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Cinq « défis » de planification urbaine à Halifax

Radio-Canada

À première vue, plusieurs sont charmés par la ville d'Halifax, en Nouvelle-Écosse, mais certains choix de planification urbaine ne font pas l'unanimité.

Un texte d'Olivier LefebvreTwitterCourriel

La professeure de sociologie et d'anthropologie à l'Université Dalhousie, Martha Radice, a relevé cinq lieux où Halifax est un peu moins charmante.

Sa thèse de doctorat en études urbaines portait sur l'expérience des citadins dans leur ville et sur les sentiments d'appartenance urbains.

Elle fait une distinction importante entre l'esthétisme et le côté pratique d'un édifice ou d'un lieu public.

L'édifice Bell Alliant ne passe pas inaperçu.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'édifice Bell Alliant ne passe pas inaperçu.

Photo : Radio-Canada/Olivier Lefebvre

1. L'édifice Bell Alliant

Chose certaine, cet immeuble fait beaucoup parler de lui à Halifax. Difficile de le manquer en raison de sa dimension importante, il est situé au bout de la rue commerciale Spring Garden.

Malgré son air d'une autre époque, Martha Radice n'est pas catégorique.

Peut-être qu'il serait moins laid dans un autre contexte.

Martha Radice, professeure de sociologie et d'anthropologie à l'Université Dalhousie

Si c'était possible, elle voudrait qu'on le déménage à côté du centre commercial Scotia Square et du vieux Palais des congrès « pour qu'il rejoigne les vieux édifices en béton. »

Son plus grand défaut, selon elle, est celui de cacher une des richesses d'Halifax : son front de mer.

« S'il n'était pas là, on pourrait voir l'océan en descendant la rue Spring Garden », illustre-t-elle.

La rue Young entre les rues Robie et Windsor, à HalifaxAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La rue Young entre les rues Robie et Windsor, à Halifax

Photo : Radio-Canada/Olivier Lefebvre

2. Le secteur commercial de la rue Young

Cette zone située entre les rues Robie et Windsor au nord d'Halifax, à l'extérieur du centre-ville, regroupe un supermarché, des chaînes de restauration rapide et des petits commerces, entre autres.

On dirait que c'est le début de la banlieue commerciale, mais c'est dans le noyau urbain.

Martha Radice, professeure de sociologie et d'anthropologie à l'Université Dalhousie

À un jet de pierre du centre-ville où il est facile et agréable de faire ses courses à pied, Martha Radice se désole que le quartier se soit transformé en « royaume de la voiture. »

Ce type de planification urbaine est pratique pour les automobilistes, mais pour les piétons, c'est un désastre, selon elle.

Le trottoir est loin des commerces en raison des grands stationnements. « On se retrouve dans un autre logique de contact avec les bâtiments. On ne peut pas voir les gens à l'intérieur. »

La faculté des sciences naturelles sur le campus de l'Université DalhousieAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La faculté des sciences naturelles sur le campus de l'Université Dalhousie

Photo : Radio-Canada/Olivier Lefebvre

3. La faculté des sciences de la nature de l'Université Dalhousie

Il s'agit d'un autre édifice en béton comme plusieurs, mais la plupart des salles ne semblent pas avoir de fenêtres, fait remarqué Martha Radice.

« Une bonne partie des pièces semblent être situées sous la terre, au sous-sol, ce qui ne donne pas envie d'y entrer », confesse-t-elle.

L'échangeur Cogswell est situé au sud du centre-ville d'Halifax.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'échangeur Cogswell est situé au sud du centre-ville d'Halifax.

Photo : Radio-Canada/Olivier Lefebvre

4. L'échangeur Cogswell

Ce n'est, encore une fois, pas l'esthétisme qui dérange le plus Martha Radice, mais surtout l'aspect pratique pour le piéton qui a été complètement mis de côté lorsque l'échangeur a été construit, selon elle.

Ce lien routier a été pensé seulement en fonction des automobiles.

Martha Radice, professeure de sociologie et d'anthropologie à l'Université Dalhousie

Elle croit que la ville d'Halifax devrait prendre exemple sur Montréal qui a détruit l'échangeur du Parc/des Pins, près du Mont-Royal et de l'Université McGill, il y a plusieurs années déjà.

Plusieurs arbres ont été ajoutés et des intersections qui donnent la place aux piétons ont été réinstaurés.

Le bâtiment de Nova Scotia Power est situé sur le front de mer d'Halifax.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le bâtiment de Nova Scotia Power est situé sur le front de mer d'Halifax.

Photo : Radio-Canada/Olivier Lefebvre

5. L'édifice de Nova Scotia Power

Ce n'est pas l'édifice qui dérange Martha Radice, mais l'endroit où il a été construit.

Situé sur le front de mer, un des endroits les plus prisés autant par les touristes que les locaux, il vient « couper l'expérience piétonne du front de mer. »

« C'est rébarbatif comme édifice, ce n'est pas évident qu'il y a quelque chose d'intéressant derrière », dit-elle.

Le bâtiment est voisin du marché fermier et du Quai 21, situés au sud de la ville.

Le vieux revient à la « mode »

Martha Radice ne croit pas que l'on devrait juger les bâtiments en raison de leur âge ou de leur esthétique.

Le vent tourne, particulièrement pour les bâtiments aux allures vieillot.

« Je pense qu'on est dans une période où l'on commence à percevoir de la nostalgie pour l'esthétisme moderniste des édifices bruns et en béton », analyse la professeure.

Elle croit plutôt que c'est la qualité de la construction d'un bâtiment qui en déterminera sa beauté ou sa laideur.

Acadie

Urbanisme