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Immigration francophone : les chiffres se maintiennent, mais loin des 7 % souhaités

Immigration francophone

L'immigration francophone au Canada

Photo : iStockPhoto.com

Radio-Canada

Le Manitoba accueille plus de 400 immigrants francophones chaque année depuis le début des années 2010. Ces chiffres, toutefois, n'ont jamais dépassé 4 % du nombre total d'immigrants qui s'installent dans la province. Un taux qui reste loin de la cible de 7 %, établie par la province et la communauté il y a dix ans.

Un texte de Camille Gris RoyTwitterCourriel

Depuis 2002, le nombre d'immigrants francophones au Manitoba a quadruplé. Dans la dernière décennie, les chiffres se sont maintenus avec certaines variations.

La baisse observée en 2013-2014 s'explique par le fait qu'il y a moins de familles nombreuses qui viennent s'établir dans la province, selon Brigitte Léger, coordonnatrice du programme d'immigration au World Trade Centre Winnipeg.

« Une nomination [dans le cadre du programme Candidats des provinces] représente le requérant principal et sa famille, s'il en a une, explique-t-elle. On a vu que les candidats sont de plus en plus jeunes. Ce ne sont plus les mêmes pères de grandes familles, mais plutôt des célibataires, des jeunes couples sans enfants, des professionnels. »

Une cible ambitieuse

Depuis 2006, la province projette d'augmenter progressivement l'immigration de francophones, pour atteindre 7 %. « Le premier ministre [Gary Doer] avait annoncé cette cible. Pour nous, c'était une bonne nouvelle, mais pas un chiffre facile à atteindre », raconte Daniel Boucher, président-directeur général de la Société franco-manitobaine (SFM).

Pour l'instant toutefois, les immigrants francophones n'ont pas dépassé 3,8 %.

Immigrants francophones accueillis au Manitoba depuis 2010.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Immigrants francophones accueillis au Manitoba depuis 2010.

Photo : Radio-Canada

Le ministre provincial de l'Éducation et de la Formation, Ian Wishart, aussi responsable de l'Immigration, soutient que la province est « engagée à faire venir le plus d'immigrants francophones possible ». Il reconnaît que l'objectif de 7 % est « ambitieux », mais que « c'est une cible vers laquelle on travaille, phase par phase ».

Daniel Boucher croit que ce 7 % doit être pensé comme un but à plus long terme, sans échéancier déterminé, qui ne va pas se réaliser « du jour au lendemain ».

On ne veut pas que ce soit du jour au lendemain. On veut être prêt, on veut un taux de rétention élevé.

Daniel Boucher, PDG de la Société franco-manitobaine

Il ajoute qu'il faut avoir les ressources en place pour accueillir autant de personnes. « Les gens qui viennent ici ont besoin d'un logement adéquat, d'emplois. Il y a aussi des défis dans le système d'éducation. »

Salwa Meddri, coordonnatrice du Réseau en immigration francophone au ManitobaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Salwa Meddri, coordonnatrice du Réseau en immigration francophone au Manitoba

Photo : Radio-Canada

Salwa Meddri, coordonnatrice du Réseau en immigration francophone (RIF) au Manitoba, partage ce point de vue : elle estime qu'il y a un manque sur le plan des services pour aider les immigrants francophones, au-delà de l'établissement. Elle cite un sondage réalisé par le RIF : « Ça démontre que nous avons énormément de services d'information et d'aiguillage, mais pas [pour la suite]. »

[Il faut donner] plus d'importance à l'aspect humain et à l'aspect réussite et intégration du nouvel arrivant dans nos diverses communautés.

Salwa Meddri, coordonnatrice du Réseau en immigration francophone au Manitoba

Daniel Boucher note de plus que ce qui a manqué dans les dernières années, c'est une stratégie commune entre le fédéral, le provincial et les communautés locales en immigration francophone.

« Il y a un peu eu des hauts et des bas, souligne-t-il, des changements de gouvernements, des changements de politiques. Ça ralentit les choses [...]. Ce qui fait en sorte qu'on n'a jamais eu une stratégie vraiment stable. » Toutefois, il dit noter une « bonne volonté » de la part du gouvernement fédéral.

Une rencontre au printemps

Sur la scène nationale, par ailleurs, les provinces et territoires se sont entendus en juillet pour atteindre une cible de 5 % d'immigration francophone hors Québec. Un sommet du fédéral et des ministres de l'Immigration et des Affaires francophones aura lieu en mars 2017, pour déterminer « les moyens d'action à prendre » en ce sens.

Ian Wishart, ministre de l'Éducation et de la Formation du Manitoba, aussi responsable de l'ImmigrationAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Ian Wishart, ministre de l'Éducation et de la Formation du Manitoba, aussi responsable de l'Immigration

Photo : Radio-Canada

Le ministre Ian Wishart affirme qu'il prendra part à ces discussions. « Et nous soutiendrons les autres provinces qui veulent aussi augmenter leurs taux [d'immigrants francophones] », dit-il. Il soutient, de plus, que le Manitoba est déjà en bonne posture par rapport à d'autres régions au pays. « On a quand même de bons services, des universités; ce n'est pas toutes les provinces qui ont ça. »

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