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Le manque de relève pour les soins aux personnes âgées inquiète au N.-B.

Un femme prend les mains d'une personne âgée
Photo: iStock
Radio-Canada

Seulement 7 % des jeunes néo-brunswickois seraient intéressés par une carrière qui touche le vieillissement, selon un récent rapport du Centre d'études du vieillissement de l'Université de Moncton. Une situation inquiétante, juge la directrice de cette recherche, Suzanne Dupuis-Blanchard.

Ce rapport, intitulé « Portrait de la relève en matière de ressources humaines pour l'offre de services en français à la population vieillissante du Nouveau-Brunswick », présente les principaux résultats d'une étude effectuée auprès d'élèves de 10e et 11e années dans les écoles secondaires francophones de la province.

L'étude indique que « les élèves semblent démontrer peu de connaissances, des attitudes négatives et peu d'intérêt à entreprendre une carrière auprès des personnes âgées ».

Ce constat inquiète la directrice du rapport et du Centre d'études du vieillissement de l'Université de Moncton, Suzanne Dupuis-Blanchard.

On n'a pas de relève. [...] Pour l'instant, on ne semble pas capter l'intérêt des jeunes.

Suzanne Dupuis-Blanchard, directrice du Centre d'études du vieillissement de l'Université de Moncton

Selon elle, ce peu d'intérêt chez les jeunes est d'autant plus alarmant que la population est vieillissante. Au Nouveau-Brunswick, 19 % de la population est âgée de 65 ans et plus, ce qui en fait la province canadienne ayant la proportion de personnes âgées la plus élevée. D'ici vingt ans, cette proportion devrait atteindre le quart de la population provinciale.

Un manque de sensibilisation et de valorisation

Suzanne Dupuis-Blanchard ajoute que les jeunes ne sont pas beaucoup sensibilisés à la question du vieillissement de la population, ce qui crée peu d'intérêt pour les professions qui y sont reliées.

« Il n'y a pas beaucoup d'infirmières qui graduent qui disent avoir hâte de s'en aller vers une carrière de soins avec les personnes âgées », indique la présidente de l'Association canadienne en gérontologie.

Suzanne Dupuis-Blanchard, directrice du Centre d'études du vieillissement de l'Université de MonctonSuzanne Dupuis-Blanchard, directrice du Centre d'études du vieillissement de l'Université de Moncton Photo : Radio-Canada

De leur côté, les organismes communautaires ont du mal à recruter des employés bilingues. Le maintien en poste des employés reste difficile en raison des conditions de travail défavorables. Une situation à laquelle il faut remédier, selon l'experte.

« Il faut améliorer les conditions de travail, et reconnaître le travail que ces gens-là font avec le salaire. [...] Comment on va recruter ces gens-là quand on les paie au salaire minimum? Et comment attirer une relève avec un tel salaire? », questionne-t-elle.

Concernant la volonté des gouvernements fédéral et provincial de faire en sorte que les aînés restent le plus possible à domicile, Suzanne Dupuis-Blanchard croit que cela passe également par la relève.

« Au niveau fédéral et provincial, on prêche pour des soins à domicile et pour garder nos aînés dans la communauté, mais on ne peut pas faire ça si on n'a pas une ressource humaine qui est en place », ajoute-t-elle.

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