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Les produits alimentaires sont moins gourmands pour les portefeuilles

De la viande vendue au rabais dans une épicerie.

De la viande vendue au rabais dans une épicerie.

Photo : Pierre Verrière

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le prix des aliments affiche une baisse notable au Canada pour la première fois en plus de huit ans, selon un expert de l'Université Dalhousie à Halifax. Cette situation s'explique notamment par une concurrence accrue dans le marché du détail, et par une surproduction à l'échelle mondiale.

Un texte de Pierre Verrière TwitterCourriel

« Les inventaires sont très élevés pour plusieurs denrées agroalimentaires à travers le monde, pas juste en Amérique du Nord », constate Sylvain Charlebois, le doyen de la Faculté de Management à l'Université Dalhousie. Cette surproduction a pour conséquence une déflation alimentaire qui touche l'ensemble du monde industrialisé et le Canada ne fait pas exception.

Mais si le phénomène n'était pas arrivé au pays depuis plus de huit ans, les conséquences sont plus marquées aux États-Unis où le prix des denrées alimentaires accuse une baisse depuis dix mois consécutifs.

« C'est la plus longue période depuis cinquante ans », indique Sylvain Charlebois.

Il souligne que l'Europe a du mal à écouler sa production en raison de l'embargo commercial imposé par la Russie sur les produits alimentaires venant de l'Union européenne, du Canada et des États-Unis notamment. En conséquence, les pays européens tentent de vendre leurs productions aux États-Unis à prix réduit.

Dans un rapport publié par le Food Institute et dont il était l'un des auteurs, Sylvain Charlebois avait pourtant prédit que le prix des aliments pourrait grimper jusqu'à 4 % en 2016. Il explique aujourd'hui que le dollar est plus fort que prévu et qu'il n'imaginait pas que le phénomène de déflation toucherait autant le Canada et sur une durée aussi longue.

Dollar américain et compétition accrue

En Amérique du Nord, il y a un autre problème. C'est que le dollar américain est très fort et il y a de plus en plus de pays qui achètent moins des Américains puisque ça coûte plus cher, alors il y a beaucoup beaucoup d'inventaires sur le marché américain.

Sylvain Charlebois, doyen de la Faculté de Management à l'Université Dalhousie

Or, ce sont justement ces inventaires qui passent la frontière et sont proposés dans les rayons des épiceries canadiennes.

Sylvain Charlebois note également une compétition féroce que ce livrent les différentes enseignes de grossiste au pays.

« Au niveau du marché domestique, il y a une compétition accrue qui est motivée par l'émergence de Walmart et de Costco », indique-t-il.

Des pommes affichées en solde dans un présentoir.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des pommes affichées en solde dans un présentoir.

Photo : Pierre Verrière

Les données publiées par Statistique Canada la semaine dernière montrent également que les prix des denrées alimentaires ont baissé au pays. La viande, les produits laitiers, ainsi que les fruits et légumes frais ont coûté moins cher en septembre 2016 qu'au même mois en 2015.

Au Manitoba par exemple, les produits céréaliers affichent ainsi une baisse 9,3 % et les légumes, une baisse de 4,8 %. La baisse est en revanche moins notable pour les produits laitiers (1,1 %).

Hasni Zeid, dont la famille possède cinq épiceries FoodFares à Winnipeg, dit avoir observé cette tendance depuis un mois du côté de ses fournisseurs. « Cela nous permet de faire à notre tour profiter nos clients de ces aubaines », explique-t-il.

Dans les rayons de son épicerie, le boeuf se vend 2,99 $ la livre, contre 4,99 $ habituellement.

Sylvain Charlebois estime que c'est en revanche l'industrie de la transformation qui a du souci à se faire.

Les consommateurs devraient, eux, continuer à sourire à la caisse, car selon lui, la situation pourrait durer au moins jusqu'à Noël.

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