Tony Blair
L'irrésistible ascension d'un bourgeois travailliste


JOURNALISTE
Florence Meney

 

 


Guerre en Irak : où sont les armes?

Dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001 qui ont sidéré l'Amérique, le gouvernement de Tony Blair s'est révélé l'allié le plus inconditionnel des États-Unis. Lorsque l'administration Bush, dans sa croisade mondiale pour éradiquer le terrorisme, prend pour cible le régime irakien de Saddam Hussein, Tony Blair résiste aux dissidences d'une partie de la communauté internationale et de son opinion publique, et il part en guerre aux côtés des États-Unis. La quête d'armes de destruction massive (ADM) en Irak constitue la principale justification à la guerre contre Saddam Hussein, mais des semaines après la fin officielle du conflit et malgré l'acharnement des États-Unis, les preuves se font attendre.

En Grande-Bretagne, Tony Blair est directement mis en cause dans la polémique des armes de destruction massive. Selon la chaîne de télévision BBC, le chef du gouvernement britannique aurait demandé à des « espions » de durcir un rapport sur la possession d'ADM par l'Irak afin de légitimer la guerre.

Washington a, de son côté, alimenté la polémique en admettant que Bagdad avait « probablement » détruit son arsenal avant le déclenchement des hostilités. Cette affaire culmine en Grande-Bretagne avec la mort de l'expert en armement britannique David Kelly. Le savant se retrouve sous les feux de la rampe après que la presse, aidée par le ministère de la Défense, eut révélé qu'il était la source principale du reporter Andrew Gilligan, de la BBC, qui, dans un reportage, a accusé le gouvernement Blair d'avoir « gonflé » la menace posée par l'Irak pour justifier la guerre. Convoqué devant la Commission des affaires étrangères de la Chambre des communes, David Kelly a déclaré aux députés ne pas être la « source principale » du journaliste de la BBC. Le 17 juillet, il disparaît de son domicile. Il est retrouvé sans vie le lendemain. Il s'est apparemment suicidé. Le gouvernement Blair voit sa côte de confiance baisser encore dans l'opinion publique, alors même que le premier ministre britannique fête, le 2 août 2003, le record de longévité au pouvoir des travaillistes : dans un sondage effectué peu après la mort du savant, 59 % des Britanniques ont indiqué que leur opinion de Tony Blair avait baissé depuis l'affaire David Kelly.