George Harrison
                             L'étoile discrète des Beatles


JOURNALISTE
Florence Meney

 « Les Beatles existent en dehors de moi. Je ne suis pas vraiment George le Beatle. George le Beatle est comme un costume ou une chemise que j'endosse à l'occasion. Jusqu'à la fin de ma vie, des gens verront cette chemise et croiront, à tort, qu'il s'agit de moi. »

« Chaque âme est virtuellement divine, et le but est d'arriver à le refléter. »

 

 

E N  B R E F. . .

• Né le 25 février 1943 à Liverpool. Mort le 29 novembre 2001.
• Marié à Patricia Anne Boyd le 21 janvier 1966 (divorce en juin 1977).
• Remarié à Olivia Trinidad Arias le 7 septembre 1978.
• Père d'un enfant, Dhani, né en 1978.



I N T R O D U C T I O N

Les Beatles sont sans conteste le groupe musical le plus populaire de l'histoire de la musique rock. À son apogée, la « beatlemania » a touché jusqu'au recoin le plus obscur de la planète... ou presque.

Des « fabulous four », on a dit et écrit tant de choses, vraies ou non, qu'il est difficile d'obtenir une image claire de ce que peuvent avoir été leur vie, leurs rapports, leurs aspirations, surtout.

De George Harrison, le plus jeune des quatre membres du groupe, on a souvent dit qu'il était le « Beatle silencieux », le moins spectaculaire, une étoile pâle et douce à côté d'astres puissants tels Paul McCartney et John Lennon.

Pourtant, George Harrison a été le premier à produire un « tube » après le démantèlement du groupe en 1970, et ses talents de guitariste le placent parmi les plus grands.

Voici un aperçu de son parcours.

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Le bonheur dans la simpliticé, les années formatrices

George Harrison est le plus jeune des quatre Beatles. Il est né dans un foyer modeste, au 12, Arnold Grove.

D'un milieu pauvre, son père fut marin, avant de devenir chauffeur d'autobus. Sa mère venait d'une famille irlandaise du nom de French, et était catholique. Elle travaillait comme femme de ménage. Contrairement aux autres membres du groupe, dont les familles étaient plus ou moins stables, George a grandi dans un foyer calme et aimant, qui n'a pas connu la tragédie.

George avait deux frères, Harold Jr. et Peter, et une soeur, Louise. Cette dernière était beaucoup plus âgée que lui, et a quitté le domicile familial à 17 ans (il l'a peu connue). L'enfant profitait également de la présence de sa grand-mère maternelle, qui vivait à proximité et s'occupait de lui pendant que ses parents travaillaient. « Notre maison était minuscule, et il y faisait froid. Nous devions nous réfugier tous dans la cuisine, où se trouvaient le feu et le poêle. »

George Harrison raconte que la maison ne disposait pas de salle de bain. Les habitants étaient à l'étroit, mais le jeune garçon ne semblait pas en souffrir outre mesure. Dans le contexte de la guerre mondiale qui déchirait le continent, George Harrison raconte ses premiers souvenirs de raids aériens et d'abris où les gens se réfugiaient. Il avait moins de deux ans.

Malgré une vie assez pauvre, George Harrison semble garder de bons souvenirs de sa jeunesse à Liverpool, une ville qu'il décrit comme dynamique, vivante. Sa mère l'emmenait souvent avec elle au cinéma.

George a fait partie des scouts à un très jeune âge.

« I did not really like to go to school. » George était un élève médiocre, mais à l'école Dovedale Primary, il appréciait l'occasion de faire beaucoup de sport. John Lennon fréquente le même établissement, mais les deux ne se connaissent pas encore.

La famille quitte enfin son petit logement pour une maison toute neuve dans le quartier de Speke, en banlieue de Liverpool. George évoque son enfance avec bonheur, donnant l'impression que son entourage et sa famille savaient s'amuser, prendre la vie du bon côté. Il se souvient des vieux disques de sa mère, qu'il écoutait.

Il dit d'ailleurs : « Je ne comprends pas ceux qui disent n'aimer qu'un type de musique. En tant que Beatles, nous avons été influencés par toutes sortes de courants musicaux, et c'est tant mieux. »

Il fréquente ensuite le Liverpool Institute, où se trouve aussi Paul McCartney. À cette époque, il tombe malade (il a 12 ans). Une infection grave aux reins le cloue à l'hôpital pendant six semaines. C'est pendant cette maladie que sa famille se cotise pour lui acheter sa première guitare : « It was a real cheapo horrible little guitar, but it was OK. »

Son père avait joué de cet instrument dans la marine, mais il avait dû vendre la guitare pour se procurer de l'argent.

C'est un ami de son père, Len Houghton, qui lui apprend les rudiments de la musique. Il s'intéresse à un genre de musique folk, le skiffle.

Il est aussi fasciné par le rock' n' roll venu d'Amérique. George s'est par ailleurs lié d'amitié avec Paul McCartney, qui prend l'autobus avec lui régulièrement pour rentrer de l'école. Paul habite dans le voisinage et est un peu plus âgé que lui. Les premiers souvenirs de rock' n' roll de George remontent à l'époque de Fats Domino (I'm in love again). Elvis Presley, Little Richard et Buddy Holly l'influenceront beaucoup.

Une déception : il ne peut se payer le billet pour aller voir Bill Haley en spectacle. Paul, lui, trouvera l'argent.


Liverpool, ville où tout a commencé. Une ville de marins, de cols bleus, mais dont McCartney disait : on y entend parler de nouveaux musiciens avant partout ailleurs, car les marins y rapportent les derniers disques.

 

George et son frère Peter avaient formé un groupe, The Rebels. Comme ils étaient très jeunes, ils durent s'enfuir de la maison pour faire leur premier « spectacle ».

George n'a que 15 ans quand Paul l'intègre à son groupe de l'époque, les Quarrymen, une initiative de John Lennon.

Les parents de George réussissent à dissuader leur fils de se consacrer totalement à la musique aux dépens de ses études. L'interruption est toutefois de courte durée, et la passion reprend le dessus...

C'est le début d'une grande association musicale et amicale.