Vladimir Vladimirovitch Poutine


JOURNALISTE
Florence Meney

Novembre 2002

Quelques surnoms de Vladimir Poutine :

L'énigme, l'éminence grise, l'homme de fer, le terminator raisonnable, la boîte noire, cheval noir, stasi.


Quelques jalons de la présidence de Vladimir Poutine

L'héritage de Eltsine ou comment redresser une Russie délabrée :

Au moment de quitter le pouvoir, Boris Eltsine laisse derrière lui une Russie en guerre qui tarde à se relever d'une douloureuse transition vers l'économie de marché et le libéralisme économique. Le pays est paralysé par les multiples grèves dues au non-paiement des salaires et des retraites. Le Fonds monétaire international (FMI) retarde le versement de crédits de dix milliards de dollars américains alloués à la Russie parce que ses rentrées fiscales sont trop faibles. Le rouble est en pleine dégringolade. La situation continue de se dégrader en Tchétchénie.

Le nouveau président doit donc traiter en priorité un certain nombre de dossiers capitaux pour l'avenir du pays, notamment le règlement du conflit tchétchène, la lutte contre la corruption et contre les mafias, la gestion de la crise financière et la renégociation de la dette extérieure du pays.

 

Le naufrage du Koursk

Le sous-marin nucléaire Koursk a coulé en mer de Barents, le 12 août 2000, et est resté sur le fond à 108 mètres de profondeur, causant la mort de 118 marins, dont certains auraient agonisé pendant plusieurs jours. L'échec des tentatives de sauvetage des marins et les tentatives de dissimulation de l'information de la part des autorités ont soulevé la colère de l'opinion publique. Une commission d'enquête a été ouverte dans cette affaire. Au-delà du drame humain, ce naufrage est le symbole de la fin de la puissance militaire de la Russie.

Les corps des marins seront remontés
Site des nouvelles de Radio-Canada, 2001

 

Le virage pro-occidental de Vladimir Poutine

C'est vraiment avec Vladimir Poutine que vont disparaître les derniers vestiges de la guerre froide et que se confirme le rapprochement amorcé avec les puissances occidentales, non sans certains heurts.

La Douma ratifie le traité sur l'interdiction des essais nucléaires
avril 2000

Les Russes ratifient le traité Start II
Site des nouvelles de Radio-Canada, avril 2000


Poutine courtise Londres
Site des nouvelles de Radio-Canada, avril 2000

Malgré les divergences sur la question du bouclier antimissile et certaines tensions qui accompagnent le début de la présidence de Vladimir Poutine, l'heure est bientôt au réchauffement. Il faut dire que la Russie, affaiblie militairement autant qu'économiquement, n'est plus l'ours menaçant de jadis. Elle est désormais une force avec laquelle il faut compter, certes, mais qui a aussi besoin d'alliés.

Première visite de Poutine en Grande-Bretagne
Site des nouvelles de Radio-Canada, 2000

Le sommet russo-américain débouche sur deux accords militaires
Site des nouvelles de Radio-Canada, 2000

Rencontre sur la défense nucléaire à Moscou
Site des nouvelles de Radio-Canada, 2000

L'OTAN ACCUEILLE LA RUSSIE

En mai 2002, les dirigeants des 19 pays qui font partie de l'Alliance atlantique et le président russe, Vladimir Poutine, ont scellé à Rome la création du nouveau conseil conjoint OTAN-Russie.

Au sein du nouveau conseil, la Russie est désormais un partenaire égal aux autres (bien qu'elle ne soit pas membre de l'OTAN à part entière), un partenaire qui aura son mot à dire en matière de lutte contre le terrorisme, de désarmement, de gestion de crises et de coopération militaire.

Il s'agit d'un événement très significatif pour cet organisme, créé peu après la Deuxième Guerre mondiale dans le but de contrer la menace communiste. Alors que l'ancien ennemi devient un partenaire, les membres de l'Alliance atlantique entendent maintenant lutter ensemble contre le terrorisme.

Ce rapprochement s'est largement intensifié depuis les attentats du 11 septembre 2001. Le président Poutine, se plaçant délibérément dans le camp des forces « du bien », prône un rajeunissement des systèmes de sécurité, estimant que ceux qui existent actuellement sont désuets et qu'ils ont ouvert la porte aux attentats terroristes.

 

« J'ai vu dans l'âme de Vladimir Poutine. »

- George W. Bush (2001)

 

 

 

Collaboration accrue avec les États-Unis, donc, où l'on verra Poutine deviser aimablement avec Bush, mais aussi avec les grands de l'Europe, car cette dernière est pour Poutine le partenaire de choix, où l'on espère trouver investisseurs et débouchés tout en gardant une saine indépendance.

 

La guerre en Tchétchénie

Dans l'optique du 11 septembre 2001 et de ses retombées, Vladimir Poutine a beau jeu d'abattre ouvertement ses cartes dans le conflit tchétchène. Il amalgame les velléités d'indépendance de la région aux intentions terroristes d'un ben Laden. Poutine compte ainsi poursuivre une répression sans merci, au nom du bien. Il a maintenant lui-même son «axe du mal», reprenant la terminologie de son homologue américain.

 

« Il s'agit vraiment du front de la lutte contre l'extrémisme islamiste.[…] Nous sommes témoins de la constitution d'une internationale fondamentaliste, une sorte d'arc d'instabilité qui va des Philippines au Kosovo. »

 

 

 

Poutine rejette toute négociation avec les rebelles tchétchènes

 

« À ceux qui, par bêtise ou bien consciemment, par peur des bandits ou bien par tradition d'apaisement, continueront de nous inciter à nous asseoir à la table des négociations avec des assassins, je propose d'entrer en négociation avec ben Laden ou avec le mollah Omar. »

Printemps sanglant en Tchétchénie
Site des nouvelles de Radio-Canada, mars 2000

Vladimir Poutine refuse de rencontrer Mary Robinson
Le Kremlin est irrité par les rapports divulgués sur les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité commis en Tchétchénie, avril 2000

Poutine exclut toute indépendance de la Tchétchénie
Site des nouvelles de Radio-Canada, 2000

Nouvelle offensive des forces russes en Tchétchénie
Site des nouvelles de Radio-Canada, 2000

 

Le conflit s'enlise donc, mais les Tchétchènes veulent rappeler au monde que l'horreur continue et qu'elle les concerne. En octobre 2002, les forces gouvernementales russes prennent d'assaut un théâtre moscovite où un commando tchétchène retient en otages depuis 60 heures quelque 800 personnes. L'opération se solde par la mort de 118 otages, dont l'imense majorité a péri après avoir inhalé le gaz utilisé par les forces spéciales russes, et par le décès de 41 membres du commando, dont le chef, Movsar Baraïev.

D'ailleurs, la nature du gaz utilisé portera à d'intenses spéculations. Bien qu'à l'étranger la méthode d'intervention choisie ait été fortement critiquée, en Russie, la population a plutôt appuyé le choix du président dans ce dossier et sa popularité s'en est trouvée renforcée.

 

Extrait de notre dossier : La guerre en Tchétchénie

[…] La guerre que mènent les Russes en Tchétchénie depuis 1999 ne ressemble en rien à une opération antiterroriste. Bombardant sans retenue des zones civiles, rançonnant les populations, pillant, violant et multipliant les exactions de toutes sortes sur leur passage, les forces russes ont plutôt l’air d’une armée d'occupation poursuivant une politique d’épuration ethnique. Et c’est spécifiquement cette guerre que la cinquantaine de terroristes du théâtre de la Doubrovka ont voulu transporter au cœur de Moscou afin de rappeler aux Russes et au monde entier la vraie nature des opérations antiterroristes de Moscou en Tchétchénie.


En résumé, dans ce nouvel ordre mondial en mouvance, la Russie de Poutine cherche sa place, entre démocratie et régime autoritaire. Le conflit qui menace d'éclater entre les puissances occidentales et l'Irak sera un test important de la nature et de la solidité des relations entre Poutine et les leaders des nations occidentales.

 
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