Vladimir Vladimirovitch Poutine


JOURNALISTE
Florence Meney

Novembre 2002


Un peu du reflet de l'homme

Aujourd'hui encore, le mystère Poutine demeure. Cet homme au physique terne, d'une inquiétante pâleur, a été qualifié d'énigme. On l'a parfois appelé « le passe-muraille », une impression renforcée par le silence entourant son passé d'agent secret. Un autre de ses surnoms : la boîte noire. D'une politesse glacée, on le dit maniaque du secret et hautement manipulateur.

Le président russe est un personnage indéfinissable, qui semble immunisé contre l'horreur, notamment celle du conflit tchétchène, pour laquelle il n'exprimera jamais de regrets. Il voit toujours plus loin que les conséquences individuelles; il voit la raison d'État.

« Tout le monde dit que je suis dur, et même brutal. Mais je n'ai jamais cru que la Tchétchénie se limiterait à sa propre indépendance. Elle servirait de tête de pont à de nouvelles attaques contre la Russie »,explique-t-il

 

Vladimir Poutine soigne son image, apparaissant toujours impeccablement rasé et boutonné. C'est un être méthodique et réservé. Depuis son accession à la présidence, il a tenté d'adoucir son personnage, de le rendre plus attirant en multipliant les parutions de biographies complaisantes dans lesquelles on trace un portrait avenant de lui.

On le dit homme de peu de passions, mais il est sportif et, outre le judo, il pratique le ski et il pilote des avions de combat. On le dit sobre aussi, ce qui n'est pas une mince qualité pour les habitants de ce pays où l'alcoolisme fait des ravages.


C'est un père attentionné, dont l'amour pour ses enfants touchera jusqu'au président américain George W. Bush, mais qui est décrit par sa femme Ludmilla comme peu prévenant à son égard, communiquant très peu, chroniquement en retard avant leur mariage et toujours absent dans les moments difficiles.

« Il partait du principe que la femme doit tout faire seule », dit-elle, ajoutant que son mari mange seul devant la télévision et ne lui fait jamais de compliment sur sa cuisine.

Finalement, bien qu'il ait évolué au sein de la hiérarchie soviétique, un système où l'athéisme est roi, Poutine est un homme de foi, un fervent adepte de la religion orthodoxe. La légende veut que sa mère l'ait fait baptiser à sa naissance en cachette de son père. Lors d'une cérémonie célébrée au Kremlin, après son accession à la présidence, Poutine a sollicité et obtenu la bénédiction du patriarche de l'église orthodoxe russe.

***

 

Une entrevue exclusive du journaliste Michel Cormier avec Vladimir Poutine (2000)

Élizabeth Palmer trace un portrait du président russe (2000)

Le siècle russe, un reportage d'Élizabeth Palmer (2000)

 

 
Autres personnalités