Sergio Vieira de Mello

« Aucun étranger ne peut aujourd'hui gouverner ce pays. Seuls les Irakiens peuvent le faire. Eux seuls ont la capacité et le droit d'administrer l'Irak. Plus cela prendra du temps, plus la frustration et l'impatience grandiront. »

« L'ONU fera le maximum pour aider l'Irak à réussir sa transition de la dictature à la démocratie. Nous sommes ici pour créer de nouvelles institutions représentatives dans ce pays. [Les Irakiens] voient dans l'ONU une source de légitimité pour les objectifs transitoires et à long terme en Irak. »

Un dernier adieu à Sergio Vieira de Mello

Le corps de Sergio Vieira de Mello est arrivé à Genève

Sergio Vieira de Mello nommé représentant spécial en Irak

Sergio Vieira de Mello nommé commissaire aux droits de l'Homme


EN BREF...

  • Né le 15 mars 1948 à Rio de Janeiro, Brésil.
  • Tué dans un attentat à la voiture piégée le 19 août 2003.
  • Diplomate onusien.


Né le 15 mars 1948 à Rio de Janeiro, Sergio Vieira de Mello a passé l'ensemble de sa carrière au service de l'ONU. Après avoir fait des études de philosophie à Paris et obtenu un doctorat d'État à la Sorbonne, il a fait ses premiers pas dans l'administration au Haut Commissariat pour les réfugiés à Genève, en 1969.


Il a ensuite obtenu des postes au Bangladesh, au Soudan, à Chypre, au Mozambique et au Pérou. Par la suite, il a notamment occupé la fonction de principal conseiller de la force des Nations unies au Liban (Finul), de 1981 à 1983, et aidé au retour des réfugiés cambodgiens dans leur pays en 1992. En 1994, il a dirigé les affaires civiles de la Forpronu, la force de l'ONU en Yougoslavie, au plus fort de la guerre en Bosnie, avant de devenir, pendant quelques mois, en 1996, coordinateur humanitaire pour la région des Grands Lacs en Afrique de l'Est. Il a été nommé en 1999 chef des affaires civiles de la Force de protection des Nations unies au Kosovo.

En octobre 1999, il a pris la tête de l'administration provisoire du Timor oriental, avant d'être nommé, en septembre 2002, haut commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme, fonction qu'il occupait toujours.

Le 23 mai dernier, Sergio Vieira de Mello avait été nommé par Kofi Annan au poste de représentant spécial des Nations unies en Irak. Une désignation qui intervenait au lendemain de l'adoption de la résolution levant les sanctions qui frappaient le pays depuis 1990. Le secrétaire général de l'ONU avait alors indiqué avoir choisi le Brésilien en raison de «son expérience unique de gestion de situations d'après-guerre au service de l'ONU dans le passé».

Pendant son mandat en Irak, limité à une période initiale de quatre mois, M. de Mello devait travailler de concert avec les Américains et les Britanniques pour coordonner l'aide humanitaire, la reconstruction et le retour à un État de droit. Il avait également pour mission de défendre les droits de l'homme et de «faciliter l'installation d'un gouvernement irakien représentatif et reconnu par la communauté internationale».

Lors d'une conférence de presse, le 24 juin dernier, le représentant spécial de l'ONU pour l'Irak avait répété que les Nations unies souhaitaient voir rapidement les troupes d'occupation américaines remettre le pouvoir aux Irakiens.

«Aucun étranger ne peut aujourd'hui gouverner ce pays. Seuls les Irakiens peuvent le faire. Eux seuls ont la capacité et le droit d'administrer l'Irak. Plus cela prendra du temps, plus la frustration et l'impatience grandiront, avait déclaré M. de Mello. L'ONU, avait-il ajouté, fera le maximum pour aider l'Irak à réussir sa transition de la dictature à la démocratie. Nous sommes ici pour créer de nouvelles institutions représentatives dans ce pays. [Les Irakiens] voient dans l'ONU une source de légitimité pour les objectifs transitoires et à long terme en Irak.».

Sergio Vieira de Mello a été tué le 19 août 2003 dans l'attentat à la voiture piégée qui a visé le quartier général des Nations unies à Bagdad. D'abord blessé, le diplomate onusien avait pu contacter l'extérieur grâce à un téléphone portable. Il avait alors indiqué que le plafond de son bureau, situé au deuxième étage de la bâtisse, s'était effondré et qu'une poutre de fer bloquait ses jambes et l'empêchait de bouger. Il est finalement décédé sous les décombres. Sergio Vieira de Mello avait 55 ans.