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Vous pourriez être le prochain commissaire aux langues officielles!

Qui sera le prochain?
Qui sera le prochain? Photo: iStock
Radio-Canada

Le poste de commissaire aux langues officielles du Canada est officiellement ouvert. Le gouvernement fédéral en a fait l'annonce, jeudi dernier. Contrairement aux années passées, le prochain commissaire ne sera pas nommé, mais sélectionné parmi une liste de personnes qui auront soumis leur candidature.

Un texte de Angie BonenfantTwitterCourriel

L'offre d'emploi s'adresse à tous les Canadiens, sans exception, peu importent leur âge, leur sexe ou leur lieu de résidence.

Le gouvernement espère que cette nouvelle façon de faire, basée sur le mérite, permettra de rendre le processus de sélection plus transparent.

Il y a une ferme volonté, depuis l'arrivée au pouvoir des libéraux, de mettre fin aux nominations partisanes.

C'est en utilisant une formule semblable que le gouvernement de Justin Trudeau a nommé, récemment, neuf sénateurs indépendants et un juge de la Cour suprême.

Fin de mandat pour Graham Fraser

Le commissaire aux langues officielles Graham Fraser quitte ses fonctions le 16 décembre.Le commissaire aux langues officielles Graham Fraser quitte ses fonctions le 16 décembre. Photo : Radio-Canada

L'actuel commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, demeure en poste jusqu'au 16 décembre. Les candidats à sa succession doivent soumettre leur candidature au plus tard le 2 décembre.

Le profil idéal...

Le processus de nomination est ouvert à tous, mais n'est pas commissaire aux langues officielles qui veut...

On devine par la description du poste que le gouvernement est à la recherche de la personne la plus compétente possible. Il existe, toutefois, certains incontournables, des critères de sélection que les recruteurs ne peuvent ignorer, selon nos experts.

Martin Normand, chercheur postdoctoral à la Chaire de recherche sur la francophonie des politiques publiques de l'Université d'Ottawa, et Sylviane Lanthier, présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada, nous brossent le portrait du commissaire aux langues officielles idéal.

1. La personne choisie doit être francophone 

« Il y a toujours eu une alternance chez la personne qui occupe le poste de commissaire aux langues officielles entre quelqu'un dont la langue maternelle est le français et quelqu'un dont la langue maternelle est l'anglais », avance Sylvianne Lanthier. « Puisque M. Fraser avait l'anglais comme langue maternelle, la prochaine personne choisie devrait avoir le français comme langue maternelle. »

« J'ajouterais même que ce serait préférable que cette personne soit un francophone de l'extérieur du Québec et de l'Ontario », soutient Martin Normand. « Tous les commissaires depuis la création du poste [en 1970] proviennent de ces deux provinces. Dans un souci de représentation régionale, il serait bien que le prochain commissaire provienne d'une province autre que l'Ontario et le Québec. »

2. Le commissaire doit bien connaître la Loi sur les langues officielles

Ce niveau de connaissance doit être assez élevé, indique M. Normand. Le prochain commissaire doit parfaitement savoir ce qu'il peut utiliser dans ses fonctions et les faiblesses de la Loi.

« Il y a beaucoup de faiblesses dans la Loi sur les langues officielles; il serait plus que temps d'agir sur plusieurs de ces dimensions-là », dit-il. « Je dirais même que le prochain commissaire doit être au fait de ces faiblesses avant même de rentrer en poste. »

3. Le commissaire doit bien connaître les communautés francophones

Mme Lanthier déplore que ce critère n'apparaisse pas dans l'offre d'emploi du gouvernement. Il est important, selon elle, que le prochain commissaire, peu importe d'où il vient, connaisse à fond les communautés francophones et acadienne.

« La loi ne comprend pas seulement l'offre de services en français; elle comprend l'aspect développement des communautés francophones », rappelle-t-elle. « Plus quelqu'un connaît les différentes communautés du pays, plus cette personne sera capable de contribuer à leur développement. »

4. Le commissaire doit être plus incisif

« On a senti que M. Fraser n'était pas celui qui voulait pousser à fond certains dossiers. Il préférait faire la promotion des langues officielles plutôt que de la protection », soutient M. Normand. « Le prochain commissaire doit être plus proactif. Il doit être prêt à collaborer avec certaines institutions, mais également prêt à foncer quand il le faut. »

« Dans son dernier rapport sur Air Canada, le commissaire Fraser a eu un ton beaucoup plus tranchant que dans d'autres rapports », indique-t-il. « Je pense que le prochain commissaire devra adopter ce ton beaucoup plus tranchant à plusieurs reprises dans l'avenir s'il veut faire avancer ses dossiers. »

5. La personne choisie ne doit pas être un ami du parti

« Il doit y avoir l'apparence que ce n'est pas une nomination ou une récompense à un bon ami libéral, surtout dans un contexte où le gouvernement Trudeau déçoit beaucoup quant aux langues officielles », indique M. Normand.

« On ne sent pas que le premier ministre est très proactif. Il hésite quand vient le temps de discuter des langues officielles, des critères de bilinguisme pour les juges de la Cour suprême ou du prochain plan d'action sur les langues officielles. »

Un candidat qui est très collé à l'appareil libéral laisserait entendre qu'il ne s'éloignerait pas beaucoup des positions actuelles du gouvernement Trudeau, dit-il. Et cela renforcerait le sentiment de laisser-faire dans le dossier des langues officielles.

Ottawa-Gatineau

Politique fédérale