Ronald Reagan

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Le gouverneur de la Californie

Le 40e président des États-Unis

Le second mandat

Conclusion et hyperliens



JOURNALISTE
Barbara Debays



Le second mandat

Ronald Reagan est réélu pour un second mandat en novembre 1984. Sa victoire est encore une fois écrasante : il obtient 525 voix du Collège électoral, contre 13 pour son adversaire démocrate, Walter Mondale.

Contrairement à l’idée reçue, les jeunes Américains ont voté massivement pour Ronald Reagan. Selon des sondages préélectoraux réalisés en 1984, environ 60 % des jeunes âgés de 18 à 30 ans soutenaient le candidat républicain. L’explication? « Les Yuppies ont du respect pour ceux qui tiennent leurs promesses. Et qui nous permettent de nous payer nos complets de chez Brooks Brothers, nos maisons de campagne, nos voitures européennes et nos grands crus de Californie. Les démocrates devront assurer la concurrence », déclarait à l’époque le journaliste Brett Duval Fromson, du magazine Fortune.


L’Irangate

Le second mandat de Ronald Reagan est surtout marqué par le scandale de l'Irangate. L’administration est éclaboussée par la révélation de la vente secrète d’armes à l’Iran en dépit d’une loi américaine interdisant la vente de matériel militaire aux pays présumés terroristes. Cette vente d’armes aurait eu lieu entre 1985 et 1987 par l’intermédiaire d’agents israéliens, en échange de la libération d’otages américains au Liban. Les profits de cette vente étaient destinés à financer la Contra, la guerilla combattant le gouvernement sandiniste de gauche du Nicaragua, considéré par Washington comme une menace à la stabilité en l’Amérique latine.

Au terme d’une commission d’enquête du Congrès en 1986, le président Reagan est jugé responsable, même s’il n’est pas clairement établi qu’il était au courant que les profits de la vente allaient à la Contra. Le négociateur de cette transaction, le lieutenant-colonel Oliver North, qui travaillait à l’époque comme militaire au Bureau de la sécurité nationale, et le conseiller du président à la sécurité nationale, John Poindexter, sont désignés coupables et démis de leur fonction. Mais en 1993, le procureur indépendant Lawrence Walsh publie un rapport final dans lequel il conclut que le président Reagan et le vice-président Bush savaient que les profits de la vente d’armes étaient destinés à financer les miliciens du Nicaragua.

Parmi les principaux acteurs de cet événement, plusieurs n’ont jamais été inquiétés par la justice. Ainsi, John Poindexter est condamné à la prison en 1990, mais il est rapidement blanchi par le nouveau président, George Bush. En outre, Richard Armitage, William Casey et Colin Powell, qui autorisa la livraison des missiles TOW à l’Iran, n’ont jamais eu à subir de réprimandes. Par ailleurs, il est à noter que les États-Unis fournissaient aussi des armes à l’Irak, qui était à l’époque en guerre contre l’Iran. C’est Donald Rumsfeld, l’actuel secrétaire à la Défense, qui était chargé de négocier ces ventes d’armes.

La guerre des étoiles et la signature d’un traité avec les Soviétiques
En mars 1983, l’administration Reagan lance l’Initiative de défense stratégique (IDS), un programme militaire mieux connu sous le nom de « guerre des étoiles ». Le projet vise à protéger le territoire américain contre les missiles soviétiques. Il s’agit d'un système de défense antimissile basé en grande partie dans l’espace, une sorte de « bouclier de l'espace » faisant appel aux technologies du laser et des satellites.

Il faut se rappeler qu’à la fin des années 70, le communisme pouvait encore sembler dominant, avec ses avancées en Angola ou en Afghanistan. Le programme IDS entraîne donc une relance de la course aux armements entre les États-Unis et l’URSS. Mais les Soviétiques n’ont plus les moyens de soutenir le rythme des dépenses reaganiennes en matière d’armements.

Selon Jean-Pierre Audoux et Agnès Triebel, les dépenses militaires des États-Unis étaient de 142,7 milliards de dollars en 1980, soit 25 % des dépenses mondiales. En 1988, le budget de la Défense américaine atteignait 290 milliards de dollars, soit 33 % des dépenses mondiales. Par comparaison, la CIA estime que l’Union soviétique a dépensé au plus 90 milliards de dollars entre 1980 et 1986.

Parallèlement, le président Reagan multiplie les rencontres avec le dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev, porté à la tête de l’URSS en 1985 et qui, après 70 ans de communisme, a engagé l’empire soviétique dans la perestroïka (restructuration) et la glasnost (transparence). Les deux hommes parviennent à un accord sur l’élimination des missiles nucléaires à moyenne portée. Ce traité historique sera signé en 1987.

Pour de nombreux analystes, la politique du président Reagan aura joué un rôle déterminant dans la chute de l’Empire soviétique, en 1991.

« Reagan et la guerre des étoiles », reportage de Michel Lacombe et Karl Neremberg diffusé à l’émission Le Point le 30 mai 1985.


Des problèmes de santé

Reagan éprouve des problèmes de santé dès 1985. Il est alors opéré pour un cancer du colon et pour une forme bénigne de cancer de la peau. Il se retire finalement de la vie politique à la fin de son deuxième mandat. Il jouit alors d’une cote de popularité rarement atteinte par un président, ce qui assure l’élection de son vice-président, Georges Bush, à l’élection présidentielle de novembre 1988. George Bush devient officiellement le 41e président des États-Unis en janvier 1989.

Dans une lettre adressée au peuple américain en 1994, Reagan révèle qu'il est atteint de la maladie d'Alzheimer. En 1999, la biographie autorisée de Reagan paraît sous le titre « Dutch : A Memoir of Reagan ». L'historien Edmund Morris, qui a mis 14 ans à l’écrire, a joui d'un accès sans précédent auprès de Reagan entre 1985 à 1988. C'est d’ailleurs la seule biographie à avoir jamais été « autorisée » par un président américain.