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Ce garçon transgenre trouve sa place grâce au football

Kenny Cooley

Kenny Cooley

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2016 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La vie de Kenny Cooley a changé lorsque ce jeune transgenre, auparavant victime d'intimidation, s'est joint à l'équipe de football de son école. S'il accepte d'en parler, c'est pour que les perceptions changent. Portrait.

Un texte de Jacinthe TaillonTwitterCourriel

Il est 11 h 17 à l'école secondaire Halifax West en Nouvelle-Écosse. La cloche sonne, annonçant la fin de la deuxième période de cours lorsque nous nous apprêtons à faire la connaissance de Kenny Cooley, un garçon transgenre de 17 ans. Dès les premiers instants, nous sommes charmés. Kenny est souriant, dynamique et lumineux. Ce qui frappe encore davantage, c'est la confiance en lui qu'il dégage.

Aujourd'hui, il partage son histoire pour faire évoluer certaines mentalités.

« Pas seulement pour moi, mais pour d'autres personnes de la communauté LGBTQA+. Ça ne prend pas grand-chose pour être soi-même. Peu importe les conséquences et les craintes, foncez! »

— Une citation de  Kenny Cooley, étudiant au Halifax West High School

Kenny a passé des années à s'interroger sur son orientation sexuelle. Puis, il a compris.

Kenny Cooley
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Kenny Cooley

Photo : Radio-Canada

« J'ai toujours voulu être certain à 100 % que ce que je faisais était la bonne chose. Puis, un jour, j'ai dit c'est assez! Je sais qui je suis. Je suis un garçon transgenre et je dois sortir publiquement. Et je l'ai fait! »

— Une citation de  Kenny Cooley

Ça a été comme si on le délestait d'un immense poids. Mais le soulagement a été de courte durée.

Kenny avait 15 ans quand il s'est présenté à l'école pour la première fois comme garçon. Sa sortie a créé une onde de choc et il s'est buté à l'incompréhension de plusieurs. Il est devenu la cible d'intimidation et a même eu peur pour sa sécurité. L'adolescent a perdu beaucoup d'amis.

« Il y a tellement de perceptions erronées sur les personnes transgenres. C'est pourtant tellement simple! Vous êtes dans le corps dans lequel vous êtes né, masculin ou féminin. Et vous ne sentez pas que le sexe qu'on vous a assigné est le vôtre. Tout ce que vous voulez, c'est être l'autre genre. Ce n'est rien d'autre. Juste ça. »

— Une citation de  Kenny Cooley

La vie était devenue intolérable dans son environnement scolaire. Kenny a donc changé d'école en 11e année pour se joindre au West Halifax High School. Une école réputée, selon lui, pour son inclusion envers les communautés ethniques et LGBT.

Au départ, Kenny n'a rien dit. Il s'est fait beaucoup d'amis. Pour eux, il était Kenny, point. Mais à l'ère des réseaux sociaux, son secret n'a pas tenu longtemps. D'ailleurs, Kenny n'a rien à cacher. Sur ses comptes Facebook et Instagram, il y a Kenny, mais aussi Kennedy, la fille qu'il était avant sa transition.

Kenny Cooley 15 ans
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Kenny Cooley 15 ans

Photo : Facebook/Kenny Cooley

« Ça fait partie de mon identité. Je ne pourrais être moi-même si je le cachais aux autres. Cette fois-ci, mes amis sont restés! Ça n'a rien changé pour eux. Je me suis senti accepté tel quel!  »

— Une citation de  Kenny Cooley

Le sport comme outil d'intégration

Kenny Cooley
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Kenny Cooley

Photo : Radio-Canada

Kenny a longuement hésité avant de tenter sa chance au football, par crainte de ne pas être à la hauteur dans ce sport robuste.

« J'y ai pensé pendant un an. Je me suis dit que ce serait risqué, mais que ça pourrait peut-être fonctionner. »

— Une citation de  Kenny Cooley

Kenny a été retenu par les Halifax West Warriors. Il a jugé important de dire à l'entraîneur qu'il était un garçon transgenre. Il lui a aussi fait part de ses craintes puisqu'il n'avait jamais pratiqué ce sport.

« Je lui ai dit : "Pas de problème, ce sera bon pour toi, surtout pour ton intégration parce qu'en te joignant à l'équipe, c'est 55 nouveaux amis en un rien de temps!" Je lui ai aussi dit qu'il était libre d'utiliser le vestiaire de son choix et de ne pas hésiter à venir me voir en cas de problème. »

— Une citation de  Nick MacCleod, entraîneur des Halifax West Warriors
Kenny Cooley
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Kenny Cooley

Photo : Radio-Canada

Quelques jeunes sont venus à la rencontre de Kenny pour lui dire qu'il faisait dorénavant partie de la famille des Warriors. Dans cette équipe, on a droit au respect.

« Je me suis senti accepté dès le départ! C'est une expérience fantastique. Évidemment, certains gars de l'équipe ne sont peut-être pas à l'aise avec moi. Mais si c'est le cas, ils ne le montrent pas. »

— Une citation de  Kenny Cooley

Kenny est reconnaissant de l'accueil qu'il a reçu. Selon lui, l'inclusion fait toute la différence dans une vie, peu importe sa réalité.

« Ça augmente la confiance. Tu te sens au sommet du monde quand tu as des amis et des coéquipiers qui te veulent comme tu es! »

— Une citation de  Kenny Cooley

Une réalité de plus en plus présente

L'histoire de Kenny n'est pas unique. Les personnes transgenres sont de plus en plus nombreuses à s'affirmer et à réclamer la fin de la discrimination dans la vie, comme dans le sport.

Selon le professeur Gilbert Émond de l'Université Concordia, à Montréal, qui s'intéresse à l'homophobie et qui s'implique dans la communauté LGBT depuis de nombreuses années, il devient impératif en tant que société de s'attarder à l'intégration des personnes transgenres dans le sport.

« Pour un athlète transgenre, on cherche médicalement à avoir les bons dosages. La question se pose. Quand est-ce qu'on doit passer physiologiquement une personne de fille à gars, ou de gars à fille? Dans le sport où est-ce qu'elle est? C'est une question qui doit être examinée. »

— Une citation de  Gilbert Émond, professeur à l'Université Concordia 

Cette question, les associations et fédérations sportives doivent se la poser. À ce jour, la majorité d'entre elles n'ont pas de règles claires concernant les athlètes transgenres. Par exemple, à l'Halifax West High School, on s'inspire du code de la fédération sportive interscolaire de la Nouvelle-Écosse.

« Il n'y a pas de règles basées sur des critères physiques ou médicaux concernant les étapes de la transition. C'est le confort de l'élève qui prime et on s'ajuste selon le rythme de sa transition. »

— Une citation de  Tim Simony, directeur du Halifax West High School

Le Comité international olympique a commencé à sensibiliser les fédérations internationales. En janvier 2016, il a émis une série de recommandations pour encadrer cette réalité une fois que l'athlète a entamé un traitement hormonal.

À Hockey Canada, il n'existe aucune politique nationale pour encadrer les athlètes transgenres et l'on ne prévoit rien en ce sens pour l'instant.

Kenny Cooley espère qu'un jour, les athlètes transgenres auront leur place dans le sport, peu importe leur niveau de compétition.

Un pas de plus pour Kenny

Kenny Cooley et son amoureuse Autumn Moscher
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Kenny Cooley et son amoureuse Autumn Moscher

Photo : Radio-Canada

Kenny Cooley vient de commencer à recevoir ses injections de testostérone. Dans quelques mois, sa voix sera plus basse, ses muscles seront plus forts et sa silhouette changera.

« J'ai attendu deux longues années avant de vivre ce moment. Je me sens comme un enfant à Noël! Pour moi, c'est une étape de plus dans ma transition. J'ai hâte de constater les changements. »

— Une citation de  Kenny Cooley

Kenny Cooley a maintenant l'appui de sa famille et de son entourage à l'école et dans le sport. Il a trouvé son bonheur et espère qu'il pourra en inspirer d'autres. À ceux qui vivent des difficultés, il lance ce message.

« Ne regarde pas les autres, ne les laisse pas influencer tes choix. Sois toi-même et vis ta vie.  »

— Une citation de  Kenny Cooley

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