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Élection de Donald Trump : quel sera l'impact sur l'industrie du bois d'œuvre?

Billes de bois manipulées par de l'équipement lourd

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Est-ce que l'élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis aura un impact dans les négociations de l'entente sur le bois d'œuvre avec le Canada? La question est grandement soulevée dans le Nord de l'Ontario.

Un texte de Sophie Houle-DrapeauTwitterCourriel

Les réactions des gens de l'industrie forestière en Ontario sont mitigées, alors qu'une cinquième guerre commerciale sur le bois d'oeuvre avec les États-Unis plane depuis plusieurs mois déjà.

Surpris de la victoire de Donald Trump, le PDG de White River Forest Products, Frank Dottori, ne croit toutefois pas que son arrivée à la tête du pays changera la nature des relations.

« Les Américains ont toujours protégé leur marché du bois d'oeuvre », dit-il. Le conflit perdure depuis 35 ans.

Je m'attendais que [Donald Trump] l'emporte et moi je pense que ça va aller mieux

Marc Goulard, copropriétaire de l'entreprise familiale Goulard Lumber

Les dernières années ont été difficiles pour l'entreprise familiale de Sturgeon Falls. Marc Goulard fonde beaucoup d'espoir sur les promesses électorales qu'a faites Donald Trump de relancer l'économie américaine. Le tout se traduirait par plus de ventes de bois d'oeuvre canadien, soutient-il.

Le professeur en politique forestière à l'Université Laval, Luc Bouthillier, partage cet avis. Il précise qu'un tel effet n'arrivera pas du jour au lendemain.

Imprévisible?

Pour sa part, le directeur adjoint de Portelance Lumber dans le Grand Sudbury, Eric Breton, craint que la personnalité volatile de l'homme d'affaires rende les négociations sur l'entente sur le bois d'oeuvre plus féroces.

J'ai bien peur que [l'arrivée de Trump dans les négociations sur l'entente sur le bois d'oeuvre] ne sera pas trop bon pour le Canada.

Eric Breton, directeur adjoint de Portelance Lumber

Il ne s'inquiète toutefois pas pour l'entreprise familiale de son père. Selon lui, les grandes entreprises seront plus affectées par les mesures plus restrictives et coûteuses anticipées.

Plus d'enquêtes

Luc Bouthillier redoute surtout que l'administration Trump fasse plus d'enquêtes sur l'industrie canadienne et ignore les quatre dernières où le Canada a démontré ses bonnes pratiques. Après les quatres disputes précédentes et la crise économique du secteur du bois d'oeuvre qui dure depuis 10 ans, « nos industries n'ont pas les poches bien profondes » explique-t-il.

Dans la foulée des négociations d'une nouvelle entente sur le bois d'oeuvre, les compagnies canadiennes pourraient devoir payer des tarifs d'exportation allant jusqu'à 25 %.

Une telle mesure serait dévastatrice pour l'industrie, croit Frank Dottori de White River Forest Products. C'est pour cette raison qu'il estime que les gouvernements doivent soutenir l'industrie. Les gouvernements fédéral et provinciaux ont d'ailleurs annoncé qu'ils appuieraient l'industrie dans une telle situation.

Mais Luc Bouthillier croit qu'il faut rester prudent. Cette aide gouvernementale, même si elle est justifiée par une politique commerciale américaine, pourrait justifier la thèse que les différents paliers de gouvernements canadiens appuient l'industrie avec des pratiques qui visent à baisser leurs frais.

J'ai l'impression que les Américains nous tendent un piège.

Luc Bouthillier, professeur de politique forestière à l'Université Laval

Le professeur à l'Université Laval s'attend d'ailleurs à ce que les Américains lancent une nouvelle enquête au début de l'année 2017.

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