Journaliste : Stéphane Bordeleau

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M i s e  à  j o u r :  a v r i l  2 0 0 4

Après une décennie de massacres et d'attentats menés contre les populations civiles, l'Algérie tente difficilement aujourd'hui de se relever et de se réconcilier avec elle-même. En dépit des discours rassurants et des efforts de réconciliation nationale du gouvernement Bouteflika, l'ombre de violences islamistes plane toujours sur l'Algérie.

 

Quoique moins fréquents depuis l'adoption d'une loi de réconciliation nationale et la reprise de l'initiative sur le terrain par l'armée, les attentats et assassinats persistent dans les régions où des factions intégristes refusent de déposer les armes. Pendant ce temps, les islamistes profitent du climat de réconciliation nationale pour regagner le terrain perdu. De plus, depuis la libération de prison, en juillet 2003, des deux chefs historiques du FIS, Abassi Madani et Ali Belhadj, l'islamisme connaît une fébrilité nouvelle en Algérie.

 

Dans les rues et les mosquées, les intégristes musulmans ont repris ouvertement les discours radicaux et haineux, particulièrement contre les femmes, qu'ils accusent d'être à l'origine de tous les maux de l'Algérie, et même des récentes catastrophes naturelles qui ont frappé le pays.

 

Face à ce discours d'un autre âge, le gouvernement Bouteflika joue l'apaisement. Mais au quotidien, l'État peine toujours à rétablir la sécurité promise et à endiguer les graves problèmes socioéconomiques, depuis longtemps les principaux vecteurs de la propagande islamiste dans le pays. Quant à la démocratie, après l'annulation des législatives par l'armée en 1992 et les présidentielles douteuses de 1999, les Algériens n'y auront que très peu goûté et n'en auront tiré jusqu'ici que très peu de bénéfices.

Des dizaines de milliers de morts plus tard, les choix qui s'offrent aux Algériens restent les mêmes: l'option islamiste ou un pouvoir dont les représentants sont tous issus du parti unique, considéré comme responsable de tous les maux de l'Algérie. Quant à l'armée, qui détient toujours, selon tous les analystes, le pouvoir réel dans ce pays, très peu d'Algériens croient à son retrait de la vie politique tel que l'affirment les généraux.

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