atteindre plusieurs centaines de milliers d'individus. Parmi les plus importantes, notons les Taironas, les Sinu, les Muiscas, les Tolimas, les Quimbayas et, finalement, les Calima, les Tumaco et les Nariño.

Mais en dépit des connaissances archéologiques et historiques recueillies au fil des siècles par les anthropologues, les origines et le fonctionnement de ces civilisations demeurent, encore aujourd'hui, à bien des égards, des énigmes, la majorité d'entre elles ayant disparu à la suite de guerres intestines ou de la conquête espagnole.

La colonisation espagnole

Alonso de Objeda

La Colombie a été découverte et colonisée très tôt dans l'histoire du Nouveau Monde. En effet, c'est en 1499, à peine sept ans après le premier voyage de Christophe Colomb, que la Colombie fut « découverte » par un Espagnol du nom d'Alonso de Objeda. Un an plus tard (1500), l'explorateur Rodrigo de Bastidas, accompagné de Vasco Nunez de Balboa, découvreur de l'océan Pacifique, entreprend la conquête du territoire colombien.

Avides d'or, d'argent et de pierres précieuses qu'ils rapportaient en Espagne par bateaux, les conquistadors mettront relativement peu de temps à coloniser la Colombie et à réduire en esclavage une bonne partie de sa population indigène.

L'empire espagnol sous Charles Quint

Une fois la conquête du territoire colombien achevée, plusieurs grandes villes virent le jour, dont Cartagena, en 1532, et la capitale, Santa Fé de Bogota, en 1538. Dans les années qui suivront, les Espagnols étendront leur empire à l'ensemble du contient sud-américain, en passant par le Mexique, la Floride et une partie de la Californie. Poursuivant leur politique de « pillage », les Espagnols firent venir d'Afrique des milliers d'esclaves noirs, ancêtres de l'actuelle communauté noire de Colombie, pour travailler dans les plantations et exploiter les riches gisements miniers du pays. En 1717, les territoires comprenant le Panama, le Venezuela et la Colombie sont regroupés par la Couronne espagnole en une seule zone administrative que l'on baptise alors du nom de « vice-royauté de Nouvelle-Grenade ».

La révolte

À la fin du 18e siècle, alors que les idéaux libéraux venus d'Europe se diffusent dans les universités d'Amérique latine, les populations conquises et colonisées, dont les moins nantis sont esclaves ou paysans, se soulèvent sporadiquement contre les colonisateurs espagnols et portugais. Partout, des mouvements paysans (communeros) se révoltent contre la domination qu'exercent les métropoles d'Europe sur leurs colonies sud-américaines.

BOLIVAR DIT LE LIBÉRATEUR


Né le 24 juillet 1783 à Caracas, au Venezuela, Simon Bolivar voyage en Europe durant sa jeunesse. Il en rapporte des idéaux de liberté et de libéralisme en vogue à l'époque sur le vieux continent. À son retour au Venezuela, en 1810, Bolivar se joint à un mouvement de patriotes qui s'empare de la ville de Caracas et y proclame l'indépendance. Déjà, on le surnomme El Libertador : le libérateur.

Chassé plus tard de Caracas par les Espagnols, Bolivar se réfugie en Colombie où il lève une armée populaire et s'empare de la ville de Bogota, en 1814. Défait une fois de plus, Bolivar s'exile en Jamaïque. Plus décidé que jamais, il lève une nouvelle armée en Haïti et repart à la conquête du continent sud-américain en 1816.

Après avoir libéré le territoire du Venezuela, Bolivar prend la Nouvelle-Grenade (Colombie) à la suite d'une victoire décisive à Boyaca, en 1819. Plus tard, en 1822, Bolivar contribue à la libération de l'Équateur. Suivront les Andes, la Bolivie (1824) et le Pérou (1824).

Occupant le poste de président de la Grande-Colombie (Équateur, Colombie, Venezuela), Simon Bolivar rêve de former une grande et puissante confédération hispano-américaine. Mais son rêve échoue et Bolivar se retire de la vie publique. Il meurt le 17 décembre 1830.

À partir de 1810, l'Amérique latine s'engage dans une grande guerre de libération populaire. Partout, de Caracas à Lima, en passant par Bogota et Buenos Aires, des mouvements révolutionnaires s'élèvent et renversent les pouvoirs coloniaux les uns après les autres devant une Espagne impuissante, en proie elle-même à une lutte de succession entre Joseph Bonaparte et Ferdinand VII. Mais c'est sous la conduite du patriote vénézuélien Simon Bolivar que la guerre de libération a connu ses premières grandes victoires.

Défait à plusieurs reprises par les Espagnols, Bolivar est chaque fois revenu à la charge. C'est en 1819, avec la victoire décisive de Boyaca, que la campagne de Bolivar connaît son véritable essor. Devenu quelques mois plus tard président de la Grande-Colombie (Venezuela, Équateur et Nouvelle-Grenade), Simon Bolivar contribuera ensuite à la libération de plusieurs colonies espagnoles à travers le continent sud-américain.

Un exploit militaire

Simon Bolivar, à la tête d'armées de patriotes, aura arraché, sans aucune formation militaire, plus de 5 millions de kilomètres carrés de territoire aux troupes espagnoles, pourtant bien armées et aguerries.

 

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