Nelson Rolihlahla Mandela

La lutte c'est ma vie


JOURNALISTE
Florence Meney

Un nom particulier

Le père de Mandela était un fervent admirateur de l'amiral anglais Horatio Nelson, un grand homme de guerre.

Rolihlahla signifie agitateur (celui qui crée des problèmes) en xhosa, langue d'un des plus importants peuples d'Afrique.

« Nous aspirions à devenir des Anglais noirs. »


Une enfance marquée de symboles

C'est le 18 juillet 1918 (année où se tient le congrès de Versailles), au mitan de l'hiver austral, dans un petit village de la région rurale du Transkeï, que voit le jour Nelson Rolihahla Mandela. Il est le fils de Gadla Henry Mphakanyiswa et de Noseki Fanny, et il est membre de la maison royale du peuple Thembu.

Le jeune Mandela grandit dans un milieu traditionnel africain, paisible et sans grand souci. Un traumatisme cependant : la famille se voit forcée de déménager à la suite d'un différend entre le père de Nelson et les autorités tribales. Celui-ci y perd son titre et sa fortune. La famille s'installe alors dans un village voisin, Qunu, où elle est entourée d'amis et de parents. C'est là que Nelson Mandela passera ses plus belles années.

Il a neuf ans lorsque son père meurt brusquement. Le régent du peuple Thembu le prend sous sa protection et devient son tuteur. L'enfant quitte la demeure familiale pour intégrer la résidence royale de Mqhekezweni, capitale du Thembuland. Il entame ses études en compagnie de frères et sœurs adoptifs.

Il fréquente ensuite le collège de Clarkebury, une institution anglaise. Ses professeurs remarquent son sérieux et sa prodigieuse mémoire. Il obtient son brevet en deux ans plutôt qu'en trois. Il étudie ensuite au lycée de Fort Beaufort. En 1938, il entre à la très renommée université de Fort Hare. À propos de cette période, Nelson Mandela a dit : « Nous aspirions à devenir des Anglais noirs ».

Ses matières : l'anglais, les sciences politiques, l'anthropologie. C'est là qu'il s'éveillera au raffinement intellectuel et à l'amour de l'étude, ainsi qu'à la complexité des rapports entre groupes ethniques.

Il a aussi son premier contact avec l'African National Congress (ANC) par l'entremise d'un de ses condisciples. Ce contact coïncide avec son premier geste de révolte : il s'oppose à l'administration de l'université sur une question de principe.

Il rentre chez lui, mais le destin semble avoir décidé qu'il est temps pour lui d'abandonner sa route tranquille : son tuteur veut le marier, ainsi que son frère adoptif. Tous deux décident de prendre la clé des champs.