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Un détenu en isolement depuis 4 ans transféré dans une cellule régulière

Adam Capay a été placé en isolement dans la prison du district de Thunder Bay durant plus de 1500 jours en attente de son procès.

Adam Capay a été placé en isolement dans la prison du district de Thunder Bay durant plus de 1500 jours en attente de son procès.

Photo : Alison Jane Capay/askfm

Radio-Canada

Un détenu autochtone qui était en isolement depuis quatre ans, à la prison du district de Thunder Bay, a été transféré mercredi dans une cellule régulière.

Adam Capay, qui a 23 ans, est un membre de la Première Nation de Lac Seul dans le nord-ouest de l'Ontario. Emprisonné à 19 ans pour un délit mineur, il a été par la suite accusé d'avoir tué un codétenu et placé en isolement. Il n'a toujours pas subi son procès pour meurtre.

Il a été confiné 23 heures sur 24 dans une cellule de plexiglas, constamment illuminée par de la lumière artificielle. Il pouvait seulement sortir une heure par jour pour prendre une douche et parfois faire un appel.

Le ministre de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels de l'Ontario, David Orazietti a confirmé à l'Assemblée législative mercredi qu'Adam Capay n'est plus en isolement.

Il n'est toutefois pas en contact avec les autres détenus.

Il n'est plus dans la même cellule. Il est maintenant dans un autre endroit avec un éclairage approprié et un accès à des salles de jour.

David Orazietti, ministre de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels de l'Ontario

Un traitement inhumain

La commissaire en chef de la Commission des droits de la personne de l'Ontario, Redu Mandhane avait confié être choquée par les conditions de détention d'Adam Capay.

Lorsque je suis sortie de sa cellule, j'étais littéralement en état de choc. Je crois que je tremblais.

Renu Mandhane, commissaire en chef, Commission des droits de la personne de l'Ontario

« Les normes de l'ONU disent que tout confinement de plus de 15 jours a un impact psychologique négatif sur le prisonnier et que cela peut constituer un traitement cruel et inhumain, voire de la torture. Dans ce cas-ci, c'est plus de 100 fois au-dessus de la limite », ajoute la commissaire en chef.

Elle dit également que lors de sa visite, l'élocution d'Adam Capay était laborieuse, qu'il avait de la difficulté à distinguer le jour et la nuit et montrait des signes d'automutilation.

Jean-Claude Bernheim, spécialiste des questions qui touchent les détenus à l'Université de Saint-Boniface, compare le traitement que subit ce détenu à celui de Raif Badawi en Arabie saoudite.

Il y a une jurisprudence qui existe au Canada depuis 1976 qui condamne l'isolement prolongé. Les autorités correctionnelles sont au courant, mais ne la respectent pas.

Jean-Claude Bernheim, professeur à l'Université de Saint-Boniface

Il ajoute que les autorités politiques ont fermé les yeux sur la situation parce que le dossier des prisons n'est pas très populaire.

Le détenu sera de retour devant les tribunaux le 28 novembre pour connaître la date de sa prochaine comparution.

Avec les informations de CBC

Ontario

Justice et faits divers