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Amies depuis 70 ans, sans jamais s'être rencontrées

Le reportage d'Azeb Wolde-Ghiorghis
Radio-Canada

L'archiviste Marthe Léger, de Bibliothèque et Archives nationales du Québec, a mis en contact une jeune Québécoise et une orpheline juive qui avaient correspondu après la Seconde Guerre mondiale, sans jamais se rencontrer.

Un reportage d'Azeb Wolde-GiorghisTwitterCourriel

Hélène M. Stevens (née Massicotte) et Marion Deichmann, deux femmes aux destins complètement différents, ont commencé à correspondre en 1946. À l'époque, Paris se relève de l'occupation nazie et subit pénuries et rationnement.

Judith Jasmin, journaliste à Radio-Canada, fait alors appel à la générosité des Québécois pour qu'ils viennent en aide aux orphelins juifs. 

À Montréal, Germaine Massicotte, femme de notaire, répond à l'appel lancé par Judith Jasmin. Elle envoie des colis à la jeune orpheline Marion Deichmann, dont la mère est morte durant la rafle du « Vel' d'Hiv », la plus grande arrestation massive de Juifs réalisée en France sous l'occupation allemande.  

Marion a 13 ans et vit avec sa grand-mère à Paris. Elle a le même âge que la fille de Germaine Massicotte, Hélène, avec qui elle commence une correspondance.

Les deux jeunes filles continuent de s'écrire jusqu'en 1959, soit pendant plus d'une décennie, puis finissent par se perdre de vue.

Mme Stevens confie une partie de leur correspondance aux Archives Nationales du Québec. Les lettres y sont conservées minutieusement.

60 ans plus tard, elles se retrouvent

Intéressée par l'histoire des deux femmes, l'archiviste Marthe Léger retrouve Marion Deichmann, qui vit aujourd'hui en France près de la frontière suisse. Elle s'active alors à mettre en contact les deux femmes aujourd'hui âgées de 84 ans.

Marion Deichmann a notamment écrit un livre, intitulé Je voudrais que son nom apparaisse partout : une enfant au cœur du génocide, qui retrace son histoire. L'ouvrage a été rédigé en hommage à sa mère.

Hélène Stevens découvre dans ce livre l'histoire de sa correspondante, qui lui était jusqu'alors inconnue, car Marion Deichmann faisait preuve de beaucoup de retenue dans ses lettres.

Aujourd'hui, grâce à Marthe Léger, les deux amies se parlent, en caressant le même rêve de se rencontrer un jour. 

Société