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Anticosti : Pétrolia s’adresse au tribunal pour forcer Québec à accélérer le pas

Un site d'exploration pétrolière sur l'île d'Anticosti.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Pétrolia poursuit le gouvernement du Québec dans le dossier de l'exploration pétrolière sur l'île d'Anticosti. L'entreprise accuse le ministère de ne pas lui accorder une modification à l'un de ses certificats d'autorisation, forçant la mise en veilleuse des travaux de préparation du site de forage exploratoire.

Un texte de Léa BeauchesneCourriel et de Bernard BarbeauTwitterCourriel

La requête, dite « mandamus », qui a pour objectif de forcer les autorités à faire leur travail, a été déposée lundi. Elle vise plus précisément David Heurtel, ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

La semaine dernière, la compagnie dénonçait des retards administratifs injustifiés dans le traitement de sa demande de modification.

La demande de modification, déposée au mois d'août, permettrait à Pétrolia de déplacer le puits du site Jupiter sur Anticosti d'un kilomètre et demi.

Pétrolia souhaite ainsi éviter la construction d'un pont sur la rivière Jupiter, une rivière à saumon. Pétrolia estime que ce nouveau site minimiserait les impacts du forage sur l'écosystème en plus de diminuer les coûts.

Paradoxalement, alors que la demande de modification vise à diminuer l'empreinte environnementale, le ministre [de l'environnement David] Heurtel en a sciemment retardé l'analyse d'une manière qui met aujourd'hui à risque la progression et la réalisation du Programme Anticosti.

Pétrolia, dans une requête déposée en Cour supérieure

Les travaux de préparation devaient s'amorcer il y a deux semaines, mais le gouvernement tarde à lui accorder cette modification, dit l'entreprise.

De plus, pour obtenir l'autorisation demandée, Pétrolia doit maintenant attendre la fin d'une nouvelle consultation avec la communauté innue d'Ekuanitshit. Or, la consultation ne s'est amorcée qu'il y a deux semaines, près de deux mois après que Pétrolia eut accepté cette démarche.

L'entreprise avait donné son accord à contrecoeur, l'estimant inutile puisque la communauté avait déjà été consultée. Il y a tout de même beaucoup de résistance chez les Innus, le conseil de bande s'étant adressé à Ottawa et ayant déposé cet été une injonction pour faire cesser les travaux de forage par fracturation hydraulique.

Pétrolia accuse le gouvernement de « négligence »

Selon le directeur des affaires publiques et gouvernementales chez Pétrolia, Jean-François Belleau, cette poursuite est le dernier recours possible pour l'entreprise.

Il ajoute que, malgré ses nombreux appels, la sous-ministre responsable du dossier ne le rappelle pas. « On a donc décidé de fonctionner par voie judiciaire. »

Pétrolia déplore également « l'ingérence du premier ministre Couillard » dans le dossier, disant qu'il « n'a jamais cessé de s'opposer publiquement au Programme Anticosti et à le dénigrer ».

Sa requête cite un article de La Presse canadienne publié sur le site de Radio-Canada, qui rapporte des propos de Philippe Couillard:

« S'il vous plaît, arrêtez de dire que je suis le promoteur d'Anticosti, cela fait plusieurs fois que je dis que ce n'est pas mon projet, je suis tanné. [...] J'aurais préféré ne pas trouver ce projet sur mon bureau. [...] Je n'ai aucun enthousiasme pour les hydrocarbures, a-t-il répété. [...] J'espère qu'il n'y a plus d'ambiguïté sur cette question-là. Je pense qu'ils [les représentants entreprises pétrolières québécoises] doivent décoder que je n'ai pas d'enthousiasme pour développer les hydrocarbures au Québec. »

Selon Pétrolia, la situation actuelle pourrait retarder le projet d'un an et engendrer des coûts supplémentaires de 2 millions de dollars ainsi que des pertes d'emplois.

Des discussions sont en cours pour tenter d'en arriver à un règlement. Si les partis n'en arrivent pas à une entente, ils devront se présenter devant le juge dès mardi pour exposer leurs arguments.

Le ministère de l'Environnement refuse de commenter le dossier, puisque celui-ci est maintenant devant les tribunaux.

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