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Le programme de visites familiales privées assure une bonne réinsertion des détenus

Un prisonnier dans sa cellule

Un prisonnier dans sa cellule

Photo : iStock

La Presse canadienne
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Plusieurs experts estiment que le programme canadien de visites familiales privées qui est en place dans les établissements carcéraux fédéraux joue un rôle important dans le processus de réinsertion sociale des détenus.

Ce dernier fournirait également aux agents correctionnels des outils pour qu'ils puissent encourager les prisonniers à adopter un bon comportement.

Le programme a été introduit en 1980 sous forme de projet pilote, mais a retenu l'attention tout récemment quand un reportage affirmait qu'une criminelle très connue en Colombie-Britannique, Kelly Allard, était enceinte de huit mois, après que son partenaire lui eut rendu visite.

Pour la professeure en droit à l'Université Queen's de Kingston, Lisa Kerr, le programme de visites familiales privées démontre qu'il y a une reconnaissance du fait que les détenus retourneront finalement dans la société et qu'il est dans l'intérêt de tous de rendre leur réinsertion la plus optimale possible.

Les relations intimes entretiennent chez les détenus l'espoir quant à leur avenir, a-t-elle soutenu en entrevue. Voir leurs proches leur permet de s'investir davantage dans leur programme correctionnel et de mieux se concentrer sur leur plan de libération, croit Mme Kerr.

Visites ayant toujours existé

D'aussi loin que l'enquêteur correctionnel de longue date Howard Sapers se souvienne, les visites conjugales ont toujours existé. Les criminels qui se voient offrir la possibilité de maintenir des liens familiaux étroits sont moins enclins à récidiver, a-t-il soutenu en citant à l'appui une étude.

Par ailleurs, rien, dans les lois canadiennes encadrant les visites des détenus, ne discrimine les personnes de la communauté LGBT.

Pénitencier de Sainte-Anne-des-Plaines, au Québec
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Pénitencier de Sainte-Anne-des-Plaines, au Québec

Photo : La Presse canadienne / JONATHAN HAYWARD

Les visites familiales privées peuvent durer jusqu'à trois jours et se déroulent dans une portion privée des établissements carcéraux, plus précisément dans des unités d'habitation qui comprennent notamment une cuisine et une cour.

Les détenus et les visiteurs doivent respecter des règles strictes et les familles doivent payer pour la nourriture qu'elles consomment durant leur séjour.

« Grande source de motivation »

Lee Chapelle, qui a passé 15 ans en prison, s'est marié dans l'établissement de sécurité maximale Joyceville, à Kingston. Sa femme et lui ont consommé leur union lors d'une visite familiale privée.

Le couple a finalement conçu deux enfants pendant que Lee Chapelle terminait de purger sa peine d'emprisonnement. Les visites intimes ont joué un rôle central dans la relation qu'il a aujourd'hui pu créer avec ses enfants, a-t-il raconté en entrevue avec La Presse canadienne.

« C'était une très grande source de motivation de [vouloir] rejoindre ma famille. Pouvoir passer du temps avec mon nouveau-né [m'a permis] de réaliser ce qui se passait là-bas et à quel point je voulais être avec eux. »

Les visites familiales privées s'inscrivent dans le traitement humain réservé aux détenus, a par ailleurs affirmé un agent de Service correctionnel Canada, Michael Bettman.

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