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L'UQAM sort de son mutisme dans le dossier Marie-Ève Maillé

Une éolienne.

Une éolienne.

Photo : iStock / iStock/Joe Gough

Radio-Canada

Interpellée par une de ses professeures associées qui estime avoir été laissée à elle-même, l'UQAM sort de son mutisme et promet maintenant « d'intervenir dans les procédures judiciaires » auxquelles elle doit faire face.

Un texte de Ulysse BergeronTwitterCourriel

L'UQAM est cependant avare de détails et ne dit donc pas si elle apportera ou non une aide directe à Marie-Ève Maillé qui fait l'objet d'une ordonnance de cour lui enjoignant de transmettre à une entreprise les noms des participants à une étude effectuée dans le cadre de son doctorat.

Éoliennes de l'Érable veut obtenir l'identité des 93 participants que la chercheuse a interrogés et savoir s'ils sont « pour ou contre son projet » éolien. L'étude portait sur la détérioration du climat social dans les communautés où son parc éolien a été construit.

Dans une communication qui s'adresse au corps enseignant, la direction de l'établissement avance qu'à « la lumière des nouvelles informations portées à son attention, l'UQAM a continué de soutenir le principe du respect de la confidentialité des données de recherche en prenant la décision d'intervenir dans les procédures judiciaires ».

Toutefois, elle ne précise pas la forme que prendra cette intervention.

Cette ordonnance de la Cour supérieure s'inscrit dans le cadre d'un recours collectif qui oppose des citoyens à l'entreprise dans lequel Marie-Eve Maillé devait agir à titre de témoin expert.

L'UQAM soutient d'ailleurs avoir déjà aidé, par le passé, la chercheuse dans sa défense en lui proposant, lors d'un entretien téléphonique en novembre 2015, de se retirer du dossier en tant que témoin expert, ce qu'elle a effectivement fait quelques semaines plus tard.

« À la suite du retrait de cette expertise, l'UQAM croyait que ce dossier était réglé », plaide d'ailleurs l'UQAM dans son communiqué.

Notons qu'entre-temps, en janvier 2016, le juge Marc St-Pierre avait émis l'ordonnance.

Marie-Ève Maillé affirme d'ailleurs, dans un courriel envoyé à Radio-Canada, avoir justement informé l'UQAM, en mars 2016, de ce développement.

« Malgré le fait que je n'étais plus témoin expert, une ordonnance de la cour et une mise en demeure d'Éoliennes de l'Érable pesaient toujours contre moi », a-t-elle écrit à Radio-Canada.

« L'administration de l'UQAM ne peut pas prétendre ne pas avoir été au courant de ma situation lorsqu'elle m'a répondu trois jours plus tard », précise-t-elle.

Marie-Eve Maillé ne veut pas commenter outre mesure la position de l'UQAM.

Elle dit vouloir concentrer efforts et énergies à la défense de la confidentialité de ses données de recherche, « même si j'ai à le faire sans l'appui de mon institution ».

Depuis le début de la semaine, des représentants de l'UQAM sont en contact avec les instances qui encadrent la recherche universitaire au pays: le scientifique en chef du Québec et le Secrétariat sur la conduite responsable de la recherche. « Les discussions sont cordiales », indique Jenny Desrochers porte-parole de l'UQAM.

Cette ordonnance constitue une première juridique qui inquiète la communauté scientifique canadienne. Elle estime que la démarche de l'entreprise Éoliennes de l'Érable à l'endroit de cette professeure associée de l'UQAM pourrait porter atteinte à la confidentialité des sources universitaires, risquant du coup de freiner la participation des citoyens aux recherches canadiennes.

Société