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Fin des chirurgies oncologique du poumon à Drummondville

Un médecin procède à une chirurgie dans une salle d'opération.
Photo: Marie-Pier Bouchard
Radio-Canada

Les patients de Drummondville atteints d'un cancer du poumon devront dorénavant se faire soigner à l'extérieur de leur région. Radio-Canada a appris que le ministère de la Santé ordonne la fin de ces opérations de chirurgie oncologique à l'hôpital Sainte-Croix. La décision soulève l'ire de plusieurs dans la communauté.

Un texte de Jean-François DumasTwitterCourriel

Les opérations de chirurgie pour le cancer du poumon doivent cesser dans l'établissement au plus tard le 11 décembre, selon une lettre du ministère de la Santé acheminée au Centre universitaire intégré de santé et de services sociaux - Mauricie-Centre-du-Québec (CIUSSS-MCQ).

Un extrait d'une lettre acheminée au CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec sur l'arrêt des chirurgies oncologiques à l'hôpital Sainte-Croix de DrummondvilleUn extrait d'une lettre acheminée au CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec Photo : ICI Estrie

Un non-sens, dénonce le docteur Richard Laplante, l'unique chirurgien affecté à ces opérations dans la région.

« Je ne suis pas contre, en médecine, que l'on vérifie et que l'on contrôle ce que l'on fait pour être certains que l'on offre un service de qualité. Mais de là à couper, ça, je ne suis pas d'accord », déplore-t-il.

Des dizaines d'opérations à l'extérieur

Environ une quarantaine de ces interventions chirurgicales sont actuellement effectuées à Drummondville chaque année. Les patients seront dorénavant dirigés dans un centre désigné, comme Trois-Rivières. Le ministère de la Santé invoque la consolidation des réseaux de cancérologie pulmonaire de la province pour justifier cette décision.

« Encore une fois c'est la preuve de la régionalisation des services vers les grands centres. Les personnes, quand elles sont rendues avec un cancer, il me semble que la dernière chose que tu veux faire, c'est de te déplacer à 75 kilomètres pour aller faire ton traitement », mentionne le vice-président régional à la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN, Claude Audy.

Selon M. Audy, cette directive du ministère est toutefois incompatible avec le discours tenu par les autorités régionales de la santé. Ces dernières nient en effet procéder à une centralisation des services vers les plus grandes villes.

Selon le syndicat, la liste d'attente en oncologie est actuellement d'environ trois ou quatre mois à Trois-Rivières. La fin des opérations chirurgicales à Drummondville n'améliorera pas ce bilan.

« Là, on va ajouter du temps sur la liste d'attente. Je trouve ça aberrant et c'est encore un impact sur la population », déplore le syndicaliste.

Un maire déçu des autorités de la santé

Cette décision déçoit aussi le maire de Drummondville, Alexandre Cusson. Le politicien, qui milite pour que le Centre-du-Québec obtienne une direction autonome des soins de santé, se dit inquiet pour les patients.

Alexandre Cusson, maire de Drummondville, en entrevue dans su bureauAlexandre Cusson, maire de Drummondville Photo : ICI Estrie/Jean-François Dumas

« Ce sont les services à la population dans la ville de leur choix qu'ils n'auront plus. J'ai l'impression de retrouver le Drummondville des années 70, où dès qu'il y avait quelque chose on devait aller vers l'extérieur, vers Montréal, Sherbrooke ou Québec. Retourne-t-on en arrière? Ça, c'est préoccupant », lance le premier magistrat.

Au ministère de la Santé, on affirme plutôt que cette nouvelle façon de faire permettra aux patients d'avoir accès à la meilleure expertise possible pour faire face à leurs problèmes de santé.

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