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L'accord de libre-échange Canada-UE est signé

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, le premier ministre du Canada Justin Trudeau et le président du Conseil européen Donald Tusk signent l'accord.

Photo : Reuters / Francois Lenoir

Radio-Canada

Le Canada et l'Union européenne ont signé dimanche une entente globale de libre-échange négociée sur sept ans qui supprimera 99 % des droits de douane entre les deux entités. L'accord a bien failli ne pas voir le jour, la région belge de la Wallonie n'ayant accepté qu'à la dernière minute de l'appuyer.

Le texte sera appliqué de manière provisoire et partielle au début 2017, dès qu'il aura été ratifié par le Parlement européen et celui du Canada. Les 28 États membres de l'UE devront ensuite l'approuver pour qu'il devienne définitif.

Le premier ministre Justin Trudeau a participé dimanche à Bruxelles à un sommet qui réunissait plusieurs dirigeants européens, dont le président du Conseil européen, Donald Tusk, et le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

« Cet accord est le produit de longues discussions franches, mais qui se sont toujours déroulées dans le respect entre partenaires qui partagent des valeurs communes », a souligné M. Trudeau après la signature du texte censé propulser les échanges commerciaux entre les partenaires.

Les bénéfices de la croissance doivent profiter à tous, pas qu'à nos citoyens les plus riches.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

« L'Union européenne est notre deuxième partenaire commercial, mais les liens qui nous unissent vont bien au-delà de la coopération économique », a-t-il aussi dit.

Le texte de l'accord est plutôt long.

Le texte de l'accord est plutôt long.

Photo : Radio-Canada / Catherine Cullen

Une délégation accompagnait M. Trudeau. La ministre fédérale du Commerce international, Chrystia Freeland, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, de même que les négociateurs et anciens premiers ministres québécois Jean Charest et Pierre-Marc Johnson en faisaient partie.

« C'est un grand jour pour le Canada, c'est un grand jour pour l'Europe », a déclaré Mme Freeland.

La commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmstrom, le premier ministre canadien Justin Trudeau et sa ministre du Commerce international Chrystia Freeland

La commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmstrom, le premier ministre canadien Justin Trudeau et sa ministre du Commerce international Chrystia Freeland

Photo : Associated Press / Francois Lenoir

Des contretemps

M. Trudeau aurait dû se rendre dès jeudi dans la capitale belge pour signer le traité aux côtés de hauts dirigeants européens. Mais avec l'opposition de certaines régions de Belgique, notamment la Wallonie, la signature a été menacée, puis repoussée.

Les différents gouvernements belges se sont finalement entendus jeudi sur une déclaration interprétative de l'accord.

Le premier ministre canadien ne s'est pas formalisé de ce délai, disant préférer qu'on prenne le temps de rassurer les intervenants qui ont des préoccupations.

On avait planifié de signer cet accord il y a trois jours, on le signe aujourd'hui à la place. Ça ne fait pas une énorme différence sur l'impact économique que ça va avoir pendant des décennies de façon positive.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Par ailleurs, le premier ministre a eu un petit contretemps, samedi soir, quand son avion a eu un problème avec un volet et a dû retourner à Ottawa 30 minutes après avoir décollé une première fois.

Il a redécollé pour de bon quelques minutes plus tard, après la réparation du volet récalcitrant.

« Quelle patience! » avait lancé Jean-Claude Juncker à M. Trudeau à l'arrivée de celui-ci au siège du Conseil de l'UE. « Les choses difficiles sont difficiles, mais on a pu réussir », lui avait répondu M. Trudeau.

Hausse importante du commerce

La signature de l'Accord économique et commercial global (AECG) pourrait faire augmenter de 20 % le commerce entre le Canada et l'Union européenne.

Le gouvernement Couillard estime pour sa part que ce partenariat de libre-échange se traduira par la création de 16 000 emplois et l'injection de 2,3 milliards de dollars dans l'économie québécoise.

C'est d'emplois, de prospérité, de qualité de vie qu'on parle.

Philippe Couillard, premier ministre du Québec

« La diplomatie du Québec [...] a joué un rôle considérable depuis les 10 dernières années pour en arriver à ce succès », a rappelé Philippe Couillard en entrevue téléphonique à ICI RDI, dimanche.

« C'est Jean Charest, il y a 10 ans, qui a eu l'idée d'aller mobiliser l'Union européenne, puis le gouvernement fédéral de l'époque, puis la société civile canadienne et québécoise, autour du projet de libre-échange avec l'Europe », a-t-il fait valoir.

Justin Trudeau, dont le gouvernement élu il y a à peine un an a profité du travail de MM. Charest et Couillard, a lui aussi insisté sur leur contribution. « Ce sont leurs efforts soutenus qui ont permis la conclusion de cet accord historique », a-t-il déclaré.

Le prédécesseur de M. Trudeau, le conservateur Stephen Harper, s'est dit heureux de voir Ottawa mener à son terme ce « long processus » qui fait du Canada « le premier pays du G7 à obtenir un accord de libre-échange avec l'Union européenne, et c'est quelque chose dont nous devrions être très fiers ».

« Lorsque nous avons entamé ces négociations il y a quelques années, nous envisagions non pas seulement d'étendre les accords de libre-échange du Canada pour le bien de notre prospérité, mais également de créer un environnement où les entreprises canadiennes auraient un accès préférentiel à un marché de plus de 500 millions de consommateurs européens; un élément qui va redéfinir les marchés canadiens et les exportations pour les générations à venir », a-t-il écrit sur Facebook.

L'opposition continue cependant de se faire entendre, en Belgique comme ailleurs, certains ayant l'impression d'être négligés par les dispositions de l'entente.

Dimanche, plus de 200 manifestants se sont rassemblés près des quartiers généraux de l'UE, tentant de bloquer l'entrée principale. Les manifestants scandaient des slogans hostiles à l'accord. Ils ont aussi lancé de la peinture rouge. Certains d'entre eux ont même réussi à entrer dans le hall.

Des manifestants devant le siège du Conseil de l'UE

Des manifestants devant le siège du Conseil de l'UE

Photo : Associated Press / Thierry Monasse

Les policiers ont demandé à 16 personnes de quitter les lieux, mais n'ont pas mis fin à la manifestation, a indiqué une porte-parole, Ilse Van de Keere.

Avec les informations de La Presse canadienne, Reuters, et Agence France-Presse

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