1990

17 mai

Le député conservateur Jean Charest est nommé, en mars 1990, responsable du Comité parlementaire spécial pour examiner l'accord du lac Meech, qui reconnaît le Québec comme « société distincte » en matière de langue, de culture et de système juridique. Le mandat du comité est d'entendre les commentaires des Canadiens et de proposer des solutions à l'impasse constitutionnelle.

Le rapport Charest dilue le contenu de l'accord du lac Meech, notamment en ce qui a trait à la clause de société distincte. Il recommande, entre autres, que le fédéral soit chargé de promouvoir le bilinguisme dans les provinces.

 

22 mai

Vivement déçu de la tournure des événements entourant l’entente du lac Meech, et jugeant inacceptable le contenu du « rapport Charest », Lucien Bouchard démissionne du gouvernement conservateur pour siéger comme député indépendant. Un peu plus tard, il fonde le Bloc québécois, avec huit autres députés nationalistes devenus indépendants. La mission du Bloc sera de défendre les intérêts du Québec à Ottawa.

 

22 juin

Échec de l’accord du lac Meech: l'entente est rejetée par Terre-Neuve et le Manitoba, qui s’insurgent contre la reconnaissance du caractère distinct du Québec. Robert Bourassa déclare qu'il ne négociera plus avec les autres provinces. L'échec de Meech sera l'élément déclencheur du retour du sentiment nationaliste au Québec.

 

4 septembre

Québec met sur pied la commission Bélanger-Campeau. Trente-six membres y siègent pendant cinq mois en audiences publiques sur la question de l’avenir constitutionnel de la province. Ils recevront plus de 600 mémoires, dont la grande majorité prône la souveraineté pure et simple du Québec. Le 27 mars 1991, la commission remet son rapport. Constatant que les aspirations du Québec n'étaient pas comprises par le reste du pays, la commission recommande à l’Assemblée nationale du Québec d’adopter une loi sur l’avenir politique et constitutionnel du Québec prévoyant la tenue d’un référendum sur la souveraineté entre le 8 juin et le 26 octobre 1992. Deux commissions parlementaires sont aussi proposées advenant un oui à ce référendum, l’une pour étudier les modalités d’accession à la souveraineté du Québec, et l’autre pour étudier toute offre de partenariat venant du Canada.