Boris Eltsine

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JOURNALISTE
Richard Raymond

Il a dit...



« Je ne peux pas dire que les prix ne vont pas augmenter. Mais en tant que président je dois faire de sorte d'en minimiser les proportions. Je suis optimiste. »


« J'ai entendu souvent : Eltsine s'accrochera au pouvoir par tous les moyens, il ne le donnera à personne. C'est faux… Je pars. Je pars avant le délai prévu. »




 

 

 

L'affrontement ouvert

L'année 1991 marquera l'affrontement ouvert entre Eltsine et Gorbatchev. Dans la nuit du 12 au 13 janvier, l'armée soviétique prend d'assaut la tour de télévision de Vilnius, en Lituanie. L'armée tire sur les manifestants, faisant 14 morts et plus de 150 blessés. Gorbatchev hésite à aller plus loin et le régime lituanien sort renforcé de ce coup de force raté.

L'attaque de la tour de télévision de Vilnius marque un tournant dans l'histoire de l'URSS

Le 13 janvier, Boris Eltsine condamne l'attaque et reconnaît la souveraineté des États baltes, la Lituanie, l'Estonie et la Lettonie. Le 20 janvier, on manifeste à Moscou pour dénoncer le coup de force. En mars 1991, c'est le référendum sur l'Union qui retient l'attention. Le 9 mars, le projet d'Union est publié et le président russe invite ses partisans à faire la guerre au pouvoir central. Le 10 mars, quelque 300 000 Moscovites manifestent pour demander la démission de Gorbatchev et inciter la population à dire « non » à son référendum, prévu pour le 17 mars. Boris Eltsine est absent de la manifestation, mais ses partisans font jouer un enregistrement dans lequel il déclare que croire en Gorbatchev « a été une erreur et une perte de temps ».

En Russie, on tiendra en fait deux référendums le même jour. Le premier porte sur la conservation de l'Union. Le second, plus important pour Boris Eltsine, porte sur l'élection du président de la fédération de Russie au suffrage universel direct. La proposition sera entérinée à plus de 70 % par le peuple. La première élection présidentielle au suffrage universel est fixée au 12 juin.


Du 17 au 21 avril, le président russe fait une tournée en France, où il est accueilli assez froidement. Ce séjour montre que la France ne comprend rien à Boris Eltsine ni à la Russie. De retour à Moscou, il accepte le principe d'un nouveau texte du traité d'Union le 24 avril.

Le samedi 18 mai marque le lancement officiel de la campagne électorale en vue de l'élection présidentielle. Eltsine le réformateur aura pour adversaires principaux l'ancien premier ministre soviétique, Nikolaï Ryjkov, un conservateur, et l'ancien ministre de l'Intérieur de l'URSS, Vadim Bakatine.

Nikolaï Ryjkov, un des principaux adversaires de Boris Eltsine à l'élection du 12 juin 1991

La campagne électorale est marquée par les habituelles tentatives de désinformation. Cela n'empêchera pas l'électorat russe, le 12 juin 1991, de faire de Boris Eltsine, à 60 ans, le président de la fédération de Russie, composée de 18 républiques autonomes et de régions autonomes. Eltsine est le grand vainqueur, non seulement parce qu'il a gagné, mais aussi parce que son élection oblige Gorbatchev à se rallier à ses positions.

 

Boris Eltsine prête serment comme président de la fédération de Russie

Le président russe entreprend une tournée aux États-Unis. À son arrivée à Washington, il reconnaît à Gorbatchev le mérite d'avoir mis en route la perestroïka qui a conduit à l'élection du premier président russe au suffrage universel direct. Pendant ce temps, Mikhaïl Gorbatchev
subit les critiques de certains des membres les plus influents du Parti communiste. Le 10 juillet, Boris Eltsine est intronisé en grandes pompes en présence des représentants de toutes les républiques et avec la bénédiction du patriarche
de toutes les Russies.