•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'Ontario entame sa première Semaine de reconnaissance des traités 

Traité No. 9 négocié en 1905-1906, également appelé Traité de la baie James. Il couvre une grande partie du Nord de l'Ontario.

Traité No. 9 négocié en 1905-1906, également appelé Traité de la baie James. Il couvre une grande partie du Nord de l'Ontario.

Photo : Archives publiques de l'Ontario

Radio-Canada

Les Ontariens doivent mieux comprendre la signification des traités conclus entre la couronne et les Autochtones. C'est l'objectif de la Semaine de reconnaissance des traités qui se déroule jusqu'au 12 novembre. Que disent ces traités et pourquoi est-il important de les comprendre? 

Un texte de Stéphany LaperrièreTwitterCourriel

« En Ontario, nous sommes toutes et tous liés par les traités » a affirmé la première ministre Kathleen Wynne lorsqu'elle a présenté ses excuses aux peuples autochtones à la suite du dépôt du rapport de la Commission de vérité et réconciliation du Canada sur les pensionnats autochtones. 

C'est à cette occasion qu'un projet de loi pour souligner les 46 traités et ententes qui lient l'Ontario aux Premières Nations a été présenté et adopté à l'unanimité. 

Nous voulons que les gens comprennent l'importance des traités et les obligations qu'ils comportent pour les deux côtés

David Zimmer, ministre ontarien des Relations avec les Autochtones et de la Réconciliation

La première semaine de novembre est ainsi devenue la Semaine de reconnaissance des traités.

Carte de l'Ontario en 1931 montrant les traitésAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Carte de l'Ontario en 1931 montrant les traités

Photo : Archives publiques de l'Ontario

Partage des terres

Les traités par lesquels les peuples autochtones ont concédé des terres à la Couronne en Ontario ont été signés entre 1781 et 1921.

Par ces ententes, les communautés autochtones acceptaient de vendre une partie de leurs terres en échange de certains biens ou avantages, notamment des paiements annuels, des parcelles réservées et protégées par la Couronne et certains droits de chasse et de pêche. 

L'objectif était de partager la terre et de bénéficier de ce partage. L'intention n'a jamais été de laisser les Premières Nations vivre dans la pauvreté sur des petites réserves mises en place par les traités

Martin Bayer, avocat chez Weaver Simmons
Autochtones en canot (vers 1915).Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Autochtones en canot (vers 1915).

Photo : Archives publiques de l'Ontario

Il déplore que les droits conférés par ces traités aient été interprétés restrictivement et n'aient pas été ajustés au fil du temps de manière à assurer un partage équitable des terres. 

« Une fois par an, vous allez au bureau du conseil de bande pour récupérer votre 4$... ça n'a jamais été l'intention de nos pères fondateurs qui ont négocié les traités », dit l'avocat membre de la Première Nation M'Chigeeng de l'Île Manitoulin. 

« Pourquoi soutiendrions-nous une entente qui a permis à un côté de s'enrichir tandis que l'autre s'est appauvri ? », demande-t-il.

Extraits de traités en Ontario 

Revendications particulières 

Le ministre David Zimmer reconnait que les gouvernements n'ont pas toujours rempli leurs obligations envers les peuples autochtones au cours des années.

Il explique que les nouvelles générations réétudient maintenant les traités et demandent que les engagements qu'ils contiennent soient respectés.

Les Premières Nations peuvent déposer des griefs à cette fin, appelées revendications particulières.

Il existe actuellement une cinquantaine de ces revendications particulières en cours de négociation en Ontario.

Ouvriers du chemin de fer et membres de Premières Nations (vers 1915)Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Ouvriers du chemin de fer et membres de Premières Nations (vers 1915)

Photo : Archives publiques de l'Ontario

Reconnaitre les droits

Selon le professeur au Département d'études autochtones à l'Université Lakehead, Dennis McPherson, les traités n'ont fait que reconnaître des droits qui existaient déjà.

Les traités disent que nous allons partager les richesses et les ressources de la terre. Il n'est pas écrit que ces traités créent des droits. Nous avions ces droits avant tout contact avec les Européens

Dennis McPherson, professeur au Département d'études autochtones à l'Université Lakehead 

Il ne faut donc pas selon lui pas circonscrire les droits autochtones aux mots contenus dans les traités.

Par conséquent, il aborde avec prudence la Semaine de reconnaissance des traités.

« Je ne vois pas de problème dans le fait d'avoir une semaine de reconnaissance des traités. J'y vois un problème si cette semaine répand une propagande. Il faut se distancier de la politique et reconnaître ce que les traités sont vraiment », dit-il.

« D'un côté, il y a la perspective selon laquelle les traités sont les instruments juridiques qui ont éteint les droits autochtones. De l'autre, il y a celle selon laquelle les traités sont des outils de relation entre des peuples autonomes qui se sont entendus pour partager la terre et les ressources du Canada. (...) Réconcilier ces deux perspectives pose un grand défi aux citoyens et aux législateurs du Canada ».

Source: Encyclopédie canadienne

Membres de Premières Nations (vers 1915)Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Membres de Premières Nations (vers 1915)

Photo : Archives publiques de l'Ontario

Raison d'être

Lorsqu'il aborde l'importance de comprendre les traités qui existent en Ontario, David Zimmer donne en exemple les conflits qui entourent la pêche sur le lac Nipissing.

« Cet enjeu est couvert par le traité et il y a différentes interprétations sur la façon dont il devrait être réglé », dit le ministre.

Le ministre David Zimmer affirme que des discussions entre la Première Nation Nipissing et la province sont en cours à ce propos.

Tenter de résoudre ces conflits est « la raison d'être de la Semaine de la reconnaissance des traités », poursuit-il.

De son côté, l'avocat Martin Bayer rappelle que la Première Nation Nipissing tente simplement de continuer de faire ce qu'elle a toujours fait: gérer et protéger les ressources.

Juste parce qu'ils ont conclu un traité, ça ne veut pas dire qu'ils ont laissé tomber leur droit de continuer de faire ce qu'ils ont à faire pour la survie de leur peuple

Martin Bayer, avocat chez Weaver Simmons

Selon lui, la Semaine de reconnaissance des traités permettra de rappeler aux Ontariens qu'il existait des peuples avec leur propre culture et gouvernance avant même que ces traités ne soient conclus.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Nord de l'Ontario

Autochtones