Des États pontificaux au Vatican

Histoire

image sur l'histoire du vatican
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Le Vatican est né des États pontificaux, envahis par l'armée italienne en 1870. Rome devient alors la capitale du nouvel État d'Italie. Le pape Pie IX, en fonction à l'époque, se réfugie au Vatican.

En 1871, le Parlement italien vote la « loi des Garanties », qui offre le territoire du Vatican au pape, mais à titre résidentiel seulement. Selon cette loi, le Vatican reste donc sous la gouverne de l'État italien. Pie IX et ses successeurs rejettent cette loi.

Les relations entre l'Église et le gouvernement italien se raffermiront tout de même dans les décennies suivantes, pour enfin aboutir à la signature, en 1929, des accords du Latran, par le secrétaire d'État d'alors, le cardinal Gasparri, et le chef du gouvernement italien, le général Benito Mussolini.

Les accords du Latran reconnaissent, d'une part, la souveraineté de l'État de la Cité du Vatican et, d'autre part, Rome comme étant la capitale de l'Italie.

Le nouvel État du Vatican se voit accorder ses propres services publics, entre autres une gare, un service postal et ses médias écrits et électroniques. Le pape devient le chef de cet État. L'Italie assure toutefois la protection du Vatican, et sa police a le mandat d'intervenir en cas d'incident sur la place Saint-Pierre.

Après la chute du gouvernement fasciste de Mussolini, après la Deuxième Guerre mondiale, en 1945, la nouvelle constitution italienne renforce les accords du Latran, et réaffirme l'indépendance et la souveraineté de l'État et de l'Église.



Institutions politiques

Le Vatican est une théocratie, dont le chef d'État est le pape. Celui-ci détient officiellement les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire de l'État de la Cité du Vatican.

Le pouvoir exécutif est cependant délégué à un gouverneur nommé. Ce gouverneur s'occupe également de la représentation diplomatique du Vatican auprès des instances internationales.

Quant au pouvoir législatif, il est exercé en collaboration avec la Curie romaine, qui agit comme secrétariat d'État, sorte de ministère des Affaires étrangères. C'est un cardinal qui occupe la position de secrétaire d'État.

L'État de la Cité du Vatican est distinct du Saint-Siège, c'est-à-dire l'ensemble des institutions de l'Église catholique romaine. C'est d'ailleurs le Saint-Siège qui représente le Vatican auprès de l'ONU, ce qui fait du catholicisme la seule religion représentée comme telle aux Nations unies.

Le Vatican n'est pas membre de l'Union européenne, mais entretient tout de même des liens quant à ses politiques douanières et monétaires.



Économie

Le Vatican tire ses revenus de la vente de ses timbres et des revenus provenant de ses placements immobiliers. Son budget est complété par une partie du denier de Saint-Pierre, c'est-à-dire l'ensemble des contributions annuelles des diocèses de partout dans le monde.

Seul le secteur économique tertiaire est représenté au Vatican, sous la forme d'activités bancaires. Le Vatican est considéré comme un paradis fiscal. Il est impossible d'obtenir de données précises au sujet de son PIB ou de son PNB.

Les revenus du Vatican ont totalisé 216 millions d'euros en 2002 (337 millions de dollars canadiens), pour des dépenses de 13,5 millions d'euros (21 millions de dollars canadiens). Le Vatican doit défrayer les salaires de quelque 3000 employés, dont 750 ecclésiastiques.

Le Vatican utilise l'euro comme monnaie officielle depuis 1999, à la suite d'une entente avec l'Italie et la Communauté européenne. Il ne peut cependant pas émettre de billets euro, mais seulement frapper des pièces de monnaie à l'effigie de la Cité du Vatican.



Une armée très colorée

Depuis près de 500 ans, la protection du Vatican est confiée à un corps d’armée confessionnelle très particulier, la garde suisse.

C’est en effet en 1506 que les 150 premiers mercenaires suisses arrivèrent à Rome pour y servir sous les drapeaux des États pontificaux. Le pape Jules II avait exigé l’embauche exclusive de hallebardiers suisses en raison de leur réputation d’être particulièrement fidèles et courageux.

Cette fidélité s’est d’ailleurs avérée juste, une vingtaine d’années plus tard, lors du « sac de Rome » par les troupes de l’empereur germanique Charles Quint. Pour protéger la fuite du pape Clément VII hors du Vatican, 147 gardes suisses se firent alors tuer.

De nos jours, toutefois, le quotidien de ces jeunes hommes, tous Suisses, catholiques, âgés de moins de 30 ans et à la réputation irréprochable, est essentiellement consacré à assurer, avec discrétion, la sécurité et l’ordre autour du pape.

Si certaines affectations des quelque 110 gardes suisses en service de nos jours au Vatican sont très discrètes, c’est lorsqu’ils sont en service d’honneur, portant l’uniforme classique, qu’on les remarque le plus.

Cet uniforme, dessiné selon la légende par Michel-Ange, se compose de pourpoints jaunes à bandes rouges et bleues, de hauts-de-chausses similaires, d’un casque métallique léger aux bords relevés, d’une cuirasse et d’une hallebarde ou d’une épée.



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