Biographies

- Lucien Bouchard

- Jean Charest

- Jean Chrétien

- Mario Dumont

- Daniel Johnson

- Preston Manning

- Jacques Parizeau

MARIO DUMONT

  • Lors de la campagne référendaire de 1995, Mario Dumont, 25 ans, en est à ses premiers pas comme chef de parti dans l’arène politique québécoise. Il a été élu chef de l’Action démocratique du Québec (ADQ) seulement un an auparavant.
  • Le jeune politicien se présente alors comme un fédéraliste déçu par l’échec de l’accord du lac Meech.
  • Voilà pourquoi il décide de se joindre officiellement au camp du oui, le 12 juin 1995. Cette coalition réunit l’Action démocratique, le Parti québécois et le Bloc québécois. Les trois partis signent alors une entente qui définit « le camp du changement ».
  • Mario Dumont refuse toutefois de s’afficher comme souverainiste. Il mènera ainsi seul sa campagne, à bord de sa propre caravane motorisée. Tout comme en fait foi le slogan de son parti (« Oui, s’entendre pour agir »), il jouera davantage la carte du partenariat économique et politique avec le Canada que celle de la souveraineté. Pour lui, le sens d’un oui n’est pas la victoire de la séparation, mais plutôt d’un nouveau partenariat avec le reste du Canada.

 

« Pour moi, la souveraineté est un moyen de faire avancer le Québec. Je ne suis pas un souverainiste dans le sens classique du terme, comme Jacques Parizeau. »
- Mario Dumont

 

  • Mario Dumont pose deux conditions à l’entente tripartite: l’offre de partenariat doit être dans la question référendaire, et un comité doit être mis sur pied pour surveiller le déroulement des négociations. À la grande surprise de tous, le chef du camp du oui, Jacques Parizeau, accepte, lui qui avait pourtant refusé jusque-là ces conditions au chef bloquiste, Lucien Bouchard.

 

Qu’est-ce que l’entente tripartite?

Dans l’éventualité d’un oui au référendum, l’Assemblée nationale pourrait proclamer la souveraineté du Québec, mais devrait, au préalable, offrir au Canada de négocier un traité de partenariat économique et politique. Le Québec serait donc souverain, tout en demeurant associé économiquement et politiquement au Canada.

 

« Nous, on était un parti nationaliste. On était des gens qui avaient démissionné, pour plusieurs, du Parti libéral au lendemain de Meech. D’être dans le camp du non avec Jean Chrétien, et avec ceux qui voulaient le statu quo, ça n’avait pas de bon sens. En même temps, je n’aurais jamais été capable de voter oui à un référendum. La question de M. Parizeau, "Êtes-vous pour ou contre l’indépendance du Québec, oui ou non? ", ce n’est pas une question qui m’aurait plu. » - Mario Dumont

 

  • Dans le camp du oui, Dumont est vite perçu comme celui qui pourrait déterminer l’issue du référendum puisqu’il incarne l’ambivalence des Québécois. La nouvelle alliance pourrait amener les votes manquants à une victoire du oui.
  • Mario Dumont estime que la démarche qu'il mène avec le PQ et le Bloc n’est en fait que « la suite logique du rapport Allaire ». Ce rapport proposait, un an après l’échec de Meech, une vaste décentralisation des pouvoirs d'Ottawa vers les provinces. Selon Mario Dumont, le Parti libéral n'a pas eu le courage de mener ce projet à terme.

 

« Sous Daniel Johnson, le PLQ est devenu un porte-paquet d'Ottawa, au lieu d'être un porte-parole des Québécois. Aujourd'hui, il manipule et joue de façon malheureuse avec les interrogations que les gens ont à l'approche du changement. »
– Mario Dumont

 

  • Le Canada anglais acceptera-t-il de négocier avec un Québec souverain? Sans aucun doute, estime Mario Dumont. Selon lui, il faudra d'abord partager la dette, puis se concentrer sur l'union monétaire et la libre circulation des biens, des personnes et des capitaux entre les deux pays. Celui-ci ne voit d’ailleurs pas de complication à l'entrée du Québec dans l’ALENA.

 

Plongé dans la controverse

Le 25 octobre 1995, le quotidien The Gazette révèle que l’adhésion de Mario Dumont à l'option souverainiste aurait été conditionnelle à une faveur accordée par le gouvernement péquiste à une entreprise de sa circonscription. Mario Dumont niera catégoriquement cette nouvelle.

 

« L’espoir, l’espoir est là ce soir, jamais, jamais dans notre histoire un aussi grand nombre de Québécois et de Québécoises se seront prononcés en faveur du changement [...] Treize ans après le rapatriement unilatéral de la Constitution de M. Chrétien, il y a à peu près un Québécois sur deux en faveur de cette idée-là aujourd’hui. »
- Mario Dumont, le soir de la défaite du 30 octobre 1995,
au Palais des congrès de Montréal

 

Les premiers pas de l’ADQ

En 1991, Mario Dumont est élu à la présidence de la Commission-Jeunesse du Parti libéral du Québec (PLQ). L'année suivante, il se dissocie des positions du chef de son parti, Robert Bourassa, alors premier ministre du Québec.

Sa décision d’appuyer l’idée d’un référendum constitutionnel pancanadien (accord de Charlottetown) et le refus du gouvernement Bourassa de suivre les recommandations du rapport Allaire amènent le jeune politicien à quitter le PLQ en 1992.

Aux côtés de Jean Allaire, il participe, en janvier 1994, à la création d’une nouvelle formation politique: l’Action démocratique du Québec (ADQ). Il en devient le chef en septembre de la même année. Il n’a alors que 23 ans. Six mois plus tard, aux élections provinciales, il sera le seul élu de son parti à l'Assemblée nationale, même si celui-ci a obtenu les faveurs de 6,5 % des électeurs québécois.

Mario Dumont demeurera en fait le seul représentant de l’ADQ à l’Assemblée nationale de 1994 à 2002. En 2002, il mène son parti à une importante remontée, alors qu’il devance le PLQ et le PQ dans les sondages. Dumont est alors perçu comme le chef politique le plus populaire au Québec.

Lors des élections provinciales de 2003, l’ADQ remporte quatre sièges à l’Assemblée nationale, et récolte 18,24 % des voix (PLQ: 45,92 %, 76 élus; PQ: 33,21 %, 45 élus).

 


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