Biographies

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- Jacques Parizeau

DANIEL JOHNSON

  • Porte-parole officiel de la campagne du non, Daniel Johnson participe activement au référendum de 1995. À 50 ans, il est chef du Parti libéral du Québec (PLQ) et chef de l’opposition.
  • Pendant la campagne référendaire de 1995, Daniel Johnson est reconnu pour ne pas être très charismatique, mais tous respectent sa compétence, surtout en économie.

 

« Pourquoi nous lancer dans des perturbations qui vont augmenter les hypothèques des Québécois, qui vont faire augmenter les taux d’intérêt sur les paiements que tout le monde fait sur ses achats, sur l’achat d’automobiles ou autrement? Pourquoi faire monter les taux d’intérêt?» – Daniel Johnson, chef du Parti libéral du Québec (1995)

 

Avant même le début officiel de la campagne référendaire, le camp du non lance sa grande offensive. La stratégie est simple: démolir les thèses économiques du oui et attaquer sans relâche et sans merci la crédibilité de Jacques Parizeau.

 

« On jurerait que, pour Jacques Parizeau, l’échec de ces offres est planifié et programmé. C’est tout ce qui l’intéresse. L’échec des discussions avec nos voisins, c’est tout ce qu’il pratique. Il est incapable d’avoir la crédibilité de négocier de bonne foi, de façon constructive. » – Daniel Johnson, chef du Parti libéral du Québec

 

  • Pour Daniel Johnson, la question référendaire révélée par Jacques Parizeau est confuse. Selon lui, elle donne l’illusion que les citoyens se prononceront au référendum sur autre chose que sur la séparation politique du Québec. M. Johnson déplore notamment l’absence du mot « pays », voyant là un curieux oubli de Jacques Parizeau qui, « depuis 25 ans, veut que le Québec devienne un pays séparé du reste du Canada, un pays indépendant ».
  • Daniel Johnson souhaite-t-il que Jean Chrétien reconnaisse le caractère distinct du Québec avant le jour du référendum? Interrogé à ce sujet alors qu’il fait campagne à Longueuil, le 21 octobre, il répond: « C’est dans le domaine du souhaitable. » Or, Jean Chrétien ne veut pas changer de stratégie. Selon lui, le camp du non doit s’en tenir à son plan initial, soit de ne rien proposer et d’attaquer le projet souverainiste: « On ne parle pas de la Constitution, on parle de la séparation du Québec », affirme-t-il. Ces déclarations contradictoires provoquent une tempête médiatique.

 

« J’avais l’estomac noué. Ça allait de mal en pis. Je ne pouvais pas croire que Daniel Johnson prendrait position sans qu’Ottawa ait une réponse toute prête. J’ignore où les communications ont échoué, mais la fin de semaine a vraiment été très pénible pour nous.»
- Frank McKenna, premier ministre du Nouveau-Brunswick (1995)

 

Société distincte: Jean Chrétien accepte

Le 22 octobre, Jean Chrétien dévoile une déclaration commune avec Daniel Johnson, dans laquelle ils disent appuyer le principe de la société distincte pour le Québec. La déclaration est cependant muette sur la question du droit de veto et du retrait du fédéral des compétences provinciales.

  • Interrogé sur la popularité grandissante de Lucien Bouchard, qui devient en quelque sorte le porte-parole principal du oui dans la campagne, Daniel Johnson reproche à ce dernier d’éviter un débat des chiffres sur les conséquences du oui:

« Ils ont décidé de changer de porte-parole principal, mais ça ne répond pas aux questions: Combien de jobs ça crée, la séparation? Y a-t-il quelqu’un qui va nous le dire? Jacques Parizeau ne le dit pas, Lucien Bouchard s’en fiche, et Mario Dumont n’en parle pas. Qui est en autorité morale dans le camp du oui? »

 

  • À 12 jours du référendum, alors que la campagne des fédéralistes semble figée dans le temps, Daniel Johnson participe à un grand rassemblement avec l’élite du monde des affaires, qui sort en force pour manifester son appui au non. Le chef libéral déclare:

« Pendant que Jacques Parizeau est en vol plané au-dessus de la réalité, on sait nous, comme Québécois, qu’une réalité a été démontrée, qu’on peut fabriquer des avions qui parcourent le ciel comme Laurent Beaudoin l'a fait. C’est la différence entre Laurent Beaudoin et Jacques Parizeau: il y en a un qui est en vol plané au-dessus de la réalité, l’autre y fait de vrais avions qui emportent la province du Québec vers de plus grands espaces et plus haut. »

 

  • Le 30 octobre 1995, le camp du non crie victoire. Le chef du PLQ déclare:

« Les Québécois ont noté cette volonté réelle de changement, d’ouverture de nos concitoyens et de nos concitoyennes. […] Nous savons que nous avons pu, à l’intérieur de ce système, nous tailler une place d’honneur et que nous avons l’intention de continuer à assurer ainsi la place du Québec. Mais il en faut davantage que cette évolution de tous les jours […] et nous avons cette conviction que nous pouvons caresser l’espoir que nous connaîtrons d’autres changements dans les mois et les années qui viennent. »

Qui est Daniel Johnson?

Membre du Parti libéral depuis 1977, Daniel Johnson est issu du monde des affaires. Il a notamment été président de Power Corporation, avant d’être élu député à l’Assemblée nationale en 1981 sous la bannière libérale.

Le 11 janvier 1994, après cinq années à la présidence du Conseil du Trésor, il prend la relève de Robert Bourassa et devient le troisième membre de sa famille, après son père Daniel Johnson et son frère Pierre Marc, à occuper le poste de premier ministre du Québec.

Le 12 septembre 1994, il perd les élections. C'est Jacques Parizeau, chef du Parti québécois, qui devient premier ministre du Québec. Ce dernier entend bien réaliser son rêve: voir la naissance d’un Québec souverain.

Daniel Johnson devient alors chef de l'opposition officielle et ce, jusqu’en 1998. Le 2 mars 1998, il annonce son intention de quitter la vie politique. Il démissionne des postes de chef de l'opposition et de député de Vaudreuil le 12 mai 1998.

 


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