LA QUESTION ANGLOPHONE

Le processus des fusions municipales soulève depuis sa naissance l'opposition de plusieurs groupes dans la société québécoise. Les fusions inquiètent tout particulièrement la communauté anglophone du Québec, dont celle de l'île de Montréal, concentrée dans une quinzaine de villes annexées à Montréal en 2002. Ce sont d'ailleurs les citoyens de ces villes anglophones qui ont été parmi les premiers à s'organiser pour tenter de bloquer le processus des fusions municipales.

SAVIEZ-VOUS QUE...

Au Québec, on compte 91 villes ayant le statut de ville bilingue. C'est la Charte de la langue française, en 1977, qui a accordé ce statut spécial aux villes qui desservaient une majorité de citoyens parlant une langue autre que le français.


Pour les communautés anglophones, qui entretenaient des rapports étroits avec leurs administrations municipales, la réforme et les fusions revêtaient un caractère culturel et politique important, puisque ces villes jouissaient d'un statut bilingue depuis 1977. Ce statut leur conférait plusieurs droits particuliers comme celui d'utiliser une autre langue que le français dans leur domination officielle ainsi que dans leurs communications internes. Le statut de ville bilingue leur conférait également des droits spéciaux sur l'affichage public ainsi que la langue de travail des employés de ces villes.

En étant fondues dans des villes plus grandes à majorité francophone, comme Montréal par exemple, plusieurs villes anglophones perdaient la majorité anglophone qui leur conférait le statut de ville bilngue, selon la Charte de la langue française. De plus, selon les groupes défusionnistes, les fusions forcées privaient les villes bilingues de leur souveraineté municipale en plus d'amputer sérieusement leur pourvoir décisionnel.

Les villes bilingues

Selon la Charte de la langue française de 1977, les 91 municipalités québécoises qui obtenaient le statut de ville bilingue pouvaient offrir des services en anglais, afficher dans les deux langues et embaucher des employés unilingues anglophones. Les avocats représentant ces villes ont fait valoir que la fusion et la transformation de ces municipalités bilingues en simples arrondissements portaient atteinte aux droits linguistiques de la minorité anglophone, qui se voyait privée, selon eux, du seul niveau de gouvernement sur lequel elles avaient un contrôle.

Fondamentalement, les villes bilingues, Westmount en tête, expliquent qu'elles sont des institutions vitales pour le maintien et la promotion de la culture anglophone au Québec. Rôle qu'il leur est, semble-t-il, impossible d'assumer en étant des arrondissements plutôt que des villes.

Anciennes villes de plus de 5000 habitants possédant un statut bilingue sur l'île de Montréal

-Beaconsfield
-Côte-Saint-Luc
-Dollard-des-Ormeaux
-Dorval
-Kirklan
-Hampstead
-Lachine

           

-LaSalle
-Montréal-Ouest
-Mont-Royal
-Pointe-Claire
-Pierrefonds

-Roxboro
-Verdun
-Westmount

 

Un recul pour les anglophones

Peter Trent, ancien maire de Westmount, figure de proue du mouvement défusionniste.
À Montréal, 9 des 27 arrondissements créés par la réforme Harel ont obtenu un statut bilingue, garanti par la loi qui couvre la réforme. Par contre, les villes qui avaient une majorité de non-francophones pouvaient, avant la fusion, obtenir le statut de villes bilingues. Dorénavant, seules les municipalités qui auront au moins 50 % d'anglophones (les allophones sont exclus) pourront obtenir ce statut. Ainsi, on s'assure que la grande ville de Montréal ne deviendra jamais bilingue.



SAVIEZ-VOUS QUE...

Sur les 15 anciennes villes de l'île de Montréal possédant un statut bilingue, seules 6 d'entre elles possèdent aujourd'hui une majorité de citoyens anglophones, soit Beaconsfield, Côte-Saint-Luc, Hampstead, Montréal-Ouest, Pointe-Claire et Westmount.

Il n'en fallait pas plus pour provoquer la colère des villes anglophones, Westmount en tête, qui ont accusé le gouvernement du Québec de l'époque de vouloir les assimiler et de préparer le terrain pour un futur référendum. Des arguments invalidés par deux tribunaux (jugement Lagacé), qui ont chaque fois reconnu la constitutionnalité de la réforme municipale péquiste.

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