Biographies

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JEAN CHAREST

  • Jean Charest est, sans contredit, le politicien fédéraliste le plus populaire au Québec lors de la campagne référendaire de 1995. Il est alors chef du Parti progressiste-conservateur du Canada (PCC) et est âgé de 37 ans. Sa fougue, sa détermination et ses discours enflammés le démarquent des autres politiciens du camp du non, auquel il est associé.
  • Le chef conservateur mène, tout comme Daniel Johnson, chef du Parti libéral du Québec (PLQ), et Jean Chrétien, premier ministre du pays et chef du Parti libéral du Canada (PLC), la bataille du non.
  • À l'instar des libéraux, les répercussions sur l’emploi et l’économie sont constamment au cœur des discours de Jean Charest. D’ailleurs, pour lui, c’est l’évidence: un Québec souverain entraînera inévitablement une réduction des dépenses publiques, autant à Québec qu’à Ottawa.

 

 

 

« On va garder le dollar canadien, l’espace économique canadien, l’ALENA, la citoyenneté, les passeports… Ils font des excès d’enthousiasme. Je comprends leur fierté, ils sont fiers d’être canadiens, eux aussi! »- Jean Charest, chef du Parti conservateur

 

  • Pour le chef du PCC, le statu quo n’existe plus: une victoire du non incitera Ottawa à apporter des changements profonds, en mettant l’accent sur l’emploi et l’économie.
  • À maintes reprises, il blâme les souverainistes de ne pas donner l’heure juste à la population québécoise advenant la victoire du oui.

 

« Il suffisait d’aller tâter le terrain à l’extérieur du Québec pour voir immédiatement que cela ne tenait pas debout. C’était très mal connaître les Canadiens des autres provinces, sinon délibérément induire les gens en erreur, que de leur laisser croire que tous ces bouleversements allaient passer comme une lettre à la poste. Les audiences orageuses du comité Charest, de la commission Spicer, la tourmente de Meech, la crise d’Oka, ne nous avaient-elles pas donné un avant-goût de ce qui nous attendait, d’un bout à l’autre du pays? Ceux qui oublient leur histoire ne sont-ils pas condamnés à la répéter? »
- Jean Charest, Jean Charest, Éditions Pierre Tisseyre, 1998

Jean Charest, plus populaire

Le chef conservateur fait un grand effet à chacune de ses sorties. Le porte-parole du camp du non, le libéral Daniel Johnson, est reconnu pour sa compétence en économie, mais est jugé beaucoup moins charismatique.

 

« Au début, on ne savait pas par quel bout prendre tout ça. On était embêté. Ça m’a rappelé la campagne fédérale de 1993. M. Bouchard était très populaire et, franchement, ses adversaires ne savaient pas comment l’aborder. On ne pouvait pas l’attaquer personnellement. Il était très populaire et avait une très grande crédibilité. » - Jean Charest (2005)

 

  • L’intervention la plus marquée de Jean Charest à l’automne 1995? Certes lors du discours du 17 septembre, à Saint-Joseph-de-Beauce. Brandissant son passeport canadien, Jean Charest déclare alors qu’un oui priverait carrément les Québécois de ce document.

 

« À ces gens qui ont voté pour le oui et qui souhaitaient du changement, à ces gens qui votaient pour le oui et qui avaient suffisamment d’attachement et d’estime envers le Canada pour proposer ce partenariat, je leur dis ce soir que nous avons entendu leur message, que nous respectons le choix qu’ils ont fait, et qu’à partir d’aujourd’hui, nous leur tendons la main pour travailler ensemble. »- Jean Charest, lors de la victoire du non, le 30 octobre 1995

 

Le dossier constitutionnel

Lors du référendum de 1995, Jean Charest n’en était pas à sa première confrontation avec le problème de la Constitution. En 1990, alors député conservateur sous Mulroney, il est responsable du Comité parlementaire spécial pour examiner l'accord du lac Meech, qui reconnaît le Québec comme « société distincte » en matière de langue, de culture et de système juridique.

Le 17 mai, il dépose le rapport du comité spécial. Quelques jours plus tard, Lucien Bouchard, alors ministre de l’Environnement, claque la porte du Parti conservateur accompagné d'autres députés fédéraux québécois qui jugent inacceptable le contenu de ce qu’on appellera désormais « le rapport Charest ». Ces derniers fonderont plus tard le Bloc québécois.

Le 23 juin 1990, l’accord du lac Meech est définitivement mort. Jean Charest gardera du départ de Lucien Bouchard un sentiment profond de trahison.

Plus tard, en 1997, alors chef du Parti progressiste-conservateur du Canada (PCC), il contribue à la Déclaration de Calgary, qui reconnaît le « caractère unique » du Québec au sein de la Confédération canadienne, tout en consacrant l’égalité des provinces. Les neufs premiers ministres des provinces anglophones, loin d’avoir oublié le résultat très serré du dernier référendum sur la souveraineté, ont décidé d’agir avant que les Québécois ne quittent le Canada pour de bon.

 

 


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