CHAPITRE 7
La panique

- Résumé

- Les gens d’affaires manifestent

- Le reste du Canada refuse de se taire

- Brèche dans le camp du non

- La souveraineté devient possible


Le reste du Canada refuse de se taire

Cette toute première avance du oui (oui: 50,6 %; non: 49,4 %) sème la consternation partout au pays et s’insinue même au cœur du gouvernement Chrétien. Le reste du Canada, qui respectait jusque-là « la consigne du silence », ne veut plus se taire.

« Un Québec séparé serait un pays étranger. Point à la ligne. » - Mike Harris, premier ministre de l’Ontario (1995)

Les politiciens hors Québec montrent maintenant Jean Chrétien du doigt: ils l’accusent d’avoir péché par excès de confiance, et remettent en question ses capacités et son jugement.

« Je tentais de déceler une stratégie d’ensemble et je n’en voyais pas. Je posais des questions sur la stratégie, il me répondait par des tactiques. […] évidemment, je ne l’ai pas dit comme cela  — c’est vous le cerveau de l’opération, vous devez avoir une stratégie globale? Et je n’en voyais pas . »- Preston Manning, chef du Parti réformiste (1995)

« Une des choses qui m’a dérangé, c’est que du début à la fin, il y a eu cette idée que c’était une lutte entre Québécois, et que les autres ne devaient pas s’en mêler. Ils disaient:"Vous pouvez nous faire part de vos opinions, mais c’est notre combat. Nous connaissons bien le Québec et nous choisirons la stratégie." Je trouvais cela vraiment inacceptable. » - David Collenette , ministre fédéral de la Défense nationale et ministre des Anciens combattants (1995)

Il y a-t-il un « plan B » ?

Certains proches et anciens collègues du premier ministre, comme son neveu, Raymond Chrétien (alors ambassadeur du Canada aux États-Unis), affirment aujourd’hui que Jean Chrétien n’a en fait jamais eu de « plan B », advenant la souveraineté du Québec.

Les deux hommes se sont rencontrés une semaine avant le référendum, alors que M. Chrétien était de passage aux États-Unis:

«De mon côté, je réalisais aussi tout à coup que nous n’avions pas de plan B. Je voulais savoir qu’est ce que je fais dans une semaine, qu’est ce que je dis au président Clinton si le Canada perd, quel est notre message? Et le verdict? On l’accepte? On le refuse? À quelles conditions? Vous savez, c’était une question pas mal importante à régler. Laissez-moi vous dire qu’à ce moment-là, ça patinait fort. » - Raymond Chrétien, ambassadeur du Canada aux États-Unis (1995)

Le reste du Canada est sous le choc. Les dirigeants politiques avaient assuré que la cause fédéraliste triompherait aisément. Et aujourd’hui, tout d’un coup, le pays est au bord de l’éclatement. Bon nombre de Canadiens expriment leur frustration.

Les mots des Canadiens

« Comme Ontarien, je suis très frustré: je n’ai pas eu l’occasion de m’exprimer ou de participer à toute cette affaire. Je dois assister à l’effondrement de mon pays en spectateur. Je ne peux rien y faire. »

« Les forces fédéralistes n’ont pas fait du bon travail. Vous savez, il y a beaucoup de questions des Québécois qui sont restées sans réponse de la part de Jean Chrétien parce qu’il n’était pas là au début de la campagne. »

« Ils espéraient que s’ils faisaient semblant que ça n’existait pas, tout disparaîtrait. Maintenant, c'est très évident qu’ils ont commis une erreur stratégique monumentale. »


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