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Le nombre de collisions avec des cerfs de Virginie augmente dans la Baie-des-Chaleurs

Le cerf de Virginie règne sur l'île d'Anticosti.

Le cerf de Virginie règne sur l'île d'Anticosti.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Radio-Canada

Le nombre de collisions entre les cerfs de Virginie et les véhicules a augmenté de près de 50 % durant une période de sept mois dans la Baie-des-Chaleurs, entre 2015 et 2016.

Selon les informations d'Isabelle Larose

Selon Marc Dugas, qui relève du ministère des Transports (MTQ) pour récupérer les carcasses, 269 cerfs morts ont été récupérés entre le 1er avril et le 1er novembre 2015, de Matapédia à Gascons.

Cette année, c'est plutôt 397 animaux qui ont été récupérés durant la même période, ce qui représente une augmentation de 48 %. Ces données correspondent aux bêtes récupérées le long de la route 132 et de quelques routes secondaires. Le Ministère n'est pas responsable des carcasses qui se trouvent sur les routes.

Le nombre de carcasses récupérées dans la Baie-des-Chaleurs dépasse largement celles récupérées partout en Gaspésie. Pour toute l'année 2015, Le MTQ calcule 432 bêtes mortes uniquement sur le territoire de New Carlisle contre 33 ailleurs tout autour de la péninsule. 

Écoutez les explications d'Isabelle Larose lors de l'émission Au coeur du monde avec Maude Rivard

Nombre de collisions avec des cerfs de Virginie augmente dans la Baie-des-Chaleurs

Cerfs de Virginie de plus en plus nombreux en bordure des routes?

Comme le climat hivernal est moins rigoureux dans la Baie-des-Chaleurs qu'ailleurs dans la péninsule, près de 85 % de la population gaspésienne des cerfs de Virginie se trouvent dans les MRC d'Avignon et de Bonaventure.

La hausse du nombre de collisions avec les véhicules s'explique par le changement récent de l'habitat du cerf de Virginie. Historiquement, l'animal ravageait dans les milieux forestiers, un habitat semblable à celui de l'orignal.

Un cerf de Virginie

Un cerf de Virginie

Photo : iStock

Un peu d'histoire

Avant les années 90, le cheptel était estimé à 12 000 cervidés en Gaspésie. Toutefois, les collisions étaient très rares.

Puis, la population a chuté de façon drastique pour atteindre tout juste 1000 cerfs autour de la péninsule, rappelle le responsable de la faune et biolobiste au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, Martin Dorais

La succession d'hivers rigoureux, la multiplication du nombre de coyotes et l'infestation de la tordeuse du bourgeon de l'épinette qui a causé des modifications dans son habitat expliquent ce déclin.

Conséquence : la chasse a été interdite durant neuf ans. 

La populations a migré vers les zones périurbaines, où les prédateurs étaient moins nombreux et la nourriture plus facile à trouver, notamment dans les champs cultivés. De plus, plusieurs résidents se sont mis à nourrir les cerfs dans leur cour arrière, sachant que la population était menacée.

Les cerfs de Virginie ont donc commencé à vivre à l'année à proximité des maisons et des terres agroforestières souligne M. Dorais.

Par ailleurs, le nombre d'orignaux a considérablement augmenté depuis les années 1990 et les coyotes sont toujours bien présents en forêt, ce qui ne favorise pas le retour du cerf en milieu forestier. Les cerfs se sont multipliés sans retourner en forêt.

C'est ce qui explique leur présence en bordure des routes depuis au moins cinq ans.

Aujourd'hui, la population de cerfs de Virginie est estimée à près de 10 000 individus en Gaspésie.

À l'Atelier de débosselage Carleton, durant certaines périodes de l'année, c'est près de 60 % du chiffre d'affaires qui est lié aux collisions avec les cerfs de Virginie.

À l'Atelier de débosselage Carleton, durant certaines périodes de l'année, c'est près de 60 % du chiffre d'affaires qui est lié aux collisions avec les cerfs de Virginie.

Photo : Radio-Canada/Isabelle Larose

Tôle froissée

À l'Atelier de débosselage Carleton, les véhicules accidentés à la suite d'une collision avec un cerf représentent une source de revenus « non négligeable », selon le propriétaire Carol Fugère. Durant l'automne, il estime que plus de la moitié des véhicules qui entrent dans son atelier sont accidentés en raison d'une collision avec un cerf de Virginie.

Selon les estimations de M. Fugère, les coûts moyens d'une réparation suivant une collision avec un cerf s'élèvent au moins à 6 000 $.

Le travailleur forestier de Carleton-sur-Mer, Gaétan L'Italien, a frappé un cerf le 11 octobre dernier.

Les frais de réparation se sont élevés à 11 000 $ sur sa camionnette flambant neuve. « C'est un véritable fléau, ce n'était pas comme ça il y a 10 ans », affirme M. L'Italien qui estime voir des dizaines de chevreuils chaque jour en se rendant au travail.

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