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1,5 milliard $ pour trois océans et le Saint-Laurent, est-ce suffisant?

Le fleuve-St-Laurent.

Le fleuve-St-Laurent.

Photo : Radio-Canada/Brigitte Dubé

Radio-Canada

En début de semaine, le gouvernement Trudeau a annoncé un investissement de 1,5 milliard de dollars pour la protection des océans. Le biologiste à la Société pour la nature et les parcs du Canada du Québec, Sylvain Archambault, s'en réjouit, mais se demande si c'est suffisant.

Un texte de Brigitte DubéTwitterCourriel d'après une entrevue réalisée par Maude Rivard à l'émission « Au coeur du monde »

Écoutez l'entrevue ici

« Ça fait longtemps qu'on attendait ça, dit-il. Reste à voir ce qui sera mis en pratique. »

Ottawa versera cette somme sur cinq ans dans le but notamment de restaurer et protéger les écosystèmes et les habitats marins et de financer la recherche et les méthodes de nettoyage, à la suite d'éventuels déversements d'hydrocarbures.

Cueillette de données dans le golfeAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Cueillette de données dans le golfe

Photo : Archives

« C'est une excellente nouvelle, estime Sylvain Archambault. On veut hausser les niveaux de protection, on veut améliorer les techniques et mieux outiller les communautés côtières. »

L'enthousiasme de M. Archambault est toutefois teinté d'un certain scepticisme.

1,5 milliard, pour les trois océans et le Saint-Laurent, est-ce que c'est assez?

Sylvain Archambault, biologiste à la Société pour la nature et les parcs du Canada section Québec

« Ce plan-là ne sort pas de nulle part », indique le biologiste. Il rappelle que dans un rapport publié en 2010, le commissaire à l'environnement et au développement durable avait beaucoup critiqué le Canada pour ses politiques de protection déficientes en cas de déversement en provenance de navires. En 2013, un comité d'experts avait remis un rapport dont s'inspire le plan d'action du fédéral.

Ainsi, M. Archambault estime que le plan véhicule de bons principes, mais se demande s'ils pourront être appliqués dans la réalité.

Une vague d'eau contenant du pétrole brut issu du déversement pétrolier de Deepwater Horizon dans le golfe du Mexique.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une vague d'eau contenant du pétrole brut issu du déversement pétrolier de Deepwater Horizon dans le golfe du mexique.

Photo : Dave Martin/Associated Press

Il cite pour exemple les cas de déversements pétroliers venant de navires. « Actuellement, il existe une caisse gérée par le gouvernement du Canada pour réparer les dégâts. Les compagnies y déposent de l'argent. Le gouvernement doit ensuite se faire rembourser par les compagnies fautives. Avec le nouveau plan de protection, on a enlevé le plafond de la caisse. »

Le gouvernement s'engage à payer pour les pots cassés, peu importe le montant. C'est très bien, mais ça peut devenir compliqué si la compagnie n'a pas les fonds nécessaires et si elle fait faillite.

Sylvain Archambault, biologiste à la Société pour la nature et les parcs du Canada section Québec
Le superpétrolier Minerva Gloria quitte Sorel-TracyAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le superpétrolier Minerva Gloria quitte Sorel-Tracy

Photo : Maurice Goneau

Par ailleurs, des critiques jugent que cette mesure est une première étape à l'autorisation de pipelines « Je ne dirais pas ça, nuance Sylvain Archambault. Actuellement, il passe 1600 pétroliers dans le golfe et la protection est déficiente. Ça va venir renforcer la sécurité. »

Ça vient combler un besoin criant maintenant. »

Sylvain Archambault, biologiste à la Société pour la nature et les parcs du Canada section Québec

Selon M. Archambault, en cas de déversements provenant de plates-formes pétrolières, la compagnie doit d'abord prouver qu'elle est capable de payer jusqu'à 1 milliard de dollars.

1600 pétroliers de 125 000 tonnes chacun transportent chaque année 20 millions de tonnes de pétrole sur le fleuve.

Système de sécurité maritime de classe mondiale

Un bénévole nettoie une plage des îles Canaries, en mai 2015, après le naufrage d'un pétrolier russe.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un bénévole nettoie une plage des îles Canaries, en mai 2015, après le naufrage d'un pétrolier russe.

Photo : BORJA SUAREZ / Reuters

Le plan prévoit aussi mettre sur pied un système de sécurité maritime de classe mondiale. « En gros, mentionne M. Archambault, on veut outiller les communautés et les impliquer pour qu'elles puissent réagir, cesser d'avoir des plans mur à mur et faire en sorte qu'ils soient mieux adaptés aux régions. Le système vise aussi à mieux connaître les courants marins, à ce que les communautés sachent quels navires passent à quel endroit et où il faudrait intervenir en priorité.

C'est assez ambitieux comme plan. Est-ce que ça va fonctionner? Il faut donner la chance au coureur.

Sylvain Archambault, biologiste à la Société pour la nature et les parcs du Canada section Québec

Le biologiste mentionne qu'il y a deux ans, Transport Canada a publié un rapport soulignant que les rives du golfe sont l'endroit le plus vulnérable aux déversements pétroliers au Canada.

Le gouvernement veut aussi créer un système de sécurité maritime qui permettrait d'améliorer la navigation responsable et la protection des eaux du pays. Le Canada possède le plus long littoral du monde.

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