Février 2002
Journaliste : Florence Meney

En 1998, on comptait 609 bandes au Canada.

Ce mal qui ronge les jeunes autochtones du Québec

Violence, problèmes sociaux

Que ce soit une conséquence des difficultés évoquées plus haut ou que cela fasse simplement partie du cycle infernal, certaines communautés autochtones du Québec sont ravagées par les problèmes sociaux. On parle ici autant de violence domestique que d'agression sexuelle ou d'inceste, de grossesse chez les très jeunes femmes, et ainsi de suite.

Les autochtones sont surreprésentés dans les prisons
(Site des nouvelles, 10 décembre 2001)

Rapport accablant sur la santé des jeunes autochtones
(Site des nouvelles, 1997)

Mary Coon, intervenante communautaire, Wemontacie (Atikamek) :
« La violence, il y en avait partout dans le village, de la violence dans les rues ».

Jefferey Ottawa, réserve de Manouane (Atikamek) :
« J'avais peur de ma mère... j'avais tout le temps peur de mes parents ».

Genny Moar : « J'ai souvent été punie. Je me faisais frapper par mon père avec la ceinture ».

Le problème de la violence familiale est très répandu. Selon des chiffres récents, 80 % des femmes vivant dans des réserves au Canada rapportent avoir été victimes de violence conjugale. L'inceste, un sujet tabou, est aussi un problème que de plus en plus de communautés choisissent de dénoncer. Des chiffres de Statistiques Canada pour l'an 2000 indiquent que chez les Inuits, par exemple, 53 % des infractions graves commises étaient de nature sexuelle.

« Non à l'inceste et aux agressions sexuelles ! », une marche dans la petite communauté de Puvirnituq.


 

 

Quand les jeunes autochtones quittent la réserve, ils et surtout elles se retrouvent parfois sans moyen de subsistance dans les centres urbains, et perdus, privés de repères et de soutient. Conséquence directe : certains tombent dans la prostitution.
Dans certaines grandes villes du Canada, jusqu'à 90 % des enfants et des adolescents qui se prostituent sont autochtones. Un rapport qui révèle la gravité de la situation a été compilé par deux femmes autochtones, Cherry Kingsley et Melanie Mark. Ces dernières ont consulté plus de 150 jeunes autochtones se livrant à la prostitution dans 22 communautés (en l'an 2000). Cette grande enquête a été parrainée par Aide à l'enfance Canada.

Extrait du rapport :
Des enfants autochtones se voient forcés de se prostituer... les mauvais traitements physiques et émotionnels, ainsi que les agressions sexuelles contribuent au problème, de même que le racisme, la toxicomanie et la pauvreté.

Le rapport préconise la mise en place d'une stratégie nationale, de concert avec les communautés autochtones.

 

Près d'un tiers (32 %) des enfants autochtones âgés de moins de 15 ans dans les familles de recensement vivent dans une famille monoparentale, soit deux fois le taux de la population totale. (1996)

 

COALITION CANADIENNE POUR LES DROITS DE L'ENFANT :
La Convention de l'ONU relative aux droits de l'enfant : le Canada respecte-t-il ses engagements ? (extrait)
Le taux de handicap parmi les enfants autochtones est le double de la moyenne nationale. Les enfants autochtones sont plus susceptibles de connaître un échec scolaire que les autres enfants du Canada. Un nombre disproportionné d'enfants autochtones sont victimes de mauvais traitements et de négligence par rapport à leurs pairs non autochtones.

suite :
Des causes complexes