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Paul Demers, un artiste qui aura su toucher l’âme d’un peuple

Retour sur le parcours de Paul Demers

Les hommages pleuvent et sont unanimes au lendemain de la mort du chanteur Paul Demers. Ce dernier, qui était atteint d'une forme rare de cancer du poumon, est décédé à l'âge de 60 ans.

Au congrès de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO), qui se déroule cette fin de semaine, une minute de silence a été observée en mémoire de Paul Demers, samedi soir.

Un moment très fort en émotion certainement pour le chanteur originaire de la baie Georgienne Éric Dubeau, qui s'est produit sur scène juste après ce moment solennel. Pour lui, Paul Demers, qui avait souffert du cancer à trois reprises, était avant tout un exemple de courage.

« J'ai connu Paul [à des moments] où il avait des chevilles enflées comme mes cuisses et il réussissait à sortir sur scène et faire un spectacle d'une heure et demie », se remémore-t-il. « Personne n'aurait pu deviner que cet homme-là a été au bord de la mort à d'innombrables reprises. »

Sa force devant la maladie, devant ce qui lui arrivait, sa résilience, sa grandeur d'âme, c'est ça que je garde.

Jeanne Gagnon, ancienne conjointe de Paul Demers

La souffrance et la maladie, Paul Demers les a côtoyées intimement.

Selon son ancienne conjointe, Jeanne Gagnon, il a appris qu'il avait la maladie de Hodgkin, une forme de cancer du système lymphatique, quand il avait tout juste 25 ans.

« La maladie revenait constamment. La maladie, ça faisait partie de sa vie », dit-elle. « Aujourd'hui, on est soulagés qu'il arrête de se battre contre ça. Donc, on était prêts quelque part et on est juste contents qu'il ait arrêté de souffrir. »

En entrevue à l'émission Grands Lacs Café, le 1er octobre dernier, le chanteur s'était d'ailleurs confié sur son long combat et la façon dont il appréhendait le fait d'être au crépuscule de sa vie.

Un héritage symbolique

Le président sortant de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO), Denis Vaillancourt, préfère pour sa part se souvenir de l'icône et de l'artiste.

« Quand je pense à Paul Demers, je pense à Notre place. Et j'espère que l'on prendra notre place en sa mémoire. C'est un artiste qui a inspiré une génération de jeunes », indique-t-il.

On le regrette, mais il sera là autrement, à travers sa musique, à travers les artistes qu'il aura inspirés.

Denis Vaillancourt, président sortant de l'AFO

M. Vaillancourt ne croit pas si bien dire quand il évoque l'héritage de Paul Demers auprès de la relève. Les réactions se multiplient sur les réseaux sociaux, notamment dans le milieu culturel.

« Je me souviens vivement de la première fois que j'ai rencontré Paul Demers. C'était pendant un week-end FESFO, à Timmins, au restaurant La Chaumière. Il y était pour nous présenter son nouveau vidéoclip, Notre place. Jamais je n'aurais cru que, 25 ans plus tard, je me retrouverais au CNA, assis à ses côtés, dans un Cercle SOCAN, dans le cadre du Gala Trille Or 2015 », s'est souvenu le chanteur Stef Paquette dans un message sur Facebook.

Membre du groupe Swing, Michel Benac a lui aussi évoqué sa tristesse et son admiration pour Paul Demers, qu'il avait eu l'occasion de rencontrer durant un événement caritatif.

Le directeur artistique du Mouvement d'implication francophone d'Orléans (MIFO), Patrick Bourbonnais, souligne quant à lui l'humilité de l'artiste, qui est devenu avec le temps une sorte d'ambassadeur.

« Il a assurément marqué la culture franco-ontarienne. Il a su mettre en lumière le peuple franco-ontarien », estime-t-il.

Une place à part

La chanson « Notre Place » est désormais indissociable de l'œuvre de Paul Demers. Il l'avait composée dans la foulée de l'adoption de la Loi sur les services en français en Ontario, à la fin des années 1990.

« [De] par ce que la chanson dit, ça a frappé en plein dans le mille pour exprimer ce que les Franco-Ontariens ressentent et rallier les Franco-Ontariens autour de quelque chose », affirme Yves Proulx, un ami de longue date de Paul Demers avec qui il avait créé le groupe musical Purlaine, en 1979.

Notre Place deviendra par la suite le chant de ralliement dans la lutte pour sauver l'Hôpital Montfort à Ottawa. Certains suggèrent même que la chanson puisse devenir formellement l'hymne des Franco-Ontariens.

« C'est la chanson qui m'a toujours inspiré et quand je dis aux gens : "Faites le réflexe franco", et bien ça veut dire : "Prends ta place", et Paul le chantait haut et fort [...]. Et peut-être qu'en sa mémoire, Notre Place devrait être notre hymne franco-ontarien », avance Denis Vaillancourt.

Sur Twitter, la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) a d'ailleurs rappelé que si le chant avait été composé pour l'Ontario français, ses paroles interpellaient toute la francophonie canadienne.

À noter qu'une école du Conseil des écoles catholiques du Centre-Est (CECCE) porte le nom de « Notre Place ». L'établissement a été inauguré au début du mois d'octobre dans le secteur d'Orléans, en présence de Paul Demers.

Dans la région de la capitale nationale, des institutions franco-ontariennes, telles que l'Hôpital Monfort, ont mis leurs drapeaux en berne. Des arrangements pour les funérailles de Paul Demers devraient être pris en début de semaine.

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