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PRESTON MANNING

  • À l’automne 1995, Preston Manning est aux commandes du Parti réformiste depuis deux ans. Il a été élu par l’Ouest canadien pour secouer le gouvernement central de Jean Chrétien. Tout comme le Québec, l’Ouest exige d’importantes réformes.
  • Preston Manning est un combattant, mais aussi un visionnaire. Il profite de la campagne référendaire pour défendre son principe d'un « Nouveau Canada », qui offrirait plus de pouvoir aux provinces et aux électeurs, et où les pouvoirs centralisateurs d'Ottawa seraient sensiblement réduits.
  • Menant pratiquement sa propre campagne, il invite les Québécois à se joindre à son parti. À deux semaines du vote, il présente son projet de réforme du fédéralisme.

 

« Le Nouveau Canada »

« Dans cette volonté de création d'un État fédéral "uni et équilibré", le Parti réformiste laisserait intacts les pouvoirs fédéraux importants, soit ceux sur l'espace économique commun, l'élimination des barrières intérieures au commerce, la mise en place et la coordination des secteurs de la réglementation économique, le commerce international, la défense et les affaires étrangères. Par contre, il s'engage à redonner aux provinces le plein contrôle sur les ressources naturelles, la langue et la culture, qui sont déjà de compétence provinciale. » - extrait, projet de réforme du Parti réformiste

 

  • Tout au long de la campagne référendaire, Preston Manning n’en démord pas: Ottawa doit définir clairement l’enjeu d’un Québec souverain. Selon lui, le fait de ne pas être clair sur cette question entraînera une grande confusion au lendemain du référendum.
  • Cette question atteint un point culminant le 19 septembre 1995, aux Communes, lorsque le chef réformiste pousse le premier ministre Jean Chrétien à s’engager immédiatement à reconnaître que:
    • toute victoire du oui, serrée ou non, signifie que le Québec se sépare du reste du Canada;
    • un non veut dire que le Québec reste dans la Confédération;
    • un vote de 50 % plus 1 décide de l’enjeu.
  • Toutefois, pour Jean Chrétien, il n’en est pas question. Il ne reconnaît pas la légitimité de la question référendaire, qu’il juge trop ambiguë. Le premier ministre va même plus loin en accusant le chef réformiste de collaborer avec les souverainistes à détruire le Canada.

 

« Il considérait que la question n’était pas légitime. Alors nous lui avons demandé: Que serait pour vous, une question légitime? Il a commencé à mettre en doute qu’un vote de 50 % serait suffisant. Si ce n’est pas suffisant, combien faudrait-il? Si le gouvernement a une opinion là-dessus, pourquoi ne pas l’exprimer dans une loi? […] Non seulement il résistait, mais quiconque soulevait la question était presque accusé de trahison. »
- Preston Manning, chef du Parti réformiste (1995)

 

« Gagner par un vote: on ne brise pas un pays parce que quelqu’un a oublié ses lunettes pour aller voter; ça prend une majorité qualifiée. C’est bien beau, la démocratie, mais c’est toujours des minorités ou des majorités. Ce n’est jamais 50 plus 1 en toutes circonstances. » - Jean Chrétien, premier ministre du pays (1995)

 

  • L’intervention de Manning n’est pas sans soulever la colère chez certains tenants des forces fédéralistes, qui jugent que les politiciens doivent mettre de côté leurs différends quand le pays est en jeu.
  • Vivement critiqué en début de campagne, Preston Manning voit la situation changer peu à peu. Il obtient finalement l’appui de ses pairs. En effet, des membres du PLC et des gens d’affaires accusent, à leur tour, le premier ministre de ne s’être jamais prononcé clairement sur les conditions d’une entente advenant la victoire du oui. Bref, de n’avoir jamais eu de « plan B ». Bon nombre lui reprochent d’avoir péché par excès de confiance, allant même jusqu’à remettre en cause ses capacités et son jugement.

 

« Je tentais de déceler une stratégie d’ensemble et je n’en voyais pas. Je posais des questions sur la stratégie, il me répondait par des tactiques […] c’est vous le cerveau de l’opération, vous devez avoir une stratégie globale? Et je n’en voyais pas. »
- Preston Manning

 

  • Le 30 octobre 1995, alors que le camp du non remporte la victoire, le chef réformiste déclare:

«Je crois que le Canada fait face ce soir à une demande sans précédent pour le changement, et ceci n'est pas simplement une victoire pour le non, comme un délai qui est accordé et qui doit être utilisé par le Canada avec sagesse, si l'on doit éviter la paralysie entre le Canada et le Québec. La marge infime doit servir d'avertissement et de réveil pour nous tous, en particulier pour le premier ministre. Les fédéralistes traditionnels, le fédéralisme doit changer.»

La politique, une affaire de famille

Depuis 1935, le nom des Manning est synonyme de dynastie politique en Alberta. Ernest C. Manning est élu à l’Assemblée législative pour la première fois en 1935. Il prend la tête du Crédit social en 1943, et le quitte en 1968, après avoir dirigé la province pendant 25 ans. Son fils Preston fait sa première incursion en politique en 1965. En 1987, il crée le Parti réformiste (Reform Party), qui devient l’opposition officielle aux Communes en 1997. En 1993, il est élu par l’Ouest canadien pour secouer le gouvernement central de Jean Chrétien. L’Ouest est alors en révolte et exige, tout comme le Québec, d’importantes réformes. Manning se retire de la vie politique en 2001.

* Pour en savoir plus sur le parcours de ce politicien, consultez le dossier des Archives de Radio-Canada, « Manning, politiciens de père en fils »

 


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