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La France d'après les attentats est-elle encore la même?

Un soldat français monte la garde au pied de la Tour Eiffel deux jours après l'attentat du Bataclan.

Un soldat français monte la garde au pied de la Tour Eiffel deux jours après l'attentat du Bataclan.

Photo : AMR NABIL

Radio-Canada

Le 13 novembre 2015, trois commandos terroristes prennent d'assaut divers lieux de Paris, dont la salle de spectacle Le Bataclan. Bilan : 130 morts et plus de 350 blessés. Après cet attentat sanglant, mais aussi après l'attaque contre Charlie Hebdo et celle du 14 juillet à Nice, la France a-t-elle changé?

Un texte de Mathieu GohierTwitterCourriel

Dans l'Hexagone, on ne se demande plus si un nouvel attentat terroriste se produira, mais où et quand. Devant ce triste constat, le gouvernement français a réagi en se dotant de mesures policières et de surveillance draconiennes, parmi les plus sévères d'Europe. L'état d'urgence dans le pays, en vigueur depuis novembre 2015, a aussi été prolongé jusqu'à la fin 2016.

Le pays des droits de l'homme serait-il en train de sacrifier ses principes démocratiques en échange de sa sécurité?

En entrevue à l'émission Les coulisses du pouvoir, l'ambassadeur de France au Canada, Nicolas Chapuis, estime que ces mesures antiterroristes font aujourd'hui l'unanimité.

« La demande de la population, de mes concitoyens, est clairement le besoin de protection. On le voit dans les déclarations des hommes politiques de tout bord. Dans le cadre des échéances électorales qui vont venir l'année prochaine, il n'y a pas un candidat qui dit vouloir moins de protection », explique-t-il.

Ces attentats, perpétrés par des islamistes radicaux, nourrissent-ils le racisme et la peur de l'autre en France? Nicolas Chapuis n'en est pas convaincu.

Je crois que de plus en plus de Français voient bien la distinction entre ce qui est la diversité de notre société et l'action terroriste qui met en cause ce que nous sommes.

Nicolas Chapuis, ambassadeur français au Canada

L'ambassadeur ne fait pas non plus de lien entre la crainte des Français pour leur sécurité et la popularité du Front national, le parti d'extrême droite dirigé par Marine Le Pen.

« La preuve n'en a pas été fournie électoralement. Le fait que le FN obtienne environ 25 % dans l'opinion existait bien avant janvier 2015 [au moment de l'attaque contre Charlie Hebdo] », dit-il.

L'ambassadeur français au Canada Nicolas Chapuis

L'ambassadeur français au Canada Nicolas Chapuis

Photo : Radio-Canada

À l'approche des élections présidentielles du printemps 2017, la question sécuritaire occupera sans doute une grande place. Toutefois, le représentant de la République française au Canada croit que le scrutin ne se jouera pas sur cette question.

L'économie et les questions sociales préoccupent davantage la population, estime M. Chapuis. « La question de la transition énergétique, la transition économique, le libre-échange, la manière dont nous allons construire la prospérité au 21e siècle restent au coeur des débats politiques. »

Le séisme Trump ressenti de l'autre côté de l'Atlantique

Au lendemain de la victoire de Donald Trump, la présidente du Front national a salué le triomphe du candidat républicain qui s'est fait connaître par ses déclarations incendiaires et xénophobes. Cette élection vient légitimer les prises de position du FN, affirme Marine Le Pen.

« J'ose répéter ici que l'élection de Donald Trump est une bonne nouvelle pour notre pays. Refus du [partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (traité de libre-échange entre les États-Unis et l'Europe, TAFTA en anglais)] et plus généralement d'une globalisation sauvage, pacification des relations internationales, notamment avec la Russie, désengagement des opérations belliqueuses qui sont à l'origine des grandes vagues migratoires mondiales dont nous sommes directement les victimes. Ces engagements, s'ils sont tenus, sont bénéfiques pour la France », soutient la candidate à l'élection présidentielle française.

Marine Le Pen, chef du Front national

Marine Le Pen, chef du Front national

Photo : La Presse canadienne / JACQUES BOISSINOT

Si l'ambassadeur de France au Canada reconnaît que la victoire de Trump trouve des échos dans son pays, il n'est pas sûr qu'il y aura un effet boule de neige.

« Il y a aujourd'hui clairement une interrogation à ce sujet, mais, en même temps, il est tout à fait possible que l'opinion en France prenne conscience après le Brexit et l'élection du président américain que ce que nous sommes ne correspond pas à cela », indique-t-il.

Nicolas Chapuis semble plus optimiste que son confrère aux États-Unis. Le soir de la victoire de Donald Trump, Gérard Araud écrivait sur Twitter « Après Brexit et cette élection, tout est désormais possible. Un monde s'effondre devant nos yeux. Un vertige. »

Le message a depuis été effacé, mais le malaise lui, risque de durer.

L'entrevue complète avec Nicolas Chapuis sera diffusée dimanche à 11 h (HE) à l'émission Les coulisses du pouvoir et en rediffusion à 12 h 30 (HE) sur ICI RDI.

Attentats terroristes à Paris

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