GUERILLAS ET PARAMILITAIRES

L'un des principaux problèmes de la Colombie depuis une cinquantaine d'années est l'incapacité du gouvernement à assurer le contrôle de son territoire national en raison des nombreuses guérillas, qui tentent depuis des décennies de le renverser, et des paramilitaires, qui contrôlent de vastes zones de production de drogue. Nombreux, bien armés et structurés, paramilitaires et guérillas découpent le territoire colombien en une dentelle de petits duchés et de zones d'influence où la terreur et la violence ont force de loi auprès des habitants, qui n'ont généralement d'autres choix que de fuir, collaborer ou mourir.

QUELQUES GUÉRILLAS


Forces armées révolutionnaires
de Colombie (FARC-EP)

- Fondation : 1964
- Idéologie : Marxiste et castriste
- Chefs : Pedro Antonio Marin alias   Manuel Varulanda et Oscar Riano
- Effectifs : Entre 17 000 et 20 000   combattants
- Secteur : Sud de la Colombie, le   long des frontières avec l'Équateur,   le Pérou et le Brésil. Présente   dans huit provinces du pays.
- Financement : Impôt sur   la culture et le trafic de drogue,   enlèvements contre rançon.
- Statut : Active

Armée de libération nationale (ELN)
- Fondation : 1965
- Idéologie : Castriste et révolution   cubaine
- Chef : Nicolas Bautista
- Effectifs : 5000 combattants
- Secteur : Nord du pays, à l'est de   Medellin
- Financement : Impôt de guerre aux  compagnies pétrolières et  enlèvements contre rançon.
- Statut : Active

EPL (Armée populaire de libération)
- Fondation : 1967
- Idéologie : Maoïste
- Effectifs : Quelques centaines de  combattants
- Statut : Éliminée par les FARC

Mouvement du 19 avril (M-19)
- Fondation : 1970
- Idéologie : Réformiste nationaliste de   gauche
- Statut : Démobilisée en 1990

Front « Quintin Lame »
- Fondation : 1983
- Idéologie : Indigène, droits et luttes   territoriales
- Statut : Démobilisée en 1991

LES GUÉRILLAS

Apparus au cours des années 50, dans une période appelée Violencia, les premiers mouvements révolutionnaires colombiens étaient surtout composés de paysans déplacés, de guérilleros et de militants de gauche d'influence marxiste et castriste. Parmi ces groupes, dont le but ultime est de renverser par la force le régime politique colombien, les FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) sont l'une des plus puissantes et anciennes armées révolutionnaires d'Amérique latine.

Une idéologie d'une autre époque

Affiche marquant l'entrée du territoire contrôlé par les FARC.

Formées en Colombie en 1964, les FARC n'ont cessé d'étendre leur influence, particulièrement dans le sud-ouest du pays. Parmi les guérillas marxistes toujours actives en Colombie, on compte aussi l'ELN (Ejercito de Liberacion Nacional), fondée en 1965 et également d'inspiration castriste. Bien que la Colombie ait vu naître une foule de mouvements armés et de guérillas, la grande majorité d'entre eux se sont dissous ou transformés en partis politiques au fil des accords de paix et de la répression militaire.

Combattre son propre pays

Seuls les FARC et l'ELN, qui financent leurs opérations à partir du trafic de drogue, représentent toujours une menace sérieuse pour l'équilibre de l'État. Multipliant attentats, assassinats, massacres et enlèvements pour déstabiliser l'ordre social et la paix en Colombie, aucune paix durable n'est jamais intervenue entre ces groupes et le gouvernement colombien.

Recrutant dans les classes paysannes, pauvres et sans travail, les guérillas colombiennes ne manquent pas de combattants et sont même en expansion ces dernières années. Fait à noter, la moitié des combattants actuels des FARC sont des jeunes femmes.

Un dialogue fragile

En 1998, le président Andrès Pastrana, désireux d'entreprendre des pourparlers de paix avec les FARC, leur propose une reconnaissance politique et décrète la démilitarisation, dans le Caguan, d'une zone de 42 000 kilomètres carrés (taille de la Suisse) dans le but d'entamer avec eux un dialogue de paix. Mais sous la pression des militaires colombiens, de Washington et des politiques de renforcement de l'armée contenues dans le Plan Colombie, le processus de paix s'effondre en février 2002 et l'armée colombienne réoccupe la zone démilitarisée.