Ronald Reagan

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Le gouverneur de la Californie

Le 40e président des États-Unis

Le second mandat

Conclusion et hyperliens



JOURNALISTE
Barbara Debays



Le 40e président des États-Unis

Ronald Reagan a tenté à deux reprises de se faire élire candidat du Parti républicain pour l’élection présidentielle avant d’y parvenir. La première fois, en 1968, il perd contre Richard Nixon, et la seconde fois, en 1976, contre Gerald Ford. Il est finalement choisi comme candidat pour l’élection présidentielle de 1980. Un de ses rivaux à l’investiture républicaine est George Bush, qui se rallie à l’équipe Reagan et en devient le vice-président.

Ronald Reagan se présente comme l’initiateur d’une « révolution conservatrice ». Sa campagne électorale est axée sur une importante diminution des impôts, une réduction des programmes sociaux et une augmentation du budget de la Défense. Par ailleurs, il prend position pour le maintien de la peine de mort et contre un amendement constitutionnel garantissant des droits égaux aux femmes. Il propose aussi un amendement constitutionnel interdisant l’avortement. En matière de politique étrangère, Ronald Reagan met de l’avant l’idée que les États-Unis devraient se montrer plus fermes à l’endroit de l’Union soviétique, qu’il nomme « l’Empire du mal ».

Son discours plaît aux Américains, qui perçoivent alors la présidence de Jimmy Carter comme étant faible et indécise. Comme le note Louis Balthazar, Ronald Reagan apparaît comme une « sorte d’incarnation du rêve américain ». « Les millions d’Américains qui avaient rongé leur frein devant l’avènement des hippies, les manifestations pacifistes, les émeutes noires, la “société permissive” des années 70, se sentirent soulagés, vengés. Partout où passait Ronald Reagan, avec son message propre à rassurer les honnêtes gens, il faisait un triomphe », écrit Nicole Bernheim.

Ronald Reagan est élu 40e président des États-Unis le 4 novembre 1980. Sa victoire est écrasante : il remporte 51 % des voix, contre 42 % pour James Carter et 7 % pour John Anderson. À 69 ans, il devient ainsi le plus vieux président américain à être élu.

« La crise que nous devons affronter aujourd’hui exige que nous nous efforcions, avec toute la volonté dont nous sommes capables, de croire en nous-mêmes et de nous persuader que nous sommes en mesure d’accomplir des exploits. Et pourquoi ne pas avoir cette foi? Après tout, nous sommes Américains. » - Ronald Reagan, à l’occasion de son discours d’investiture, le 20 janvier 1981.


L’affaire des otages américains en Iran

La campagne électorale de 1980 a été largement marquée par l’affaire des otages américains en Iran. Le 4 novembre 1979, des étudiants iraniens affiliés au groupe radical Hezbollah envahissent l'ambassade américaine à Téhéran et prennent en otage les 52 membres du personnel diplomatique. L’administration Carter négocie leur libération, mais devant l’impasse, elle ordonne finalement une opération militaire pour les libérer en avril 1980. Cette mission se solde par un échec monumental, ce qui renforce l’image, dans l’opinion publique américaine, d’une administration souffrant d’indécision et manquant de force.

La libération des otages survient finalement quelques minutes seulement après l’investiture officielle de Ronald Reagan à la tête de l’État, en janvier 1981. On a soupçonné l’administration Reagan d’avoir secrètement négocié avec les Iraniens pour retarder la libération jusqu’au moment opportun. Selon cette hypothèse, William Casey, directeur de campagne de Reagan qui sera par la suite nommé à la tête de la CIA, aurait négocié ce « délai » avec des gardiens de la révolution de l’ayatollah Khomeini, en échange de quoi les Américains se seraient engagés à vendre des armes à l’Iran par l’intermédiaire d’agents israéliens.

Tentative d’assassinat contre Ronald Reagan

Ronald Reagan est victime d’un attentat à Washington DC, le 30 mars 1981, à la sortie d’un grand hôtel où il venait de prononcer un discours devant des représentants syndicaux. Il est blessé d’une balle au poumon gauche par John W. Hinckley, un militant de l’extrême droite américaine ayant grandi au Texas. Un garde du corps du président et un porte-parole de la Maison-Blanche sont également touchés dans la fusillade. À l’hôpital, Reagan blague avec les médecins qui vont l’opérer : « J’espère que vous êtes tous républicains! ». Quant à John W. Hinckley, il sera déclaré non coupable en raison d’une maladie mentale.

Les politiques économiques

Dans la sphère économique, Reagan tente de relancer l’économie par une politique d’inspiration ultralibérale, qui sera connue sous le nom de « Reaganomics ». « C’est seulement en réduisant la taille de l’État que nous pourrons améliorer la croissance de l’économie », disait-il.

Durant son premier mandat, il fait voter une diminution des impôts pour les particuliers et les entreprises, de même qu’une augmentation importante du budget de la Défense. Mais la récession de 1982 fait grimper le taux national de chômage à plus de 11 %, du jamais vu depuis la grande dépression des années 30. Le déficit commercial des États-Unis passe de 25 à 111 milliards de dollars entre 1980 et 1984, et le ratio de la dette publique passe de 19 % à 28 % du PNB entre 1980 et 1989.

En revanche, la récession de 1982 est suivie de nombreuses années de croissance économique. Comme l’écrivent Jean-Pierre Audoux et Agnès Triebe, « l’Amérique réalisa en valeur absolue une performance remarquable, en assurant, entre 1980 et 1988, à la fois un taux de croissance moyen de 3,4 % en volume, une baisse du taux de chômage de 10 % à 5,3 %, une hausse des prix de 5 % en moyenne, résultats tous bien supérieurs à la période Ford-Carter (1974-1980) ».

Par ailleurs, les États-Unis signent le traité de libre-échange avec le Canada en 1988.


Les politiques sociales

Certains observateurs ont cependant souligné que les diminutions des impôts et la croissance économique ont principalement profité aux riches et que, sous l’administration Reagan, l’écart entre les riches et les pauvres s’est creusé. Il faut dire que, sur le plan social, le président Reagan procède à de nombreuses compressions, que ce soit dans les programmes pour l’éducation, dans les logements à prix modique ou dans Medicaid, le plus important programme d’assurance-maladie pour les gens à faibles revenus. « C’est sur le plan social que le bilan du reaganisme s’établit au plus bas. [...] Il y avait 11,7 % d’Américains officiellement “pauvres” en 1979, peu avant la fin du mandat de Carter. Il y en a près de 15 % quelques mois avant la fin du [NDLR, le premier] mandat Reagan », écrit Nicole Bernheim.

Reagan procède tout de même à la nomination de la première femme à la Cour suprême, Sandra Day O’Connor, ce qui lui vaut une certaine popularité. Mais son soutien à la prière dans les écoles publiques et son opposition à l’avortement soulèvent la controverse.

« Pour Dieu et pour Reagan », reportage de Gil Courtemanche et Jean Savard diffusé à l’émission Télémag le 22 octobre 1980

La politique étrangère de l’administration Reagan

Durant les deux mandats de Ronald Reagan, Washington met de l’avant une politique de soutien aux guérillas antimarxistes afin de repousser la progression du communisme dans le monde. « Sur chaque continent, de l’Afghanistan au Nicaragua, nous ne devons pas briser le destin de ceux qui défient l’agression soviétique, qui soutiennent les droits qui sont les nôtres depuis notre naissance », déclare le président dans son discours sur l’état de l’Union, en 1985. C’est ce qu’on appelle la doctrine Reagan.

Jeane Kirkpatrick, membre du cabinet Reagan et représentante permanente des États-Unis à l’ONU, explique clairement l’état d’esprit qui régnait à l’époque : « Ce qui domine, c’est la volonté de restaurer la puissance américaine et la confiance en nous-mêmes. C’était là le chemin à suivre, à la fois pour notre sécurité et pour l’amélioration des relations internationales. »

Pour mettre en pratique cette nouvelle doctrine, l’administration Reagan n’hésite pas à faire usage de la force militaire. Entre 1980 et 1989, les États-Unis interviennent à quatre reprises :

1- Une force multinationale de la paix est mise sur pied au Liban, en 1982. La France, l’Italie et les États-Unis acceptent d’envoyer des casques bleus à Beyrouth. Mais le 23 octobre 1983, un camion bourré de dynamite explose au quariter général des Marines. Bilan de cet attentat : 241 morts. Les Marines seront par la suite rapatriés au pays.

2- Deux jours plus tard, le 25 octobre 1983, l’armée américaine intervient à Grenade dans le but officiel de prévenir un coup d’État de Cuba visant à prendre le pouvoir sur l’île des Caraïbes.

3- En mars 1986, le gouvernement américain bombarde des cibles militaires à Tripoli, en Libye. Officiellement, Washington veut punir le gouvernement du général Muammar Kadhafi, qui « encourage le terrorisme international ». Selon certaines sources, les militaires américains avaient pour mission d’assassiner le chef de l’État libyen.

4- Le 20 décembre 1989, les États-Unis envahissent le Panama. Plus de 20 000 militaires américains débarquent dans ce petit pays d’Amérique centrale dirigé par le général Manuel Noriega. Le dictateur, qui sera plus tard accusé de trafic de drogues et condamné à 40 ans de prison par un tribunal américain, est un ancien allié de Washington. Cette opération, baptisée « Just cause », a fait entre des centaines et des milliers de victimes civiles, selon différentes sources.