Lorsque les opérations militaires américaines et britanniques ont commencé en Afghanistan, avant même que la défaite des talibans n'apparaisse à la une des journaux, les stratèges militaires et politiques occidentaux se penchaient déjà sur l'avenir de l'Afghanistan, une fois les talibans chassés du pouvoir. Dans ce pays ravagé par 23 années de guerre, dont cinq années sous l'une des plus sombres dictatures de l'ère moderne, l'installation à Kaboul d'un gouvernement représentatif et démocratique était une condition essentielle vers un éventuel retour de la paix et la réconciliation nationale en Afghanistan.

Mais à qui confier un tel mandat dans ce pays partagé entre une multitude de groupes armés et de tribus aux intérêts aussi disparates que divergents?

Afin d'éviter le déclenchement d'une nouvelle guerre civile après le départ des Américains de la région, les Nations unies ont proposé l'élaboration d'un gouvernement de transition dont le rôle consisterait à rétablir les fondements de l'État afghan, d'amorcer sa reconstruction et ultimement d'y instaurer un processus démocratique de passation des pouvoirs. Et c'est dans la ville de Bonn, en Allemagne, qu'on a décidé d'entamer les premiers pourparlers.