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Allégations de fraude à la SIQ : le monde politique préoccupé

Agnès Maltais, députée du Parti québécois, Carlos Leitao, ministre au gouvernement libéral, et François Legault, chef de la Coalition avenir Québec

Agnès Maltais, députée du Parti québécois, Carlos Leitao, ministre au gouvernement libéral, et François Legault, chef de la Coalition avenir Québec

Photo : RADIO-CANADA

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les échanges se sont déroulés à couteaux tirés lorsque les révélations d'Enquête au sujet d'allégations de fraude impliquant la Société immobilière du Québec (SIQ) et des collecteurs de fonds du Parti libéral du Québec (PLQ) ont surgi à la période des questions, jeudi à Québec.

Un texte de Mathieu DionTwitterCourriel correspondant parlementaire à Québec

« Combien d'argent sale de cette fraude historique s'est retrouvé dans les coffres du Parti libéral? », a tonné Agnès Maltais, porte-parole du Parti québécois (PQ) en matière d'éthique et d'intégrité. Mme Maltais a exigé du premier ministre le déclenchement d'une vérification sur son parti.

Malgré les questions répétées à l'endroit de Philippe Couillard, c'est le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, qui a pris la défense du gouvernement, se limitant à reprendre nos informations voulant que l'Unité permanente anticorruption poursuive son enquête et que le Directeur des poursuites criminelles et pénales étudie le dossier.

« Je trouve ça pitoyable parce qu'on est devant des principes absolument fondamentaux d'indépendance et de séparation des pouvoirs. Et on dit en pointant du doigt comme ça : "Allez-vous intervenir dans des enquêtes?" », a répondu M. Coiteux.

Le ministre de la Sécurité publique du Québec, Martin CoiteuxAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le ministre de la Sécurité publique du Québec, Martin Coiteux

Photo : RADIO-CANADA

En mêlée de presse un peu plus tard, son collègue Carlos Leitao s'est dit plus inquiet.

Ce qui est montré dans ce reportage, c'est des transactions très troublantes et des cas de fraudes majeures.

Une citation de :Carlos Leitao, ministre des Finances du Québec et président du Conseil du Trésor

S'il s'est fait avare de détails, M. Leitao a néanmoins affirmé que la SIQ a été avertie des problèmes en 2012 par la Sûreté du Québec et que des changements ont été mis en place depuis. L'année suivante, la SQI a fusionné avec Infrastructure Québec pour devenir la Société québécoise de l'infrastructure.

Que fait la Société immobilière du Québec?

La SIQ gère tous les bureaux du gouvernement du Québec, sauf les espaces des réseaux de la santé et de l'éducation. Il s'agit de 1 million de mètres carrés d'espace.

Quelle est la nature de la fraude alléguée?

Le pdg de la SIQ de 2003 à 2008, Marc-André Fortier, et les collecteurs de fonds libéraux William Bartlet, Franco Fava et Charles Rondeau auraient fraudé l'institution pour 2 millions de dollars entre 2004 et 2006. Il s'agirait de la plus importante fraude dans une société d'État de l'histoire du Québec, selon le lieutenant à la retraite de l'UPAC Christian Plourde.

L'enquête complète : Allégations de fraude impliquant des collecteurs de fonds du PLQ

Un lien à clarifier entre Bartlet et Couillard

Le chef du PQ, Jean-François Lisée, est d'avis que ces allégations viennent s'ajouter à un dossier « qui était déjà extrêmement épais ». Aux dires de M. Lisée, le premier ministre devra répondre à de nombreuses questions.

« Ce sont des personnes qui étaient très proches du Parti libéral », a-t-il remarqué, soulignant que l'une d'entre elles – William Bartlet, en l'occurrence – avait travaillé comme organisateur de M. Couillard lorsque celui-ci s'est fait élire pour la première fois dans la circonscription de Jean-Talon. « C'étaient des rouages essentiels du Parti libéral de l'époque; où sont-ils maintenant? », a-t-il demandé.

Peu surpris par ces allégations, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a invité Philippe Couillard à admettre ce qu'il savait dans ce dossier. « Il faut qu'il arrête de dire que le ménage a été fait, que tout est réglé, a-t-il affirmé. De toute évidence – au moins à la SIQ –, on n'est pas allé au fond du dossier. »

Le porte-parole de la CAQ en matière d'efficacité de l'administration publique, Éric Caire, s'est d'ailleurs interrogé en Chambre sur la nature exacte des liens entre MM. Couillard et Bartlet.

Tous les partis ont dit vouloir attendre la diffusion du reportage télévisé d'Enquête jeudi soir avant de faire des propositions.

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