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Signature de l'accord Canada-UE : symbole et leçons pour le gouvernement Trudeau

Le premier ministre canadien Justin Trudeau en route vers la Belgique.

Le premier ministre canadien Justin Trudeau en route vers la Belgique.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Radio-Canada

Le premier ministre Justin Trudeau doit signer dimanche à Bruxelles l'Accord économique et commercial global entre le Canada et l'Union européenne (UE). Une étape cruciale d'un processus qui a causé bien des maux de tête aux autorités canadiennes et européennes.

Un texte de Raphaël Bouvier-AuclairTwitterCourriel

C'est jeudi dernier que Justin Trudeau aurait dû être dans la capitale belge, pour signer le traité aux côtés de hauts dirigeants européens.

Avec l'opposition de certaines régions de Belgique, notamment la Wallonie, la signature a été menacée, puis repoussée après que les différents gouvernements belges se sont entendus jeudi sur une déclaration interprétative de l'accord.

Quelles sont les prochaines étapes que doit franchir l'accord?

  • Le Parlement européen doit voter pour que la grande majorité de l'accord puisse entrer en vigueur.
  • Pour que l'ensemble du traité soit appliqué, il faut qu'il soit ratifié par des parlements dans les 28 pays membres de l'UE. Certains évoquent un processus qui pourrait prendre des années.

Trudeau, un champion du libre-échange?

Même si la signature n'est pas une finalité, elle représente un symbole important pour le premier ministre Trudeau, lui qui fait de l'ouverture des frontières un thème central des discours qu'il prononce au Canada, comme ailleurs.

Sur la planète, Justin Trudeau veut se présenter en alternative au protectionnisme. 

Nous savons tous que l'isolement, la construction de murs ou le fait de nous renfermer sur nous-mêmes ne créent ni des opportunités, ni de la croissance, ni des bénéfices pour la classe moyenne

Justin Trudeau en marge du sommet du G20 à Hangzhou, en Chine, en septembre

« Ça aide en crédibilité au niveau de l'ordre du jour d'ouverture du Canada », explique le professeur agrégé au département des Affaires publiques et internationales à l'Université d'Ottawa, Patrick Leblond.

Il note que Justin Trudeau se rendra sous peu au sommet de la Coopération économique pour l'Asie-Pacifique et qu'il pourra avoir en main l'accord avec l'UE comme carte de visite.

Malgré tout, pour le directeur du CÉRIUM (Centre d'études et de recherches internationales) et professeur à l'Université de Montréal, Frédéric Mérand, les critiques formulées en Europe, tout comme les propos protectionnistes qui ont des échos de plus en plus fort aux États-Unis, montrent bel et bien que « le vent a tourné sur les questions d'accord de libre-échange ». 

Ça pourrait être le dernier accord entre des économies développées signé avant très longtemps.

Frédéric Mérand, directeur du CÉRIUM

Toujours de l'opposition

Une manifestation contre l'accord Canada-UE s'est tenue à Bruxelles, en Belgique.

Une manifestation contre l'accord Canada-UE s'est tenue à Bruxelles, en Belgique.

Photo : Reuters/Francois Lenoir

Malgré la signature et même si les gouvernements belges ont décidé d'approuver l'accord sous condition, l'opposition se fait toujours entendre en Europe.

C'est ce qu'a constaté à Bruxelles et Strasbourg ces derniers jours Sujata Dey, du Conseil des Canadiens, un groupe lui-même critique du traité.

Elle estime que la cérémonie de signature est une « opération de relation publique, une manière de montrer qu'on a réussi ». Sujata Dey croit que plus que de savourer une victoire, le gouvernement devrait tirer des leçons des revirements des derniers jours.

Il y a un signal très fort qui indique qu'il faut revoir la manière de négocier.

Sujata Dey, responsable de la campagne de commerce international du Conseil des Canadiens

Pour le professeur de l'Université d'Ottawa, Patrick Leblond, qui est favorable à l'accord, il y aura toujours des opposants à ce type d'entente commerciale.

Selon lui, le gouvernement Trudeau devrait se doter d'outils pour trouver des moyens d'aider ceux qui se sentent laissés de côté par ces traités. Par exemple, en mettant sur pied un comité qui se pencherait sur la question. 

D'ailleurs au pays, les producteurs laitiers attendent toujours des informations concrètes de la part du gouvernement Trudeau sur les compensations qui avaient été promises par le gouvernement Harper en lien avec l'accord de libre-échange Canada-UE.

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