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Références


 

 

Les principales cultures génétiquement modifiées dans le monde (en 2001)

° Soja tolérant aux herbicides : 63 % du total des OGM.
° Maïs tolérant aux insectes : 11 %.
° Canola tolérant aux herbicides : 5 %.
° Coton tolérant aux herbicides : 5 %.
° Coton tolérant aux herbicides ET aux insectes : 5 %.
° Maïs tolérant aux herbicides : 4 %.
° Coton tolérant aux
insectes :
 4 %.
° Maïs tolérant aux herbicides ET aux
insectes : 
3 %.

En 2001, près du quart des cultures transgéniques poussaient dans des pays du tiers-monde
.

Les grands producteurs d’OGM (en 2001)

États-Unis : 68 % du total
Argentine :
22 %
Canada :
6 %
Chine :
3 %

Autres producteurs : Afrique du Sud, Australie, Mexique, Bulgarie, Uruguay, Roumanie, Espagne, Indonésie, Allemagne, Inde.

Source : International Service for the Acquisition of Agri-Biotech Applications

 

C’est en agriculture que les brevets sur le vivant risquent d’avoir l’impact le plus considérable.

En effet, les cultures transgéniques sont de plus en plus répandues. Dans le monde, la moitié du soja cultivé est transgénique. Au Canada, c’est le canola qui remporte la palme : chez les producteurs de canola, près de 80 % utilisent des variétés modifiées pour résister aux herbicides. Un exemple : le canola Roundup Ready, fabriqué par le géant Monsanto, contient un gène breveté qui lui permet de résister à l’herbicide Roundup, également manufacturé par Monsanto. L’entreprise produit aussi du soja, du maïs et du coton Roundup Ready.

Avant l’ère des OGM, il fallait d’abord détruire les mauvaises herbes au Roundup avant de pouvoir semer, ou encore utiliser des herbicides plus spécifiques mais plus coûteux. Les agriculteurs qui utilisent les semences Roundup Ready peuvent à la fois semer plus tôt et traiter leur champ au Roundup.

Lorsqu’un agriculteur achète des semences Roundup Ready, il doit signer un contrat avec Monsanto et s’engager à ne pas vendre, donner, échanger ou semer les graines obtenues après la récolte. Un contrat qui transforme les habitudes de nombreux agriculteurs qui produisent leurs propres graines.

C’était le cas de Percy Schmeiser, un producteur de canola de Saskatchewan. M. Schmeiser symbolise pour plusieurs la résistance des petits agriculteurs face aux géants du transgénique. En 1997, le champ de M. Schmeiser a été contaminé par du canola transgénique. M. Schmeiser a récolté les graines produites et les a semées l’année suivante.

Les inspecteurs de Monsanto ont découvert que du canola Roundup Ready poussait dans le champ de M. Schmeiser et l’entreprise l’a poursuivi pour violation de brevet.

Le juge de première instance a donné raison à Monsanto, et ce, même si personne n’a pu démontrer d’où provenaient les graines litigieuses. De plus, Percy Schmeiser n’a pas utilisé l’herbicide Roundup dans son champ. Il n’a donc pas profité de la capacité de ce canola à tolérer le Roundup. Mais pour le juge, le simple fait que le canola transgénique se trouvait dans le champ de Percy Schmeiser constituait en soi une violation du brevet. Le juge mentionne en outre que d’autres agriculteurs ont averti Monsanto lorsqu’ils ont découvert que des plants Roundup Ready contaminaient leurs cultures, ce que n’a pas fait Percy Schmeiser. Les juges de la Cour d’Appel ont confirmé le jugement de première instance.

Un jugement qui a indigné plusieurs agriculteurs et citoyens soucieux de l’avenir de l’agriculture. Ils s’inquiètent du pouvoir que les brevets sur les gènes confèrent à des entreprises comme Monsanto. En effet, les agriculteurs ont toujours eu le droit d’utiliser à leurs fins personnelles les semences qu’ils produisaient. Désormais, dès que des semences transgéniques sont vendues dans une région, tous devront agir en fonction des intérêts de l’entreprise qui a produit ces semences. Afin d’éviter des poursuites, les agriculteurs devront consacrer temps et argent à détecter une contamination dont ils ne sont pas responsables, et en avertir l’entreprise qui en est propriétaire.

   
 

 

 

 

 

 


©Radio-Canada.ca / Nouvelles - 2002

Dossier rédigé en octobre 2002