Boris Eltsine

Nouveau prince de l'Église

Accueil

Ascension au sein du Parti communiste

Le début de la fin

La présidence de la Russie

Vers l'autonomie

L'affrontement ouvert

La fin de l'URSS

La Russie de Boris Eltsine

Politique extérieure et intérieure

Un président malade

La résurgence communiste

La ronde des premiers ministres

La crise du Caucase

Boris Eltsine quitte le pouvoir

Hyperliens et bibliographie



JOURNALISTE
Richard Raymond

Ils ont dit...



« Malgré son autoritarisme, Eltsine nous a inculqué un
principe : le pouvoir ne s'octroie que par les urnes. »


Piotr Morozov.


 

 

La résurgence communiste

Le Parti communiste de Guennadi Ziouganov arrive en tête des élections législatives avec 22,3 % du suffrage exprimé. Un mois plus tard, le 16 janvier 1996, le président russe se débarrasse du vice-premier ministre, Anatoli Tchoubaïs. Le 15 février, malgré les sondages qui lui donnent seulement 5 % de la faveur populaire, le président annonce qu'il sollicitera un second mandat à l'élection présidentielle de juin. Il se présente comme le meilleur espoir pour sauver la démocratie et les réformes économiques, et promet de trouver une solution à la guerre en Tchétchénie, devenue très impopulaire. Le premier tour de l'élection présidentielle a lieu le 16 juin 1996. Boris Eltsine obtient 35 % des voix, contre 32 % pour le communiste Ziouganov.

Le 27 juin, le président suspend toutes ses activités. Le second tour des élections a lieu le 3 juillet, comme prévu, et les quelque 105 millions d'électeurs russes réélisent Boris Eltsine. Aussitôt, Boris Eltsine entre au sanatorium. Ses conseillers multiplient les explications contradictoires : extinction de voix, rhume, bronchite. Son absence durera trois semaines. Avant son départ du Kremlin, le président a rappelé Anatoli Tchoubaïs pour en faire le chef de son personnel, ce qui relance les spéculations sur la guerre de succession, qui serait en cours depuis juillet 1995. Au début d'août, le Kremlin fait savoir que le président souffre d'une « fatigue colossale » et a besoin de deux mois de plus de repos. On apprendra en septembre qu'il a été victime d'une attaque cardiaque juste avant le second tour de l'élection présidentielle. Il paraît pourtant en public le 9 août 1996 pour la cérémonie d'assermentation. L'homme de 65 ans est incapable de se mouvoir et d'articuler correctement. Ces symptômes et son visage boursouflé, de même que ses sautes d'humeur, laissent penser qu'il a plus que des problèmes cardiaques, qu'il faut compter avec son alcoolisme et la maniacodépression.

Boris Eltsine, diminué par la maladie, prête serment le 9 août 1996

Avant d'être un président malade, Boris Eltsine avait l'habitude de courir partout : magasins, usines, métro, et de faire des journées de 18 à 20 heures de travail. Il ne travaille plus que de deux à trois heures par jour au Kremlin ou à la maison, selon son porte-parole, et il signe les décrets à la douzaine. Le 14 août 1996, il se réserve le pouvoir de « réorganiser et supprimer » les ministères et de « nommer et limoger » les ministres.

Le 5 septembre, le chef de l'État russe annonce à la télévision qu'il subira une chirurgie cardiaque, mettant fin à deux ans de silence et de rumeurs sur son état de santé. Des semaines d'incertitude suivent. Les ennemis d'Eltsine parlent de vacance totale du pouvoir. Début novembre, le président subit un quintuple pontage coronarien à la suite d'un nouvel infarctus survenu fin août. Boris Eltsine ne rentrera au Kremlin qu'à la fin de décembre. Le pays est paralysé par les multiples grèves dues au non-paiement des salaires et des retraites. Le Fonds monétaire international (FMI) retarde le versement de crédits de 10 milliards de dollars américains alloués à la Russie parce que ses rentrées fiscales sont trop faibles. La situation continue de se dégrader en Tchétchénie. Eltsine doit aussi faire face, sur la scène extérieure, aux problèmes posés par l'élargissement de l'OTAN.

Nouvel ennui de santé en janvier 1997. Cette fois, c'est une pneumonie. Boris Eltsine sera resté loin du Kremlin huit mois. Avril marque son retour sur la scène internationale. C'est un homme amaigri — il a perdu 25 kilos — qui se rend à Helsinki rencontrer Bill Clinton.

Les présidents se serrent la main à Helsinki

Il signe en mai un accord de paix avec le chef des indépendantistes tchétchènes. En juillet 1997, Boris Eltsine assiste au Sommet du G7 à Denver. Il s'est également occupé personnellement des négociations de l'accord Russie-OTAN. Même s'il parle de « transférer le pouvoir à des successeurs plus jeunes », nommément les vice-premiers ministres Anatoli Tchoubaïs et Boris Nemtsov, il délègue très peu.

En août, Boris Eltsine lance une réforme monétaire avec l'émission, prévue pour janvier 1998, d'un nouveau rouble dans le but de lutter contre l'inflation endémique.


La Banque de Russie présente le nouveau rouble à la presse

Il se dit prêt aussi à signer un traité avec les autorités tchétchènes sur le statut de leur province, après sa rencontre avec le président Aslan Maskhadov. Le 21 août 1997, Eltsine réalise une promesse faite à l'OTAN en confirmant que les missiles stratégiques russes ne sont plus pointés sur les capitales occidentales. De plus, il prépare un plan avec le vice-premier ministre de l'Irak, Tarek Aziz, destiné à résoudre la crise qui oppose l'Irak à l'ONU.



Le président est hospitalisé de nouveau; il souffre d'une infection respiratoire aiguë. Il fait sa rentrée au Kremlin, le 21 janvier 1998, et s'en prend à ses ministres, qu'il accuse de ne pas avoir honoré l'engagement de son gouvernement de régler la totalité des arrérages de salaire.

En mars, le président Eltsine a de nouveaux problèmes de santé. Le Kremlin parle d'une infection respiratoire. Pourtant, le président, âgé de 67 ans, s'était déclaré en pleine forme 3 jours avant son hospitalisation. Sa maladie entraîne le report d'un sommet de la CEI.