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Rénovation de l'école Allain St-Cyr de Yellowknife : la communauté demande un délai

École Allain St-Cyr à Yellowknife dans les Territoires du Nord-Ouest
École Allain St-Cyr à Yellowknife dans les Territoires du Nord-Ouest Photo: Mark Rendell/CBC
Radio-Canada

Après plus de dix ans d'attente pour obtenir des rénovations dans l'école Allain St-Cyr à Yellowknife, la communauté francophone demande un délai d'un an au gouvernement afin de chercher davantage de financement. 

Un texte de Camille FeireisenTwitterCourriel

Le président de la Commission scolaire francophone des Territoires du Nord-Ouest (CSFTNO), Simon Cloutier, soulève un paradoxe. Après une longue bataille judiciaire entre le gouvernement et la CSFTNO pour agrandir l'école Allain St-Cyr, la communauté demande un peu de temps pour obtenir des constructions qui répondent mieux aux besoins des élèves.

Présentement, nous utilisons cinq classes dans l'école anglophone qui est située à côté de la nôtre. Avec ce que propose le gouvernement, nous n'aurons que deux classes de plus de taille standard, ce qui reste insuffisant.

Simon Cloutier, président de la Commission scolaire francophone des TNO

Le gouvernement a promis deux salles de classe pour les élèves à besoins spécifiques, deux salles de classe de taille standard et un gymnase dont la taille sera comprise entre 404 mètres carrés et 476 mètres carrés si la CSFTNO parvient à obtenir plus de financement extérieur, par exemple de la Ville.

Simon Cloutier explique que pour attirer et garder des élèves au secondaire, il faudrait un gymnase plus grand, d'au moins 500 mètres carrés. « Nous perdons beaucoup d'élèves une fois arrivé au secondaire dans les écoles francophones », soutient-il.

Pour obtenir davantage de financement, l'Association des parents ayant droit de Yellowknife (APADY) et la CSFTNO ont examiné les possibilités auprès de Patrimoine canadien. Le ministère stipule qu'il peut aider à couvrir certaines dépenses, à condition toutefois qu'il y ait des espaces communautaires dans les établissements.

C'est au gouvernement de faire la demande auprès de Patrimoine canadien, puisqu'il est propriétaire de l'école.

Une longue bataille judiciaire pour obtenir des droits

  • 2005 : L'APADY demande la pleine gestion des admissions et l'agrandissement de leurs écoles.
  • 2008 : Le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest (GT.N.-O.) met en place une directive ministérielle sur l'admission des élèves qui doivent répondre aux trois critères de l'article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés (Nouvelle fenêtre).
  • 2012 : L'APADY et la CSFTNO, qui la rejoint dans sa requête, obtiennent gain de cause devant les tribunaux.
  • Janvier 2015 : La Cour d'appel des T.N.-O. revient sur la décision et nie la pleine gestion des admissions et l'agrandissement de leurs écoles. Seul l'agrandissement de l'école Allain St-Cyr est maintenu.
  • Octobre 2015 : Le dossier monte jusqu'à la plus haute instance judiciaire du pays, la Cour suprême du Canada, qui refuse d'entendre leur cause.
  • Été 2016 : Le gouvernement assouplit les critères d'admission des élèves dans les écoles francophones, en ajoutant trois critères, à condition toutefois que les écoles ne soient pas remplies à plus de 85 %, sans quoi il faut demander l'autorisation du ministère de l'Éducation.

Le GT.N.-O. veut aller de l'avant

Le ministre Éducation, Culture et Formation (MÉCF), Alfred Moses, dit que le gouvernement veut d'abord avancer dans la construction et soumettre la demande à Patrimoine canadien dans une deuxième phase.

Dans une lettre adressée à l'APADY et datée du 31 octobre, le ministre précise que le gouvernement « axera d'abord ses efforts uniquement sur le volet éducatif de la proposition ». En d'autres termes, il n'est pour l'instant pas question de faire attendre les projets de construction.

Autant attendre plus longtemps pour obtenir une seule enveloppe couvrant toutes les dépenses pour les constructions nécessaires, estime Jacques Lamarche, président sortant de l'APADY.

On propose au gouvernement de faire des économies, là tout sera perdu. Si les constructions sont faites maintenant puis que la proposition est acceptée par Patrimoine canadien, ils vont détruire un mur qu'ils ont bâti, pour mettre quelque chose de neuf, puis détruire encore.

Jacques Lamarche, ancien président de l'APADY
Jacques Lamarche, président sortant (le 23 octobre) de l'APADY et la nouvelle présidente, Océane Coulaudoux.Jacques Lamarche, président sortant (le 23 octobre) de l'APADY et la nouvelle présidente, Océane Coulaudoux. Photo : Mark Rendell/CBC

Le ministre se montre toutefois intéressé à poursuivre les discussions avec la communauté francophone. « C'est pourquoi nous continuerons à vous appuyer pour faire avancer ces dossiers dans le cadre d'une prochaine phase de construction », indique-t-il.

Il explique son refus d'accorder un délai par une prudence nécessaire, étant donné que Patrimoine canadien ne donnera sa décision sur le financement que plus tard. Il souligne aussi être prêt à examiner les propositions de la CSF et de l'APADY si ces dernières préparent une demande auprès de Patrimoine canadien.

La CSFTNO reconnaît toutefois que le ministère de l'Éducation a fait des efforts pour écouter leur demande, notamment en s'engageant à aller plus loin que ce qui avait voté par le tribunal en janvier 2015. Au départ, seuls un gymnase et deux salles de classe pour les élèves aux besoins spécifiques ont été acceptés.

Le drapeau franco-ténoisLe drapeau franco-ténois Photo : Radio-Canada/Geneviève Normand

« L'entente avec ce ministre est meilleure qu'avec le précédent, c'est certain », estime Simon Cloutier. Difficile cependant de comprendre pourquoi il refuse de prendre le temps nécessaire pour regarder une proposition qui pourrait lui faire économiser de l'argent, selon lui.

Le gouvernement a aussi invoqué sa situation fiscale serrée cette année, fait savoir la directrice générale de la CSFTNO, Yvonne Careen.

La CSFTNO a jusqu'à la mi-janvier pour trouver des fonds supplémentaires avant que le gouvernement ne lance son appel d'offres pour commencer les rénovations.

Les T.N.-O. offrent l'instruction française dans deux écoles : l'École Allain St-Cyr, à Yellowknife, et l'École Boréale, à Hay River. Les deux établissements accueillent des élèves de la maternelle à la 12e année.

Alberta

Éducation