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Incendies de Fort McMurray : les besoins d'aide psychologique des francophones sont grands

L'incendie qui a ravagé Fort McMurray en mai 2016.

L'incendie qui a ravagé Fort McMurray en mai 2016.

Photo : CBC

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Six mois après les incendies de Fort McMurray, l'Acadienne Angelina Gionet espère que les gouvernements de l'Alberta et du Nouveau-Brunswick investiront davantage dans l'aide en santé mentale pour les francophones qui ont vécu des traumatismes.

La Croix-Rouge a déjà annoncé qu'elle a dépensé 178 millions de dollars pour aider plus de 58 000 victimes de ces feux. De cette somme, l'organisme estime que 15 % de cette somme a été investie dans les ressources communautaires.

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick, comme d'autres gouvernements provinciaux, a aussi envoyé des professionnels de la santé mentale et des psychologues pour épauler les professionnels albertains.

Toutefois, l'aide est encore insuffisante pour les francophones selon la directrice générale de l'Association canadienne-française de l'Alberta (ACFA), Angelina Gionet.

Angelina Gionet sourit et est émue.
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Angelina Gionet est la directrice de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) de Wood Buffalo.

Photo : ICI Radio Canada

Des besoins importants chez les francophones

Selon la Santé publique de l'Alberta, près du quart des résidents de la municipalité, plus de 20 000 personnes ont déjà fait appel à des professionnels de la santé mentale à la suite des événements. Il s'agit d'une augmentation considérable, puisque la région reçoit normalement une moyenne de 1200 appels par an. 

La directrice de l'ACFA, Angelina Gionet, qui est originaire d'Allardville au Nouveau-Brunswick, espère que le gouvernement investira davantage pour aider les francophones victimes de stress post-traumatique. Elle dit avoir rencontré des Acadiens là-bas qui sont incapables d'avoir accès à des services qui conviennent à leurs besoins. 

« Moi j'ai appliqué pour avoir un projet en santé mentale parce qu'il y a un énorme besoin chez les francophones. J'ai commencé ça en juillet, mais le problème que j'ai rencontré, c'est que nous n'avons pas un [numéro de charité]. En créant un partenariat avec un autre organisme francophone, j'ai pu avoir un peu d'argent mais ca commence » dit-elle. 

Selon elle, la barrière linguistique est un obstacle important qui s'ajoute aux difficultés financières et sociales des sinistrés. 

« Le ministère de la Santé vient toutefois de nous approuver une coordonnatrice des soins en santé qui vient nous aider dans la communauté, pour aider à coordonner les soins. C'est un pas vers l'avant », dit-elle. 

Stress post-traumatique dans la communauté 

La chercheuse et professeure de psychologue de l'Université Laval, Geneviève Belleville, a mené une étude en mai dernier visant à déterminer si des personnes ayant fui l'incendie de forêt, en mai, ont souffert du syndrome de stress post-traumatique (SSPT). 

Pendant trois semaines, deux de ses collègues chercheuses ont mené des entrevues auprès de 50 habitants de cette ville du nord de l'Alberta. Environ 300 autres résidents ont rempli un questionnaire en ligne portant sur leur santé mentale. 

Selon elle, il est normal que plusieurs mois après les événements, des gens vivent encore avec les images de dévastation et éprouvent des problèmes d'insomnie.

« On avait une majorité de gens qui rapportaient des symptômes post-traumatiques significatifs. Nous avons pu observer la sévérité de l'insomnie chez ces gens. 60 % d'entre eux pouvaient avoir vécu un symptôme post-traumatique provisoire. Les gens sentent qu'il y a une pression à être fort et résilient mais en réalité, ils ressentent de la détresse », dit-il. 

Le feu qui a ravagé la ville de Fort McMurray a forcé l'évacuation rapide de 90 000 personnes. Selon le Bureau d'assurance du Canada, la tragédie a coûté tout près de 3,58 milliards de dollars.

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Acadie