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Un accord de libre-échange plus important que prévu, selon Jean Charest

Jean Charest

Jean Charest

Photo : Gonzalo Fuentes / Reuters

Radio-Canada

Initiateur de l'Accord économique et commercial global (AECG) en 2006, Jean Charest a défendu pendant une décennie le libre-échange entre le Canada et l'Union européenne. Toutefois, l'ancien premier ministre du Québec ne pouvait prévoir que ce traité prendrait une telle importance au moment de sa ratification.

Un texte de Mathieu GohierTwitterCourriel

Alors qu'on arrive au dernier droit de la campagne présidentielle américaine, les positions protectionnistes de Donald Trump et d'Hillary Clinton sont maintenant bien connues. Tous deux s'opposent au Partenariat transpaficique (PTP), alors que le candidat républicain va même jusqu'à dénoncer l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

Dans ce contexte, la signature de l'AECG devient d'autant plus cruciale, l'économie canadienne dépendant énormément des exportations, souligne Jean Charest.

« Il y a une régression sur les échanges commerciaux dans le monde, et nous, on va un peu à contresens. On devient une plaque tournante en quelque sorte pour ceux qui veulent avoir accès au marché européen et ceux du côté européen qui veulent avoir accès au marché nord-américain », explique-t-il dans une entrevue accordée à l'émission Les coulisses du pouvoir.

Un revirement de situation qui n'était pas du tout envisagé au début des négociations sur l'entente.

« J'avais proposé à la Commission européenne des négociations en 2007. En 2008, on les lance officiellement, et suivent sept ans de négociations. Mais, au moment où on lance ces négociations, nous n'avions pas anticipé le scénario que nous avons aujourd'hui », dit M. Charest.

Concrètement, l'AECG signifie que 98 % des barrières tarifaires disparaîtront entre les marchés canadien et européen, de quoi stimuler les exportations canadiennes vers un bassin de 500 millions de consommateurs.

À l'inverse, les entreprises européennes pourront par exemple participer à des appels d'offres au Canada et décrocher d'importants contrats en infrastructures. Près de 17 700 tonnes supplémentaires de fromages européens seront aussi importées au pays.

Le PTP en danger

Les négociations difficiles en Belgique et la montée du protectionnisme aux États-Unis laissent entrevoir que les grands accords commerciaux internationaux seront plus que jamais difficiles à conclure.

Cela fait dire à Jean Charest que le PTP, qui créerait la plus grande zone de libre-échange au monde entre 12 pays comme le Canada, les États-Unis et le Japon, est loin d'être conclu.

Honnêtement, je ne vois pas comment cet accord-là à court terme va se réaliser [...] Aux États-Unis, au moment où nous nous parlons, le débat politique est tel que je ne vois pas comment Mme Clinton, M. Trump ou le Congrès américain appuieraient cet accord-là.

Jean Charest, ancien premier ministre du Québec
Du personnel infirmier manifeste contre la procédure de négociation accélérée du Partenariat transpacifique devant les bureaux de la sénatrice Dianne Feinstein, à San Diego (22 juin 2015).Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Du personnel infirmier manifeste contre la procédure de négociation accélérée du Partenariat transpacifique devant les bureaux de la sénatrice Dianne Feinstein, à San Diego (22 juin 2015).

Photo : Reuters/Mike Blake

L'ancien premier ministre du Québec ajoute, d'autre part, que le Canada s'est inscrit dans les négociations entourant le PTP davantage pour protéger ses intérêts et éviter d'être exclu que parce qu'il y voyait de grands avantages.

M. Charest estime que, compte tenu de la situation, le Canada pourrait envisager de trouver des solutions de rechange au PTP.

« Devrions-nous engager des discussions avec le Japon pour une entente bilatérale? Ou avec les pays de l'Asie du Sud-est ou avec l'Inde? C'est une vraie question que nous devrons aborder au Canada », croit-il.

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