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René Bellemarre : allégations d'attouchements et de harcèlement sexuel au Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue

René Bellemarre.

Photo : ICI Radio-Canada

Radio-Canada

Trois ex-étudiantes du Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue affirment avoir été victimes d'attouchements et de harcèlement sexuel de la part de René Bellemarre, en 2014. 

Un reportage de Jean-Marc BelzileTwitterCourriel

L'homme était à ce moment leur enseignant et superviseur de stage. René Bellemarre a été suspendu par l'établissement scolaire à la suite de ces allégations.Celui qui est aussi entraîneur d'haltérophilie fait déjà face à des accusations d'agression sexuelle sur deux personnes d'âge mineur dans un autre dossier. Ces événements auraient eu lieu entre 2012 et 2015.

Superviseur de stage

René Bellemarre a enseigné au Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue de 2002 à 2014. En janvier 2014, il était superviseur de stage en soins infirmiers. Durant ce stage, trois étudiantes nous ont affirmé avoir été victimes d'attouchements et de harcèlement sexuel.

L'une d'entre elles a accepté de témoigner de ce qu'elle aurait vécu, mais ne souhaite pas être identifiée.

Il nous "taponnait", il nous touchait les cuisses, il était toujours près, il nous flattait le dos, il nous flattait dans le cou. Il faisait toujours des blagues avec des références au sexe, mais il nous incluait dans les blagues. 

Présumée victime

Cette étudiante le décrit comme quelqu'un de manipulateur et rancunier, ce qui faisait en sorte qu'elle craignait d'échouer son stage si elle le dénonçait. Au mi-stage, au mois de février, les étudiantes ont avisé la coordonnatrice de leur département. Elles affirment que celle-ci leur aurait offert de rencontrer René Bellemarre afin de régler la situation entre eux.

Réaction du Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue

Sylvain Blais, directeur général du Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue

Sylvain Blais, directeur général du Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue

Photo : Radio-Canada / Jean-Marc Belzile

Le directeur général du Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue, Sylvain Blais, a réagi à ces allégations. « Dans notre politique institutionnelle en lien avec le harcèlement, il y a deux volets : un volet médiation et un volet avec plainte plus formelle et, à mon sens, au moment où elles ont rencontré la coordonnatrice du département, elles étaient plutôt dans un mode informel ».

Les étudiantes ont donc dû compléter leur stage avec René Bellemarre, mais au mois de mars, le cégep suspend l'enseignant et ouvre une enquête interne. 25 personnes ont été rencontrées. Durant le processus, le cégep insiste pour que les étudiantes ne parlent pas de cette situation. Un mot d'ordre habituel dans ce type d'enquête, selon le cégep. « La principale raison, c'est pour assurer l'intégrité de tous les partis, de s'assurer que la partie plaignante ne se verra pas intimidée de nouveau l'agresseur et aussi de s'assurer de l'intégrité de l'agresseur. »

À la fin de l'enquête, le syndicat des enseignants et la direction ont convenu de suspendre René Bellemarre pour une durée de six mois. Dans un courriel dont nous avons obtenu copie, cette mesure est considérée comme une sanction sévère par le cégep. Une conclusion qui a déçu les étudiantes que nous avons rencontrées.

Ce n'est pas que dans nos mains à nous, il y a tout le courant jurisprudentiel. On aurait pu imposer le triple ou le quadruple, mais peu importe la sentence qui serait donnée je pense que pour les victimes, sans dire que ce n'est jamais suffisant, je pense que le traumatisme de chacun n'est pas en lien ou la réparation du traumatisme ne peut pas être en lien avec la sanction qui est donnée.

Sylvain Blais

René Bellemarre n'est toutefois jamais revenu au travail puisqu'il a démissionné à la fin de sa suspension.

La Sûreté du Québec avisée

Deux ans après les événements, au mois d'août 2016, l'étudiante a avisé la Sûreté du Québec (SQ) de l'enquête interne qui a eu lieu au cégep. En 2014, l'établissement scolaire n'avait pas cru bon aviser la Sûreté du Québec, selon le directeur général, Sylvain Blais. « Le cégep n'a pas subi de préjudices, ce n'est pas le cégep », dit-il.

L'Ordre des infirmières et infirmiers et du Québec (OIIQ) a été saisie du dossier et a contacté les étudiantes en septembre 2016. L'ordre a toutefois refusé de commenter puisqu'il s'agit d'éléments confidentiels.

Quant à René Bellemarre, il n'a pas répondu à nos demandes d'entrevues.

Abitibi–Témiscamingue

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